[POINT DE VUE] L’Iran menace notre porte-avions : et s’ils coulaient le Charles-de-Gaulle ?
C’est désormais officiel : le porte-avions Charles-de-Gaulle, fleuron de notre Marine nationale, fait route vers le détroit d’Ormuz. Il est accompagné, selon la doctrine navale française, de son groupe aéronaval (GAN), c’est-à-dire d’un certain nombre de bateaux et d’avions qui vont l’appuyer dans son déploiement. En parallèle, le HMS Dragon, navire britannique, prend le même chemin. Effet d’annonce, peut-être, mais ce n’est pas rien que de mobiliser notre fleuron, même si la France, à ce stade, n’a pas proposé de débloquer le détroit d’Ormuz.
Pourtant, Kazem Gharibabadi, qui n’est pas le nom d’un boulevard parisien mais celui du vice-ministre des Affaires étrangères iranien, semble voir dans ce mouvement une menace envers le régime des mollahs. Il s’est donc empressé d’avertir la France et la Grande-Bretagne que la réponse de l’Iran serait « décisive et immédiate ». Depuis le Kenya, où il est en tournée africaine, notre Président, entre deux footings avec des marathoniens, a tenu à mettre les choses au clair : « Il n’a jamais été question d’un déploiement... mais on se tient prêt. » Bon. À quoi va servir ce porte-avions, alors ? On se perd en conjectures. Les États européens, même ceux qui, comme la Grande-Bretagne, n’appartiennent pas à l’Europe, ont toujours dit qu’ils apporteraient leur concours à une sécurisation du détroit d’Ormuz. Ils ont toujours affirmé, également, qu’ils ne débloqueraient pas eux-mêmes ce détroit. L’affaire semble donc entendue. Les commentateurs en sont réduits à commenter : les Iraniens ont inventé les échecs, les Américains ont inventé le poker ; quel jeu l'emportera ?
Le raisonnement jusqu'à l'absurde
Toutefois… admettons que les Iraniens, dans un geste de folie, attaquent notre porte-avions. Admettons, comme dirait Jean-Marie Bigard dans son immortel sketch de la chauve-souris enragée. Il faut qu’ils nous visent sans que nous ne les détections. Nous avons des radars, des navires qui patrouillent dans le sillage du « Charles ». Mais admettons : ils nous visent. Nous avons des contre-mesures, des leurres, ils ne peuvent pas nous couler. Bon. Admettons qu’ils nous coulent. Oh, pas grand-chose de grave, une frappe zéro mort – du moins, c’est ce que l’on espère, car la mort d’un soldat français est toujours une tragédie intime. Alors, donc, ils frappent le porte-avions de manière à le toucher irrémédiablement et l’équipage évacue. Photos, vidéos, tweets et retweets, chaînes d’info en continu : le monde entier verrait, en contre-plongée aérienne, un grouillement de chaloupes abandonner le navire, tandis que s'enfoncerait, irrémédiablement, ce magnifique vaisseau dont nous sommes si fiers - à juste titre.
Pourquoi ce scénario morbide ? Parce qu’il s’agit, dans cette circonstance, de pousser le raisonnement jusqu’à l’absurde. Notre Président aime la projection de puissance, il aime dire que « pour être libre, il faut être fort, et pour être fort, il faut être craint ». Mais pendant ce temps-là, quand il n’est pas en train de rappeler à l’ordre le public d’« Africa Forward », il fait cuire des plats africains, sous le regard des caméras – deux séquences qui sont en train de devenir célèbres. Alors, s’il arrivait vraiment quelque chose à notre navire amiral, que se passerait-il ? Entre la gifle et la bombe atomique, nous n’avons pas vraiment de « grammaire de la dissuasion », parce que les trois derniers Présidents ont détruit notre outil de défense. Envoyer des troupes au sol ? C’est exclu. Frapper le territoire iranien ? Nous entrerions, de facto, dans une guerre dont nous ne voulons pas. Alors, tandis que notre porte-avions nucléaire sombrerait, provoquant une catastrophe écologique et un drame géopolitique, tout en nous déclassant définitivement aux yeux du monde, le cuisinier de l’Élysée, privé de tous les moyens de la puissance, n’aurait plus qu’à secouer les nouilles…
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109 commentaires
Malheur au pays dont le prince est un enfant !
il me fait penser à ces enfants qui sans raison apparente partent d’un seul coup dans des délires et des colères que même les parents n’arrivent pas à maîtriser .Combien de temps encore nous reste t il à supporter cela ?
Quant à continuer la distribution de sommes que nous n’avons même pas pour redresser le pays …et maintenant c’est la marine nationale qu’il envoie au large pour risquer un nouveau Trafalgar et nous mettre en danger mortel.
Ce déploiement qui ne l’est pas, en même temps oblige, est envoyé dans ce détroit d’Ormuz, épicentre de cette guerre qui risque de devenir mondiale, est encore une hésitation macronienne, du j’y vais mais je n’y suis pas. Notre national président danseur de Tango toute catégorie veut participer sans en avoir l’air pour continuer d’exister pendant le naufrage de sa fin de quinquennat. Que disent les généraux face a un tel chef des armées pitoyable et dangereux ?
