Peine de mort : Karine Le Marchand brise le tabou
« On voit bien qu’on a un problème de violence avec nos jeunes et qu’on a un problème avec la Justice. Et moi, si je ne prends pas la parole sur la petite Lyhanna et sur le petit Louis, c’est parce que je suis radicale. Tu enlèves la vie, on t’enlève la vie. Je n’ai pas de problème à dire que pour certaines personnes, ils sont irrécupérables psychiquement, ce sont des malades mentaux. Même si on les chope, je n’ai pas à payer toute ma vie pour qu’ils soient en taule et je n’en ai rien à foutre, de leurs conditions de vie. » Ces mots sont ceux de Karine Le Marchand. L’animatrice du groupe M6 a publié une vidéo sur Instagram, le dimanche 28 juin, dans laquelle elle exprime sa colère suite aux affaires Lyhanna et Louis.
Pour rappel, Lyhanna (11 ans) a été retrouvée morte dans le Gers le 4 juin. Jérôme Barella, le principal suspect, dans la voiture duquel la jeune fille était montée avant sa disparition, a été mis en examen pour enlèvement, séquestration et meurtre sur mineure de moins de 15 ans. Un drame qui aurait peut-être pu être évité si la Justice n’avait pas été coupable d’une série de défaillances. Le nom de l’homme âgé de 41 ans avait auparavant été cité dans plusieurs affaires de viols et de violences sexuelles, des plaintes contre lui avaient été déposées et il aurait dû être interpellé un an auparavant si les forces de l’ordre n’avaient pas été occupées à traquer les agriculteurs en pleine épidémie de dermatose nodulaire. Quant à Louis, il s’agit d’un jeune homme de 17 ans qui a été tabassé à mort lors d’un guet-apens à Narbonne, le 23 juin dernier. Sa famille reproche à l’État de laisser prospérer la violence dans le pays et de ne pas avoir su protéger l’adolescent.
Un consensus imposé
Ces deux affaires ont pour point commun de concerner des mineurs et de déclencher une réflexion sur le sort que la Justice devrait réserver aux meurtriers d’enfants. Sans langue de bois, Karine Le Marchand s’en est saisie. Elle a clairement exprimé son désir de voir la peine de mort réhabilitée. Et, il faut le dire, il est assez rare qu’une personnalité publique s’exprime ainsi, tant l’abolition de la peine de mort est, avec l’avortement, l’une des choses qu’il est impossible de remettre en question sans être cloué au pilori. L’animatrice s’est affranchie de ce consensus imposé pour entrer dans un débat que seule une poignée d’inconscients ose mettre sur le tapis.
Côté médias, BV en est, CNews et le JDD aussi, et puis c’est à peu près tout. Qu’en est-il des personnalités politiques ? Très peu se sont exprimées sur le sujet. D’une part parce qu’elles ne sont pas interrogées sur cette question qui, officiellement, ne souffre d’aucune contradiction (le fameux consensus forcé) et, d'autre part, parce qu’elles ne s’en emparent pas. La peine de mort est, avouons-le, un sujet un peu casse-figure.
Un référendum désiré
Nicolas Dupont-Aignan est l’un des rares à prendre le risque de réclamer un référendum sur la peine de mort. Au micro de Laurence Ferrari, sur Europe 1, le 10 juin dernier, il a déclaré : « Je pense qu'il faut rouvrir le débat par un référendum sur la peine de mort dans notre pays. » Le surlendemain, le président de Debout la France a également lancé une pétition en ligne pour appuyer cette demande concernant les meurtriers d’enfants.
En 2022, Éric Zemmour, alors candidat aux élections présidentielles, s’était aussi exprimé sur ce sujet. Il s’était dit « favorable » à la peine capitale tout en expliquant que son rétablissement n’était pas une priorité pour la France.
Quatre ans plus tard, qu'en est-il ? Lola, Thomas, Elias, Shemseddine, Matisse et Louis sont morts et les Français ont le sentiment que la Justice de leur pays n’est pas toujours à la hauteur de la situation. Notre sondage est formel, tout comme celui du CSA pour CNews, Europe 1 et le JDD : une majorité de Français veulent un référendum sur le rétablissement de la peine de mort pour les crimes qui touchent les enfants. Évidemment, à moins d’un an des élections présidentielles et alors que le gouvernement accueille en grande pompe le neuvième congrès mondial contre la peine de mort du 30 juin au 2 juillet, ce référendum serait plus que jamais à contre-courant.
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65 commentaires
L’abolition de la peine de mort fut et reste un point fort des « valeurs » de la gauche. Jamais le conseil constitutionnel aux ordres du président ne laissera se faire un référendum sur le sujet.
Par cohérence, je suis contre l’avortement, contre l’euthanasie et contre la peine de mort.
Donc lfiste donc new France !
