[Point de vue] Réchauffement climatique : apocalypse now ou apocalypse no ?

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Les étés se suivent et se ressemblent, avec leurs cortèges de vagues de chaleur et d’incendies ravageurs un peu partout sur la planète. C’est aussi l’occasion d’échanges musclés sur les réseaux sociaux entre climato-sceptiques niant l’origine anthropique du réchauffement et climato-catastrophistes nous annonçant l’effondrement de l’humanité dans un proche avenir.

Si l’origine qualitative du réchauffement anthropique n’est plus discutable et fait consensus sur le plan scientifique, sur le plan quantitatif, il subsiste de nombreuses incertitudes reconnues explicitement par le GIEC quant à son intensité (le doublement des émissions conduit à une fourchette de températures comprises entre 2 °C et 5 °C), ses conséquences météorologiques extrêmes (relation entre climat et météo) et ses impacts socio-économiques (dégâts matériels et victimes climatiques).

C’est sur cette transformation de consensus qualitatif en consensus quantitatif que repose le climato-catastrophisme. La criticité du réchauffement mettant en danger à courte échéance l’existence même de la race humaine, la solution résiderait dans un changement radical de société. Renonçant à produire et à consommer (ce qui revient à renoncer à la société de croissance et son démon capitaliste !), le nouvel Homo œcologicus atterrirait dans un paradis néo-marxiste a-productiviste, véritable climatocratie au service du bien.

Une question de fond subsiste toutefois quant à la motivation première de nombreux climato-catastrophistes : l’agenda est-il direct (l’effondrement climatique justifie cette nouvelle société) ou inversé (le climat est instrumentalisé pour justifier ce changement de société) ? Une majorité écrasante de climato-catastrophistes provenant de l’extrême gauche de l’échiquier politique, la seconde proposition apparaît comme la plus crédible. Le discours historique de Greta à Davos en 2019 laisse peu de doutes : « Notre maison est en feu… il est temps de paniquer ; notre biosphère est sacrifiée pour que des personnes riches puissent vivre dans le luxe. » Trois questions s’imposent à ce stade.

Faut-il paniquer ?

L’avenir n’est évidemment écrit nulle part, mais une étude récente de l’ONU a montré qu’au cours du dernier demi-siècle, les pertes économiques (0,15 % du PIB/an) et les victimes (0,035 % de la mortalité) causées par les phénomènes météorologiques, climatiques et hydrologiques extrêmes restaient marginales. Au cours des 50 dernières années, le nombre de victimes climatiques a été divisé par 2,5, passant de 50.000,en 1970, à 20.000, en 2020. Cette étude montre aussi que les dégâts matériels sont pour l’essentiel liés aux inondations/cyclones/tempêtes et la mortalité aux sécheresses et aux vagues de chaleur. En d’autres termes, l’humanité résiste de mieux en mieux aux aléas climatiques. Rappelons que la sécheresse qui sévit dans le monde entre 1876 à 1878 fit 50 millions de morts.

Faire paniquer, est-ce la bonne stratégie ?

Un sondage IPSOS datant de juin 2023 a montré que 37 % des Français étaient climato-sceptiques. C’est 8 % de plus qu’en 2022. En France, les climato-sceptiques sont principalement issus des classes populaires pour lesquelles « la fin du mois supplante la fin du monde ». Cette étude montre également que le climato-catastrophisme renforce le climato-scepticisme des classes populaires. Il s’agit là de psychologie élémentaire : ce n’est pas par la panique mais par le positivisme que l’on peut convaincre le citoyen pour le faire adhérer. Rappelons que les quatre piliers du changement sont la confiance, la vision, l’implication et la reconnaissance. Faire paniquer ne couvre aucun de ces piliers. La stratégie climato-catastrophiste conduira au rejet et au découragement, mais certainement pas à l’adhésion

Renoncer au capitalisme est-il la bonne solution ?

L’étude de l’ONU mentionnée ci-dessus montre que le niveau de développement reste le meilleur atout pour se protéger des aléas climatique et météorologiques : 91 % des victimes météo-climatiques 1970-2019 se situent dans les pays émergents. Cela s’est encore vérifié, récemment, lors des incendies périméditerranéens : sur les 40 victimes, 34 étaient algériennes. Forêts non entretenues, absence de moyens de défense (aucun Canadair™) les pauvres Algériens ont été réduits à combattre le feu en agitant des branchages ! Selon l’économiste libéral suédois Johan Norberg, si le capitalisme est la cause du réchauffement (il s’est notamment construit depuis la révolution industrielle sur la consommation des énergies fossiles), il en est aussi la solution : ce sont bien la production de richesses et la technologie et non la décroissance mortifère qui nous permettront de relever ce défi. Merci, Johan Norberg, pour ce bain d'optimisme. Nous en avons bien besoin !