« Que disent les généraux » Aux exceptions près qui, comme toujours, confirment la règle, ce sont avant tout des carriéristes dont les principales préoccupations sont de complaire à ceux qui distribuent les étoiles et les nominations convoitées. Le CEMA actuel n’a-t’il pas progressé bien plus vite depuis qu’il est passé d’un siège d’avion de chasse au fauteuil d’un bureau proche de celui du chef de l’état ?
Le monde entier qui se moque de nous, c’est déjà le cas depuis l’épisode de la gifle à l’ouverture de la porte de l’Airbus, les moqueries de Trump, le dédain de von der Leyen à propos du Mercosur, l’expulsion d’Afrique où nord avons sacrifié des dizaines de nos soldats et bien d’autres !
Quand on voit la diversité et la puissance des armes iraniennes, le scénario décrit par Arnaud Florac n’est pas totalement impossible, sauf que nous aurions des centaines de morts.
Il va faire des ronds dans l’eau….3 petits tours et puis s’en va !!
A la guerre comme à la guerre.
Accompagné de son escorte, il fait route. Le » train de sénateur » d’un porte-avions est avant tout diplomatique. Il paraîtrait très hasardeux qu’il s’engage dans le détroit.
de toute façon une flotte de cette taille en mer rouge ou elle n’a pas d’échappatoire est déjà une grosse bêtise pour rester poli
Avec des champions qui donnent sa position gps lors de leur jogging, mer rouge ou océan indien, ça change peu.
SKoh6371. Non, notre PA C. de Gaulle et son groupe aéronaval ne sont pas positionnés en Mer Roue comme vous dites, mais quelque part dans le Golfe d’Aden (Mer d’Arabie), sans entrer dans le Golfe d’Oman ni dans le Détroit d’Ormuz distant de plus de 1.500 km (Ministère des Armées).
La guerre est une activité humaine qui ne tolère pas la demi-mesure. Soit on y va. Soit on n’y va pas ! Le en même temps macronien ne peut qu’engendrer des catastrophes.
Du déjà vu lors de la drôle de guerre en 39.
Ravi au lit. Vous dites « La guerre…Soit on y va. Soit on n’y va pas »! La réponse de Macron est claire et nette : non, On n’y va pas. Contrairement à ce que vous dites, il n’y aucun « en même temps macronien » dans cet engagement de notre groupe aéronaval. Cette guerre d’agression américano-israélienne contre l’Iran n’est pas la nôtre. A ses fauteurs Trump et Netanyahou de s’en dépétrer.
comme d’hab, la france se couchera
Oula…!,notre freluquet ferait une déclaration incendiaire( comme notre dame).. » c’est inadmissible ( comme le narco traffic) et impardonnable ( comme pour florient le brave policier de l’affaire nael).. les iraniens seraient mort de trouille ( rire).. et le monde entier se foutrait de nous..for shure!
Ce tocard de président d’opérette veut être craint ? Mais je suis certain que ceux qui pourraient se sentir visés par ces citations doivent pisser au froc de rire. Dans la capitale de la France, Paris, il y des émeutes où on cass5 tout,avec des forces de l’ordre qui reculent, on a des traines- savates venus à plusieurs milliers de pays étrangers pour faire la « teuf » sur un terrain militaire sans en ayant été empêchés et ce nul prétend vouloir être craint ? Mais je rigole autant que ceux qui se sentiraient peut-être concernés.Mais c’est un véritable Charlot ce bonhomme, remarquez,il n’est certainement pas le seul, il y en beaucoup qui ont voté pour lui et qui mériteraient de se produire dans un cirque ou un film comique, disons du genre » les bidasses s’en vont en guerre » (1975 ) avec les Charlots justement pour ceux qui connaissent.
Bravo,tout est dit!
La Comtesse n’aurait pas dit autrement…! Merci Monsieur FLORAC…
« pour être fort, il faut être craint »…
Je croyais que c’était l’inverse, que pour être craint il fallait être fort. Mais comme je n’ai pas fait l’ENA, mon avis…
Lees mollah connaissent le « en même temps » de macron, ses reculades face aux hezbollah ou au fln, de plus, sa coalition est celle des inutiles. Le porte-avions sert à quoi, puisque macron a dit que sa « coalition » servira une fois le conflit finit. Côté Iranien, sausn ils disent vouloir couler un porte avion, ils doivent savoir que la mer d’arabie est immense, retrouver un bâtiment de guerre n’est pas chose aisée. La bull de protection d’une porte avions, en mer, sous l’eau ou dans les airs est de 70km, il y a peu de chance qu’un navire de commerce tente de percer cette bulle, si tant est que le commandant de l’escadre serait assez idiot pour se positionner sur une route commerciale.
Macron, comme à l’accoutumée, n’a t’il pas brandi une grande alliance composée de 50 pays membres ? Pourquoi alors le régime des mollahs n’est il pas intimidé ?