[EDITO] Et maintenant, Macron dépossède les Français de leur langue !

Faire de la francophonie une occasion de cracher sur la France, c’est le propre de Macron… et de Mélenchon.
Images officielles @Elysée
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En Égypte, ce 9 mai, Emmanuel Macron a inauguré un nouveau campus près d’Alexandrie. Pas n’importe lequel : celui de l'Université de la francophonie Senghor, « université internationale de langue française au service du développement africain ». Faut-il s’en étonner ? Le vibrant éloge de la francophonie auquel il s’est livré n’est pas exempt de mépris pour les locuteurs du doux pays de France.

Oublié, le Val de Loire

« L’épicentre de la langue française ne se trouve pas sur les quais de Seine mais dans le bassin du fleuve Congo », a-t-il déclaré. Une vision faussée par le parigo-centrisme, car l’épicentre de la langue française, historiquement, n’a jamais été la Seine mais le Val de Loire. Deux fleuves qui ne pèsent rien, face au Congo. Son bassin regroupe six pays et 155 millions de francophones. Suivant une vision quantitative des choses, là est en effet l’épicentre.

De la sorte, Macron dit clairement aux Français qu'ils n'ont aucun droit sur leur langue natale. Le centriste fait sienne une idée mélenchoniste. Selon le patron de LFI, en effet, la langue française « n’appartient plus aux Français » et il faudrait la rebaptiser en « langue créole ». Mélenchon avait tenu cette thèse lors d’un colloque sur l’avenir de… la francophonie. Dans un monde en voie de « décolonisation » tous azimuts, un éloge de la francophonie doit passer par la dépréciation de la France et de ses autochtones.

L’arabe plutôt que le breton

L’année dernière, c’est aux langues des petites patries que s’en était pris Emmanuel Macron. Il avait accusé « ces langues vernaculaires, ces patois, ces différentes langues régionales » d’avoir été « un instrument, au fond, de division de la nation ». Il suffit d’écouter une fable d’Ésope lue en nos différents idiomes — comme le propose un site universitaire — pour mesurer l’appauvrissement qui résulte d’une telle logique jacobine. Cette logique a toujours cours, des élèves s’apprêtent à passer un bac basque… dans l’illégalité. Ce mépris de nos langues et langages qui ont fait la France, qu’il s’agisse du basque aux origines mystérieuses, de la langue d’oc des félibres ou de nos patois aux glossaires savoureux, émane de celui qui se déclarait, en 2021, « protecteur de la langue française et gardien de la richesse que constituent nos langues régionales ». C'est réussi.

« En même temps » qu’il reprochait aux langues régionales d'être des facteurs de division nationale, Macron favorisait l’enseignement de l’arabe dans l’Éducation nationale pour lutter contre le séparatisme ! D’où le décret n° 2022-916 du 21 juin 2022 signé, c'est de bon augure, avec l’Algérie. « L’arabe est la deuxième langue la plus parlée en France », a d’ailleurs souligné Macron, ce 9 mai, « une réalité qu’il faut souvent rappeler ». Que l’arabe soit, possiblement, un ferment de division de la nation — bien davantage que l’alsacien, le cht’i ou le patois angevin —, il ne faut rien dire. Les quais de Seine ne sont pas encore l’épicentre de la langue arabe, mais persévérons !

Art, culture, langues : il ne nous reste rien

Macron a dénié aux Français tout art (« L’art français, je ne l’ai jamais vu »). Toute culture (« il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse »). Dans une tribune donnée au Figaro pour s’expliquer sur ce négationnisme, il en avait remis une couche. Dénonçant une culture « enchaînée à une religion » et la défense d’« une identité figée, rabougrie », il affirmait que « la culture française est un fleuve nourri de confluents nombreux ». On sait, désormais, que dans la géographie francophobe d’Emmanuel Macron, le fleuve Congo est le premier des affluents. Que reste-t-il aux Français ? L'appartenance à un monde global et fluide ne saurait tenir lieu d'identité.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

128 commentaires

  1. Macron c’est un peu notre Marcel Pagnol au rabais, notre César du picon-citron-curaçao :
    Tu mets d’abord un tiers de Français, Fais attention : un tout petit tiers. Bon. Maintenant, un tiers d’Africain un peu plus gros. Bon. Ensuite, un BON tiers d’Algériens. Regarde la couleur. Regarde comme c’est joli. Et à la fin, un GRAND tiers d’Européens…
    Et ça fait 4 tiers, car on l’a bien compris, Macron est le roi de l’arithmétique, le Mozart de la finance sinon des chiffres, un peu comme 100% d’algériens et 100% de Français font 100% de je ne sais quoi !

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