Vous connaissez peut-être cette émission de Info, « La faute à l’ », où journalistes et politiques aussi bien peignés que bien-pensants s’évertuent à démontrer que l’Union européenne nous sauve, nous protège, nous apporte tant de choses sans lesquelles nos pauvres nations ne survivraient pas. Depuis quelque temps, les démonstrations sont bizarrement moins éloquentes, moins dithyrambiques. On semble sur la défensive…

Comme sur la question de l’inflation des normes, un poison pour nos nations : la faute à l’Europe ? Que nenni, nous explique, dans la dernière émission du 2 mars, le président d’un « think tank » choisi on ne sait trop pourquoi qui nous explique qu’en fait, ce sont seulement 20 % de nos normes qui seraient imposées par l’Union européenne. Donc, l’Union européenne n’est coupable du labyrinthe bureaucratique français qu’à hauteur de 20 %, le reste provenant de nos élus et hauts qui sont bien bleu-blanc-rouge, ceux-là. Conclusion des invités présents, dont une sage eurodéputée : l’Europe ne nous ennuie qu’à la marge, aux Français de balayer devant leur porte avant de cracher sur Bruxelles. D’autant que, selon la députée LREM, Bruxelles est conscient du problème et essaye de changer. Gardons donc l’Union européenne, qui nous enquiquine moins que nos propres élus, voilà une conclusion aussi convaincante qu’enthousiasmante…

Mais il y eut mieux : un journaliste des Échos, « nirvana » de l’élite économique, se mit à nous expliquer que l’Europe serait en train de réaliser l’agressivité commerciale de la et ses visées impérialistes : bravo aux eurocrates pour cette clairvoyance, nous autres populistes, souverainistes et complotistes en tous genres ne nous étions aperçus de rien… Alors, Bruxelles ne veut plus « passer pour l’idiot du village planétaire » (sic), bande ses muscles, va défier la Chine, on va voir ce que l’on va voir… L’eurodéputée LREM nous détaille les mesures : assortir de sanctions douanières les accords commerciaux si Pékin continue de nous inonder de produits fabriqués par des enfants, ou dans des conditions de travail insanes, ou irrespectueuses de l’environnement et de la santé… Le journaliste des Échos précise : en termes de lutte contre l’impérialisme chinois, on est loin du compte, mais on commence à cerner le problème… Quinze ans pour s’apercevoir d’un problème que nous dénonçons à cor et à cri, dans l’indifférence générale : à ce rythme, Pékin a encore de belles années devant elle.

Mais au fait, se demande l’animatrice de l’émission, tout ceci ne ressemblerait-il pas à du Trump ? Eh oui, nous confirme Jean Quatremer, de Libération, c’est du Trump, à la sauce européenne, en version aseptisée. Car si Trump avait souvent raison, nous dit-il, il n’était pas beau à voir ni à entendre… La digne Union européenne, elle, ne hurle pas au loup, n’insulte pas ni ne menace : elle négocie, sérieusement, avec des contrats bourrés d’articles et d’alinéas, de contraintes bien formulées, dans un beau langage administratif comme elle les aime…

Trois choses me sautent au yeux.

À présent que Trump est parti, l’élite médiatique est soulagée et peut, dès lors, dire la vérité : oui, Trump avait raison ; oui, sa politique était la bonne, même si lui était un gougnafier…

Pendant des années, l’idée même de mettre le holà à l’expansionnisme commercial chinois était une hérésie. Aujourd’hui, on y vient en catimini, avec des pincettes : mais qui sont donc ces pseudo-experts économiques qui nous gouvernent et ne voient pas les évidences qui sautent aux yeux ?

À entendre comment l’Union européenne compte s’y prendre pour barrer la route aux Chinois, on imagine comme on doit bien se marrer, à Pékin. Car ces belles personnes bruxelloises ne comprennent pas ce qui est pour tant d’autres une évidence : les régimes totalitaires ne se couchent que devant une seule chose : le rapport de force. Ils ne se résoudront pas devant les galimatias des eurocrates comme ils ont baissé la tête devant Trump.

En à peine une heure, France Info a rendu à Trump, aux populistes et souverainistes de tous acabits un vibrant hommage, sans s’en rendre vraiment compte sans doute. La conclusion est qu’il est temps de se débarrasser d’une gouvernance et d’élus qui se trompent systématiquement depuis des années et nous conduisent dans le mur, à Bruxelles comme à .

8 mars 2021

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