On connaissait Laurel et Hardy, Jacob et Delafon ; un peu moins Sarkozy et Hortefeux, Brice servant de laquais bossu à son maître, le baron Nicolas.

Ainsi, dans Le Figaro du 5 mars dernier, l’ancien ministre de l’Intérieur persiste à porter la parole du Président déchu, à un peu plus d’un an de la prochaine élection présidentielle : « Que chacun en soit bien convaincu, la parole de Nicolas Sarkozy sera décisive. » À croire que, même absent, il est toujours là, sorte d’imam caché de la droite dont on attendrait l’éternel retour annoncé.

En attendant, Brice Hortefeux convient que cette droite de droit divin se trouve aujourd’hui un peu en panne de candidat. D’où l’idée d’organiser une primaire qui n’en serait pas vraiment une, sachant que de ses têtes de gondole potentielles, il exclut par avance Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France, pourtant l’âne le moins boiteux du troupeau républicain.

Pour exister, l’heureux élu devra évidemment s’opposer à l’actuel gouvernement, sachant que « la signature du quinquennat, c’est le désordre et le surplace. Un désordre social, sanitaire, sécuritaire et migratoire. » En ligne de mire, Emmanuel Macron, donc. Mais, au fait, Nicolas Sarkozy ne se vantait-il pas, naguère, d’être un peu le maître Yoda du jeune époux Trogneux, le ravalant ainsi au simple rang de padawan, pour causer façon Guerre des étoiles ?

Sauf qu’à malin, malin et demi : celui qui est désormais empêché, c’est plus Sarkozy que Macron. D’ailleurs, Brice Hortefeux n’est pas forcément le mieux placé pour donner des leçons d’« ordre républicain » en matière d’insécurité et d’immigration, son mentor ayant aboli la double peine, du temps de son passage place Beauvau, interdisant de fait à ses successeurs de renvoyer les délinquants étrangers en leurs pénates d’origine…

Quant au fond de sa pensée, il n’arrive qu’en toute fin d’entretien, quand il lui est demandé si la victoire de Marine Le Pen est « possible » face à l’actuel Président : « Face à Emmanuel Macron, oui. Face à nous, non. » Là, tout est dit. En effet, l’obsession de cette droite se voulant « présentable » a toujours consisté à faire battre le Front, puis le Rassemblement national.

C’est Philippe de Villiers qui appelle à voter Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen, en avril 2002, alors qu’Arlette Laguiller, elle, ne donne pas de conseils de vote.

C’est François Fillon qui, alors que les résultats du premier tour du millésime 2017 ne sont pas encore rendus officiels, appelle à voter Emmanuel Macron, alors que Jean-Luc Mélenchon, à son tour, ne donne pas non plus de consignes de vote.

Soit, pour finir, l’indécrottable tropisme de cette droite louis-philipparde qui défile dans la rue pour ses idées conservatrices (contre le mariage homosexuel) mais qui, dès rentrée à la maison, vote pour ses intérêts de classe libéraux, à en croire la gifle électorale reçue par Jean-Frédéric Poisson aux législatives de 2017, dans l’ancien fief de Christine Boutin, sèchement remercié par une Aurore Bergé passée de l’anti-lepénisme de combat au macronisme de rente.

Et c’est bien là tout le problème de Brice Hortefeux : la droite qu’il prétend incarner est en grande partie passée chez Macron et l’autre chez Le Pen. Et ce qui en demeure devrait bientôt atteindre les audiences cumulées d’un Jacques Cheminade et d’un Jean-Marie Bigard.

Bref, plus que la Bérézina, c’est Bouglione.

8 mars 2021

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