Philippe Charlez
Philippe Charlez
Chroniqueur à BV, ingénieur des Mines de l'École polytechnique de Mons (Belgique), docteur en physique de l'Institut de physique du globe de Paris, enseignant, expert énergies à l’institut Sapiens

Vos commentaires

66 commentaires

  1. Voici un énoncé scientifique :  » Si l’origine qualitative du réchauffement anthropique n’est plus discutable et fait consensus sur le plan scientifique » C’est parfaitement faux, heureusement , et suffit à disqualifier le reste du discours. Il faut lire, ne serait-ce que « Climat : info et intox » hors-série de Valeurs Actuelles ou écouter Steven E. Koonin ou John Klauser prix Nobel de physique, parmi tant d’autres !

  2. J’ai lu sur un journal qu’un homme qui avait passé DIX ans dans le coma , et revenu à la vie, disait qu’il avait voyagé dans l’au delà et qu’il souhaitait que les Français quittent le pays. Il s’était projeté dans l’au-delà et avait vu le pays sous les flammes !
    Vrai ou faux, il semblerait que l’avenir lui donne raison !

  3. A propos de CO2, combien la respiration humaine en produit-elle chaque jours à raison disons de 1kg par personne.8 milliards X 1= 8 milliards de kg ou 8 millions de tonnes par jour soit en gros 3 milliards de tonnes par an.
    Sans compter le méthane ……

  4. La peur, que cherchent à installer les gouvernements liés au réchauffement climatique provoqué par l’homme, provoque deux réactions : la fuite ou l’agression.
    Sur le plan politique, provoquer la peur est en conséquence… stupide de contre-productivité.

  5. Non sujet…..Le climat n’est JAMAIS figé, avec des phases de réchauffement et inversement…..Il est vrai que nous sommes en phase réchauffement et que le capitalisme a poussé à une surexploitation de la biodiversité…Mais compte tenu du fait que ce sont les partisans du mondialisme (donc capitalisme) qui essaient – en jouant sur le réchauffement actuel- à nous imposer une gouvernance mondiale pour lutter contre ce phénomène ( ce qui est impossible) et que c’est gouvernance se montre de plus en plus tyranique sur le sujet, j’ai un doute affreux…..

  6. Il y a peut être un changement climatique, mais cela fait parti des variations coutumières de notre planète. Alors arrêtons d’écouter des propos alarmistes qui ne résolvent rien sauf à instiller une angoisse. La peur est toujours mauvaise conseillère.

  7. « 91 % des victimes météo-climatiques 1970-2019 se situent dans les pays émergents. Cela s’est encore vérifié, récemment, lors des incendies périméditerranéens : sur les 40 victimes, 34 étaient algériennes.  » L’Algérie n’est pas un pays émergent, puisque sa glorieuse décolonisation armée lui a provoqué paix, richesse et prospérité pendant 60 ans. Par contre c’est un pays communiste, ce qui explique davantage les choses. Comme à Tchernobyl.

    • En phase Totale avec vous ! Le communisme est le sauveur des idiots et ne provoque que le partage de la misère ! Ce n’est pas moi qui l’ait inventé ! C ‘est CHURCHILL qui a dit cela et je le comprends !

  8. votre « Si l’origine qualitative du réchauffement anthropique n’est plus discutable et fait consensus sur le plan scientifique… » démontre une stupidité personnelle et un manque de curiosité sur les arguments contraires qui font l’unanimité chez les scientifiques honnêtes et non corrompus… vous vous disqualifiez tout seul, heureusement que le ridicule ne tue (toujours) pas… D.B. (ni voyous ni soumis)

  9. Évidemment il se trouve des extrémistes des 2 bords. Comme toujours. J’observe tout de même que du côté climatosceptiques, on niait il n’y a pas si longtemps l’existence même du changement climatique. Cette étape est maintenant derrière nous puisque devant l’évidence, plus personne ne s’aventure sur ce terrain. La prochaine étape sera que les mêmes admettent que l’activité humaine n’y est pas pour rien. Encore 2 ou 3 ans je pense. Autant de temps perdu à raconter des salades « libres ».

