En novembre dernier, Helena Dalli, commissaire européenne à l'Égalité, publiait sur Twitter une photo d’elle avec les représentants du FEMYSO, le Forum des organisations européennes musulmanes de jeunes et d'étudiants, avec qui elle avait discuté de la « situation des jeunes musulmans en Europe et des défis rencontrés en raison des stéréotypes, des discriminations et de la haine ».

Marlène Schiappa, alors ministre délégué chargé de la Citoyenneté, avait vivement réagi, s’étonnant du soutien de la Commission à cette organisation qu’elle qualifiait de « faux nez de l’islamisme », les enquêtes (notamment celle de Marianne) ayant démontré sa grande proximité avec les Frères musulmans.

Dans son enquête parue quelques jours plus tôt, Marianne rappelait en effet que c’est le FEMYSO qui est « à l'origine de la campagne pro-voile du Conseil de l’Europe ». Et de citer les propos aimables de sa présidente Hande Taner dans une vidéo par Al-Jazeera : « Paris est actuellement la capitale du préjugé occidental » et « la plus grosse exportation de la France est juste le racisme ».

L’objectif affiché du FEMYSO est d'« encourager le développement d'une identité musulmane européenne ». Des chercheurs le décrivent comme « une émanation jeune et transnationale de l’Union des organisations islamiques en Europe (UOIE), structure proche des Frères musulmans et qui représente le courant fondamentaliste de l’islam en Europe ». S’y côtoient 32 organisations dont « les Jeunes Musulmans de France ou, en Allemagne, le département de jeunesse du "Islamische Gemeinschaft Millî Görüş" (Communauté islamique Millî Görüs) », relais de la propagande d’Erdoğan en Europe.

Avec des bureaux installés à Bruxelles et un lobbying efficace, le FEMYSO revendique sur son site ses « partenaires institutionnels », à savoir la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil de l’Europe. Selon Le Figaro de ce jour, l’organisation aurait encaissé 210.000 euros de fonds européens depuis 2007. Mais plus encore que les subventions, c’est surtout l’activisme officiel qui inquiète.

Suite aux propos scandaleux de la présidente du FEMYSO, Marlène Schiappa disait s’interroger sur ces organisations qui « tiennent des propos agressifs vis-à-vis de la France, et pas uniquement du gouvernement mais aussi de la culture française » et qui, néanmoins, « vont taper à la porte des bureaux européens pour recevoir de l'argent et des subventions ». Elle concluait : « En France, nous avons pris nos responsabilités en disant pas un euro d'argent public pour les ennemis de la République [...] Maintenant, l'Europe doit faire ce travail. »

Mais l’Europe ne l’a pas fait. Et quand le député Nicolas Bay a posé une question écrite au commissaire européen Didier Reynders, celui-ci a répondu que la commission « sélectionne les bénéficiaires de subventions de façon rigoureuse, en les soumettant notamment à plusieurs contrôles différents fondés sur des critères objectifs ». Certes, en cas de « manquement grave aux obligations contractuelles, y compris la violation des valeurs de l'Union, la subvention peut être suspendue, résiliée ou réduite, et les fonds peuvent être recouvrés » mais, s’agissant du FEMYSO, « le suivi de la mise en œuvre des subventions dont [il] a bénéficié […] n'a révélé, à ce jour, aucune violation de ce type ».

Alors on continue, et dans son dernier clip vidéo officiel, la Commission met de nouveau en avant le FEMYSO. C’est à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse ; Ursula von der Leyen salue « l'esprit de la nouvelle génération d'Européens », entourée des jeunes parmi lesquels on retrouve les membres du FEMYSO, arborant leur logo.

C’est la seule association confessionnelle identifiable dans ce clip, sans doute parce qu’elle incarne aux yeux de Bruxelles le futur de l’Europe ?

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18 août 2022

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30 commentaires

  1. Vive l’Europe, elle est aussi bien gouvernée que la France. Payés et taisez-vous!
    L’islam vaincra si nous continuons à dormir.
    Quand un Député Européen coûte plus de 25 000 € par mois.
    Qui aura le courage de mettre fin à cette mascarade ?

  2. Cela s’appelle « entente avec l’ennemi « . C’est de la haute trahison vis à vis des Hommes de l’Europe. Que fait la CDEH ?

  3. Mais la haine ce sont les musulmans qui la déversent à coup d’injures et de coups de couteaux sur ceux qui les accueillent !
    Et je ne vois pas ce qu’il y a des raciste à rejeter une idéologie qui prône l’infériorisation des femmes, l’esclavage, la mise à mort des homosexuels et des « infidèles » ! D’ailleurs l’islam n’est pas une race, donc le rejet de l’islam n’a RIEN de raciste.

    1. Oui, « raz le bol » d´entendre parler de racisme à propos d´opposition à des idéologies. Meme chose pour les appellation avec la racine « indigènes ». Cela est impropre. Appelons un chat un chat. L´Académie Francaise devrait s´en mêler.

  4. Se souvenir de ce magnifique film « l’union sacrée  » sorti en 1989… tout est dedans et pourtant les pouvoirs ont gardé les yrux fermés…

  5. « encourager le développement d’une identité musulmane européenne »
    Contre-sens. En terre d’Islam, l’identité ne peut être que musulmane, à l’exclusion de toute autre.
    Tentative ahurissante de faire pénétrer un rondin dans un trou carré. Mais ça finira bien par arriver, à force de taper suffisamment fort et suffisamment longtemps.

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