Je ne dois pas être cohérent, je n’ai pas vos certitudes selon que je me place dans ma situation actuelle plutôt tranquille à ce jour, ou dans celle d’une famille de victimes qui a vu l’enfant chéri sauvagement égorgé par un multirécidiviste, ou encore dans celle de proches voyant souffrir et partir en lambeaux l’être cher, même si bien sûr les soins palliatifs pourraient l’aider à partir naturellement, si je puis m’exprimer ainsi. Ou enfin à la place de cette jeune fille de 15 ans qui se retrouve enceinte, après avoir subi un viol odieux d’un OQTF ou d’un autre dégénéré de son acabit, lui aussi coutumier du pire. Je n’arrive pas à m’entendre avec moi-même et je pense que nous sommes nombreux dans ce cas, pris entre la morale qui fait de nous des êtres humains et le souhait de voir disparaître à tout jamais l’individu qui vous a enlevé votre seule raison de vivre. Ainsi je pense que même un référendum ne servirait à rien.
Une photo de Karine , c’est tout de même plus agréable qu’ une photo de Manu.
Malgré tout je reste contre la peine de mort. Un État n’a pas à se faire criminel lui-même. Quant au coût d’une incarcération longue voire définitive il reste négligeable par rapport à notre montagne d’impôts. Madame Le Marchand est surement en état de le supporter.
D’accord.
La peine de mort a cette qualité insirpassable d’empêcher toute récidive. Après les esprits forts et moralisateurs peuvent toujours discuter de son caractère dissuasif. Il y a ce qu’on voit : les récidivistes qui n’ont pas été dissuadés par la peine de mort et ce que qu’on ne voit pas : ceux qui ont été dissuadés. Cf. Frédéric Bastiat.
Heureusement qu’elle n’a pas dit ça sur CNews…
Macron a dit : « La peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre »… D’accord, si on admet que la l’Etat protège les citoyens. Sauf que ce n’est pas le cas. Et d’ailleurs, le corollaire de son affirmation est : L’abolition de la peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre. Et la démonstration est faite tous les jours.
Moi quand ma poubelle est pleine, je la vide, j’élimine les déchets. Les ordures, ça s’élimine. Vider ma poubelle assainit mon environnement. Ne pas la vider la pourrit.
Je plussoie.
Venant de lui un doux euphémisme
Bravo à Karine ! On connaissait déjà son franc-parler, mais qu’elle l’exerce en ces douloureuses circonstances est tout à son honneur. Elle évolue dans un milieu qui ne lui fera pas de cadeau.
Hormis le fait que sa parole peut être entendue , c’est une vision de plus en plus partagée. Pour ma part ce qui m’a le plus choqué dans cette journée du mardi 30 juin c’est la prise de parole de Macron au 9eme congrès de la peine de mort , qui pourfend les partisans pour cette sentence , et qui à l’inverse peut se réjouir de la décision de l’Assemblée Nationale sur l’ euthanasie , il y a un quiproquo assez inexplicable. Que l’on m’explique qu’il faille donner la mort à un être dans une situation de souffrance (alors qu’il existe maintes façons de soulager) , et pour l’autre volet mettre un meurtrier reconnu pour des faits abjects dans une prison, certes, mais avec le secret espoir de recouvrer la liberté après plusieurs années. Que fait notre président du cas des victimes ?
C’est typiquement une question à traiter par référendum. Mais pour cela, il faudra attendre le départ de Macron..
Entre vouloir et pouvoir il y a un énorme fossé qu’on appelle « Union européenne » *
Aucun pays ne peut rejoindre l’UE s’il conserve la peine capitale, c’est la raison pour laquelle la Bielorussie ne peut pas entrer dans l’Europe. Je ne vais pas citer ici les textes consacrés : ils sont facilement disponibles en lignes.
Tant que je suis dans les textes européens en voici un dont ON se garde bien de parler
Article 42 §7 du Traité sur l’Union européenne (TUE).
C’est la clause de défense mutuelle introduite par le traité de Lisbonne. Elle prévoit que si un État membre de l’UE est l’objet d’une agression armée, les autres États membres doivent lui apporter aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir.
Texte exact (extrait) :
« Au cas où un État membre serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conformément à l’article 51 de la Charte des Nations unies. »
Traduisez : l’Ukraine fait partie de l’Europe : Poutine attaque l’Ukraine et tous les pays européens viennent à son secours. En dux mots « Troisième guerre mondiale. Dormez en paix : Macron veille :-)
C’est clair ,net et précis !! C’est cela la logique et le bon sens
d’accord à 100%!
On ne peut qu’être d’accord avec elle à 100%.
Comme la majorité de la population… et un referendum peut-être? non???
Un referendum ? Mais vous n’y pensez pas ! C’est beaucoup trop démocratique ! Or, il y a bien longtemps que cette république bananière qu’est devenue la France n’est plus une démocratie. Ce qui n’empêche pas tous ces bouffons politiques d’avoir ce mot constamment à la bouche. Qu’ils s’étouffent avec !