[CHRONIQUE] Le temps des barbares
Louis, dix sept ans, tabassé à mort cependant que ses assassins filment l’horreur. Comme s’ils étaient détachés de ce qu’ils sont en train de commettre. Parmi eux, des mineurs ! Un collégien de quinze ans égorge, étrangle et mutile une vielle dame de 86 ans à l’aide d’une perceuse. La jeune Lyhanna violée et assassinée par un pédophile laissé en liberté à la suite d’une succession de dysfonctionnements de la Justice et de la gendarmerie. Quentin Deranque tué à coups de pied dans la tête par les membres d’une milice marxiste proche de LFI. À épisodes réguliers, de très jeunes gens sont victimes de règlements de comptes entre bandes de narcotrafiquants. La vie humaine semble ne compter pour rien. C’est le retour de la barbarie ordinaire, de la mise à mort gratuite ou pour des raisons futiles, comme si la vie humaine n’avait plus de valeur en soi.
Faut-il s’en étonner ?
Lorsque le président de la République se glorifie, lors de ses vœux, d’avoir fait inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution, c'est-à-dire d’avoir donné une onction républicaine et laïque à l’interruption d’une vie humaine en son commencement ? Outre le fait qu’une Constitution est faite pour organiser le fonctionnement des institutions et non être un fourre-tout de « droits » divers et variés, du principe de précaution à l’avortement, c’est une proclamation solennelle du caractère relatif de la vie humaine. Pour parachever l’œuvre de destruction anthropologique, le personnage veut absolument inscrire à son palmarès la légalisation de l’euthanasie dans le droit français. En fait, ce que protège éventuellement notre République, c’est la personne humaine lorsqu’elle est efficace, productive et rentable. Lorsqu’elle gêne, lorsqu’elle devient une « charge » improductive, autant la supprimer selon le bon vouloir de l’État ou de l’entourage.
Il s’agit là d’un acharnement délibéré pour déconstruire les fondements de notre civilisation, car nul ne songeait à abroger la loi Veil et qu’existe la loi Leonetti sur la fin de vie. Il est évident que de façon diffuse, l’affirmation du caractère relatif de la vie humaine imprègne la société. En fin de compte, les enfants ont compris la leçon des parents !
Notre société matérialiste génère elle-même la violence et la frustration. Nos enfants sont abreuvés de jeux électroniques dont l’objet est d’éliminer l’adversaire dans une débauche d’explosions et de sang. La mort et la souffrance deviennent virtuelles. Et, comme sous la Rome antique, un pouvoir de plus en plus impuissant offre au peuple « du pain et des jeux ». Les allocations sociales se sont substituées au pain et le foot aux jeux du cirque. L’esprit est le même : que la plèbe se tienne tranquille.
Les flots d’argent déversés sur le football professionnel suscitent les rêves les plus fous et comme le « veau d’or » est plus que jamais debout, la frustration de ne pas avoir tout, tout de suite, devient insupportable aux nouvelles générations bercées de matérialisme forcené et de nihilisme.
L’impuissance du monde politique et de l'État
L’excellent centre de réflexion Thomas-More vient de publier la liste des cinquante mesures qui ont effondré la France. Tout y est factuellement exact. Mais ces mesures irresponsables adoptées par des gouvernements de gauche, mais aussi de droite, n’ont pas été prises par le fruit du hasard. Elles sont les fruits amers de l’idéologie dite progressiste, d’un vénéneux cocktail de néo-marxisme, de wokisme, d’égalitarisme, d’individualisme, de matérialisme et d’hédonisme.
Chacun sent bien que la France s’effondre sur elle-même. Chacun ressent avec colère l’impuissance du monde politique et de l'État. Mais le peuple consent, en fin de compte, à cet effondrement. Cent cinquante ans d’Éducation nationale idéologique laissent des traces, tout comme le bourrage de crânes médiatique univoque pendant des décennies. Antonio Gramsci avait raison : pour s’emparer du pouvoir et le conserver, il faut d’abord imposer ses codes culturels et faire admettre des présupposés idéologiques comme des évidences.
Nous devons, nous aussi, réaliser une véritable révolution culturelle. Or, celle-ci est aujourd’hui possible, devant l’étendue du désastre engendré par le système de pensée idéologique qui nous est imposé depuis deux siècles. Encore faut-il en avoir le courage et savoir dénoncer, à temps et contretemps, l’imposture du magistère « moral » de la gauche. La victoire est au bout de ce chemin et pas forcément à la pointe des baïonnettes.
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44 commentaires
Je souscris à ce que vous dîtes, à une exception près : nous ne disposons pas de 2 siècles pour remettre la société dans le droit chemin… Deux siècles c’est le temps qu’il a fallu pour formater les esprits, or le temps presse, c’est une question de survie ! Et les menaces sont récurrentes, de surcroit, contre ceux qui sonnent l’alarme.