Ne dites surtout pas « passeport » mais « pass ». Nuance ! C’est la même étymologie, sauf que « passeport », ça fait officiel, avec des tampons, des douaniers qui lèvent et baissent la barrière et peuvent vous dire : on passe pas ! Le « pass », c’est différent. C’est presque un plus commercial pour aller plus vite, pour éviter de faire la queue : dans le métro, au péage d’autoroute, au musée. Avec le pass, on passe partout. Et puis, pass, c’est de l’anglais, même si ça vient du français.

, à l’issue d’un Conseil européen, l’a annoncé jeudi : on réfléchit à la mise en place d’un « pass sanitaire ». Mais attention, il ne s’agit surtout pas d’un « passeport vaccinal ». Le Président a bien prévenu. D’ailleurs, il l’a toujours dit, il n’y aura pas de passeport vaccinal en France. C’est d’ailleurs pour ça qu’à la veille de , en toute discrétion, le gouvernement avait déposé un projet de loi dans lequel il était envisagé de soumettre l’accès à certains lieux à la présentation de documents attestant qu’on était testé négatif ou vacciné. Le 21 décembre, Olivier Véran était venu s’expliquer en urgence sur TF1, affirmant qu’il n’y aurait pas de « passeport sanitaire ».

Un mois après, le 19 janvier, le même Véran déclarait, sur , au sujet du passeport vaccinal, que « la question se posera nécessairement à un moment donné ». Donc, pour résumer : en décembre, pas de passeport sanitaire, en janvier, la question du passeport vaccinal se posera, en février, pas de passeport vaccinal mais un pass sanitaire est envisagé. On avance. Mieux : on progresse.

Alors, ça sera quoi, ce pass sanitaire ? Emmanuel , qui pourra se reconvertir, le jour venu, dans la vente à domicile de produits électroniques ou numériques, nous l’explique : « On va demander, d’abord, que les gens s’enregistrent. » Demander ? Plus précisément : s’ils le souhaitent ou bien ou exiger ? Un enregistrement « pour faciliter le système d’alerte », poursuit le VRP. « Si quelqu’un est venu à un tel événement dans un lieu public qu’il puisse être enregistré avec un code… » Objectif : trouver des cas contacts. « Sans doute, on pourra intégrer des résultats de négatifs récents… On pourra regarder aussi si vous avez été vacciné. » Questions : c’est qui, « on » ? C’est quand et où qu’on regarde ? Et il se passe quoi, si on (là, « on », c’est nous !) n’est pas vacciné ?

Mais le Président est conscient que c’est un « sujet important » qui pose des questions « techniques », de « respect des données individuelles », d’« organisation de nos libertés ». Effectivement. C’est même plus qu’« important », c’est essentiel. Alors, il faut préparer l’affaire « techniquement », « politiquement », « juridiquement ». Il aurait pu ajouter « psychologiquement », mais on voit bien que c’est le cas depuis plusieurs mois… Et de préciser que « ça sera dans nos pays pour la réouverture de beaucoup d’activités ». Traduire en clair : il faudra détenir ce passeport – pardon, ce pass – pour accéder à certaines activités. Activités ? Terme flou qui peut signifier tout et n’importe quoi comme, par exemple, l’accès aux transports, à certains lieux. Mais, encore une fois, il ne s’agira pas d’un passeport.

Attention, Emmanuel Macron précise bien que ce « pass sanitaire » ne peut pas être soumis au vaccin. On est rassuré. Et pour cause : « Si on arrive, à un moment dans le printemps, à rouvrir certains de ces lieux, nous ne saurions conditionner leur accès à une vaccination alors même que nous n’aurions même pas ouvert la vaccination aux plus d’entre nous. » Et « les plus jeunes d’entre nous », à ce jour, c’est beaucoup de monde et pas que des jeunes. C’est même la majorité des Français…

26 février 2021

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