La Cour européenne des droits de l’homme poursuit inexorablement son œuvre de censure à l’égard de certains dissidents français. Par un arrêt du 20 décembre 2022, Éric Zemmour a été jugé « journaliste irresponsable et manquant à ses devoirs ».

Contrairement à ce que l’on peut entendre parfois, les décisions de justice peuvent être contestées, surtout lorsqu’elles s’emparent de problématiques morales et non exclusivement juridiques.

L’arrêt en question fait suite aux propos tenus par Éric Zemmour dans l’émission « C à vous » du 16 septembre 2016. À l’époque, le journaliste avait critiqué l’islam en expliquant que les Français vivaient une « invasion » et une « colonisation ». Il avait ajouté : « Je pense qu’il faut leur [les musulmans vivant en France] donner le choix entre l’islam et la France (…) S’ils sont français, ils doivent se détacher de ce qu’est leur religion. »

L’association Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient (CAPJO) avait intentée une action contre le polémiste devant la 17e chambre correctionnelle de Paris, spécialisée en droit de la presse.

Éric Zemmour fut donc condamné par le tribunal, par la cour d’appel, et son pourvoi en cassation fut rejeté. Il ne lui restait plus que la pour faire valoir son droit à la pensée et à la parole, son droit à l’expression libre. Certains opposants lui reprochèrent alors, malicieusement, sa volonté de se pourvoir devant cette juridiction alors que Zemmour, par essence politique, conteste le bien-fondé de son existence.

La décision rendue à son encontre ne fera que conforter son idée première.

Le journaliste, devenu homme politique, estimait que sa condamnation devant les juridictions nationales n’étaient pas justifiées au regard de l’article 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme, article censé protéger la liberté d’expression en Europe.

Or, si le premier paragraphe de ce texte pose le principe du droit à la libre expression, le second égraine un ensemble d’exceptions considérable. Il est ainsi stipulé que l’exercice des libertés d’expression comporte des devoirs et des responsabilités et, partant, peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions et sanctions prévues par la loi. Toutes ces mesures limitantes seraient alors nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l’ordre, à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale (ben voyons…), à la protection de la réputation ou des droits d’autrui.

On l’aura compris, il existe toute une série d’exceptions à la liberté d’expression. Si bien que l’on peut s’interroger sérieusement sur ce qu’il reste de cette liberté fondamentale, tant les États peuvent la réduire. Ces restrictions sont d’autant plus perfides qu’elles sont justifiées comme étant nécessaires à une société démocratique. Autrement dit, la société démocratique, pour prospérer, doit pouvoir limiter la liberté d’expression de ses citoyens. C’est donc le credo des démocrates.

Or, le danger de ces limitations réside dans le fait qu’elles ne sont pas suffisamment définies.

En effet, il est possible, par exemple, de restreindre la liberté d’expression pour protéger la « morale ». Mais quelle morale ? Et qui décide de la morale ? Est-ce moral, par exemple, de permettre à une chaîne du service public de se moquer de la religion catholique, un samedi soir de grande écoute ? Au cas d’espèce, on brandira l’exception de l’humour. Mais l’humour est-il nécessairement toujours moral ?

La liberté d’expression est en réalité en régression permanente et acculée sous des exceptions moralisatrices de pays en recherche permanente de mœurs progressistes.

Ainsi, pour la Cour européenne des droits de l’homme, « Éric Zemmour nourrissait un sentiment de rejet généralisé à l’égard des musulmans ». De surcroît, l’arrêt juge qu’en tant que journaliste, il avait un « devoir et des responsabilités ». Enfin, les propos comportaient « une intention discriminatoire de nature à appeler les auditeurs au rejet et à l’exclusion de la communauté musulmane dans son ensemble et, ce faisant, à nuire à la cohésion sociale ». Partant, l’argument qui avait été utilisé par Éric Zemmour s’est retourné contre lui. Alors qu’il expliquait que la religion musulmane, par sa nature politique, portait en elle une atteinte grave à la cohésion sociale, on lui rétorque que c’est son propos qui porte atteinte à cette même cohésion sociale.

Cet arrêt fait d’abord payer à Éric Zemmour le prix de sa notoriété médiatique. Mais il est surtout la démonstration implacable et définitive que le principe de la liberté d’expression se meurt, dès lors qu’il s’agit de critiquer une minorité supposée ou une religion protégée.

Il faut donc demeurer prudent car le ministère de la Vérité veille… Le télécran européiste finira par connaitre l’intention profonde de tous. En osant contester un projet de société trop éloigné du vôtre, Big Brother vous condamnera inévitablement car vous provoquerez à la haine et vous porterez atteinte à sa cohésion sociale.

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22 janvier 2023

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67 commentaires

  1. Monsieur Zemmour , s.v.p faite vite ! Venez vite sortir la FRANCE de cette déliquescence . Pour nos enfants et nos petits enfants il est de notre devoir de citoyen et de patriote de sauver la FRANCE de Macron foutriquet 1er le paltoquet de l’élysée . L’immigration et l’islam sont les deux fléaux de l’europe , mais surtout de la FRANCE ; il est grand temps de les sortir de l’équation .

  2. Maintenant que nous savons qu’il existe un Qatargate ,j’attends qu’un journaliste enquéteur nous fasse rire en nous apprenant que ces Saints Juges ont des villas à Marrakech ,des voitures de luxe ,des voyages payés par de respectables émirs .

  3. Mais qui sont ces petits juges pour se comporter ainsi . Dire le Droit quand on le connaît , soit , mais faire le Droit en étant si gauche c’est juste une insulte à l’intelligence .
    Eh bien qu’il en soit ainsi et je m’honore de relever de la catégorie des complotistes !

  4. Le C.E.T.H., quand on sait la place qu’il occupe dans la Constitution 1ère, dans la démocratie car les membres n’en sont pas élus. Et s’ils se veulent Procureurs il faudrait qu’ils passent devant les urnes pour être élus, comme en U.S.A., puisque l’U.E. se veut de plus en plus Atlantiste…
    Ils ne sont pas habitués à avoir un homme grand écrivain, ayant promu le 1er Parti de France en nombre d’adhérents, qui dit autant de vérités.
    je rappelle que le G D G avait été condamné à mort par le gouvernement de Pétain pour avoir quitté la France….Alors vous savez ce que déclare le C.E.T.H. et quand on sait leur objectif, cela me laisse froid.
    Hier soir sur Cnews, mes dames et messieurs du C.E.T.H. il y avait un écrivain musulman (Driss-Gali) qui disait à peu près les mêmes choses que Zemmour, et rajoutait même que le voile Islamique en France ne devrait pas exister.

  5. Si un acteur politique exprime sa notion d « intégrité du territoire » selon l’article 10 de le CEDH, par son analyse « d’invasion et de colonisation », je ne comprends pas pourquoi cela devrait lui être interdit ? Cela est trop fort pour moi. Si une addition d’exceptions aboutit à vider une règle de son objet, il faut supprimer la règle !

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