Cet énième exercice de communication politique d’ parviendra-t-il à rassurer les victimes collatérales de cette guerre qu’il avait déclarée ? Résolument optimiste, le Président annonçait, dans le JDD : « Il n’y a pas de fatalité. Les crises peuvent être, à la fin, des accélérateurs de progrès. Nous devons être au rendez-vous de l’Histoire. Et la France a tous les atouts pour l’être. » Si la situation n’était pas si grave, ce serait presque drôle de l’entendre ajouter : « Il faut de la cohérence, de la clarté, un cap. Savoir ensemble où nous allons et comment y aller. »

Mais quelle cohérence et quel cap peut-on attendre de ces élites technocratiques qui prouvent, depuis le début, qu’elles naviguent à vue ? Elles sont, par ailleurs, entourées de ce que Michel Onfray analyse comme « un genre de Comité central, un Bureau politique, un Soviet suprême, un Comité de salut public qui s’affranchit de toutes les règles pour débattre ».

Réduits à nos besoins primitifs, nous cherchons encore à nous repérer entre ce qui est essentiel et ce qui ne l’est pas. « Voyez la fermeture des librairies : on vient de décréter officiellement que la vie de l’esprit n’entre plus dans notre vision d’une civilisation pleinement humaine », dénonce la philosophe Alexandra Laignel-Lavastine, dans Le Figaro Magazine. « Bricoler sera licite ; se cultiver pour accéder à une forme de vie plus haute, non. Mesure-t-on bien les implications locales de ces décisions ? » L’atteinte à la liberté de culte porte, elle aussi, sur la vie de l’esprit, et l’on s’interroge sur la légitimité d’un État laïc qui n’a que faire des questions sacramentelles, pour se prononcer sur leur caractère essentiel.

Cherchant notre assentiment, Emmanuel Macron poursuit dans un style bien marketé : « C’est la clé de la confiance, qui elle-même est la clé du succès. » Bien conscient que « rien n’est pire que l’incertitude et l’impression d’une morosité sans fin », notre Président paternaliste veille au grain : lors de son allocution télévisée, mardi soir, il devrait généreusement relâcher un peu la bride pour enrayer la déprime des Français. Il est évident qu’à force de marteler que « la vie n’a pas de prix », le sanitairement correct a éclipsé tous les autres sujets, et l’on commence à en mesurer les effets.

Le reste n’est que compte d’apothicaire : le se ferait en plusieurs étapes (1er décembre, puis aux vacances, puis à partir de janvier), mais la fameuse attestation de déplacement dérogatoire resterait obligatoire… Nous devons être au rendez-vous de l’Histoire, mais en nous souvenant que ces gouvernements en marche qui ont mis la France à l’arrêt ont cassé la courbe épidémique mais, « en même temps », plongé notre pays dans une situation économique et sociale sans précédent, plombant le moral et le budget des ménages sans parvenir à nous protéger du terrorisme. La France a donc bien rendez-vous avec son Histoire. Puisse-t-elle s’en souvenir, en 2022, et ne pas le manquer lorsque, dans les urnes, elle pourra s’exprimer.

23 novembre 2020

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