  10. Bravo pour cette analyse.
    Un constat apparait : seule la gauche pense survivre par la peur…
    En 2003 on a eu plus chaud que ce lundi 21 aout prétendu le jour le plus chaud après le 15 aout…. idem en 1975 et 1998…de même je me souviens d’un mois de septembre en 1985 pas mal chaud…. mais chhhh.
    Réduire la pollution… oui, réduire la consommation, heu le gaspillage électrique …re oui…, gérer sa consommation d’eau (exemple chasse d’eau plus eptite ppour le piî que le caca) et si on apprenait aux gens ce que Giscard , alors minsitre des finances conseillait en 1973 après le 1er choc pétrolier : éteindre la lumière en quittant une pièce, ne pas ouvrir la fenêtre en chauffant une pièce en hiver…puis en 1975 lors de la canicule qui a vu apparaître l’impôt sècheresse ne pas ouvrir volets et fenêtres au moment le plus chaud du jour….
    Mais cela on le fait.
    Bref la gauche vient de découvrir que l’été il fait chaud et l’hiver il fait froid…mais pour préserver le pouvoir d’achat de ses amis roitelets auto-proclamés des terres d’islam il faut que les imbéciles payent et pour cela tremblent… et ça marche.

  11. Fort intéressant, mais on peut néanmoins contester la supposée influence anthropique sur le climat, qui reste discutée par d’éminents spécialistes, pour plusieurs raisons sur lesquelles je n’ai pas de pertinence pour prendre parti. Il est en revanche accessible à n’importe qui qu’ont eu lieu des phénomènes historiques dûment prouvés d’alternances très fortes du climat, dans lesquelles il est évident que l’humanité n’a joué aucun rôle. Les plus connues sont « l’optimum climatique du Moyen Age » (on traversait le col du Géant à 4000 m d’altitude avec des troupeaux de moutons), puis du « petit âge glaciaire » qui voyait la Seine geler à Paris (et des étés catastrophiques causes de la faiblesse de récoltes ayant provoqué la mort de 3 millions de Français), lequel a cessé sous Louis XV sans qu’évidemment les activités humaines y soient pour quoi que ce soit. Je fais donc résolument parti des climatosceptiques. J’estime qu’on doit très certainement impliquer davantage des phénomènes sur lesquels nous n’avons aucun pouvoir, tels que l’activité solaire ou les variations de l’axe de rotation de la Terre.

  12. Si l’origine qualitative du réchauffement anthropique n’est plus discutable et fait consensus, c’est parce que l’église de climatologie a décrété que les climatosceptiques n’étaient pas des scientifiques et n’avaient pas voix au chapitre. Technique fascisante habituelle à gauche d’éliminer du débat ceux qui dérogent à la doxa. Et que le CNRS notoirement noyauté par la gauche aille dans le sens du consensus confirme le fait. L’église ne procédait pas autrement à la Renaissance quand elle professait que la Terre est au centre du climat. Je suis ingénieur chimiste et pour l’instant je suis sceptique sur l’origine anthropique du réchaufement actuel car rien n’a été prouvé expérimentalement. En revanche, sur le plan théorique tout porte à dire que le CO2 n’a plus d’effet aux niveaux actuels sur la température (voir les articles de G. Geuskens sur science climat énergie). M. Charlez n’est qu’un propagandiste au service d’intérêts industriels (énergies « renouvelables » et nucléaire).

  13. 1) je mesure la température chez moi tous les jours depuis 5 ans : chez moi, cet été est le plus FROID de ces 3 dernières années (quiconque dira le contraire aura truquer ses chiffres).
    2) Après le ciel qui tombe sur la tête des gaulois, l’Enfer des chrétiens et la peur de la Russie chez les Occidentaux, voici maintenant la peur des virus et du réchauffement climatique. Jusqu’à quand les media dignes de ce nom vont-ils être complices de cette forfaiture ?
    3) Nous faire peur avec le CO2 pour nos poumons alors qu’on nous en a fait respirer des kilos avec le masque obligatoire est là aussi un paradoxe incroyable (bien que certains y croient).
    4) je ne suis pas climato-sceptique car sceptique veut dire « qui doute ». Moi, je ne doute pas. Je sais qu’on nous raconte des salades et je sais même pourquoi (je ferais peut-être pareil à leur place !!!)

    • Je vis sur la côte varoise, c’est la première fois depuis plus de 60 ans que la mer descend en dessous de 17 degrés en août !

    • Que ce soit en région parisienne ou sur la côte Atlantique, je confirme vos propos. Cet été n’a pas été chaud à l’exception de quelques journées mais rien qui justifie les termes de canicule. Il fut un temps où pour définir la canicule on considérait qu’il fallait que la température ne descendit point la nuit. Maintenant un 20° C la nuit suffit pour donner cette définition.

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