François Hollande, qui était décidément un bon Président, avait modifié les conditions d'attribution des parrainages dans le cadre de l'élection présidentielle en obligeant à rendre publics les noms des signataires et à indiquer à qui ils avaient donné leur bénédiction. Ce qui ne devrait pas poser problème dans une démocratie en bonne santé (assumer ses convictions) s'était avéré particulièrement compliqué dans une France malade. Par peur de l'opprobre ou de perdre des subventions, en cas de parrainage de candidats représentant « la haine » (vous voyez de qui on parle), de nombreux élus avaient rechigné à soutenir tel ou telle. C'était bien le but de la réforme de Hollande, d'ailleurs.

Voici que le même cirque est en train de se reproduire. Alors qu'Anne Hidalgo, qui plafonne à 4 %, est certaine d'être adoubée par une kyrielle d'élus socialistes, Éric Zemmour, qui tourne entre 13 et 16 %, n'a toujours pas ses 500 signatures. Où est le débat démocratique et comment peut-on prétendre respecter les électeurs dans ces conditions ? Certes, les élus se montrent pusillanimes et devraient assumer leur choix mais, d'un autre côté, quand un sénateur (ex-LR) comme Jean-Pierre Grand écrit aux maires de l'Hérault pour leur demander de ne pas parrainer Éric Zemmour, on ne doit pas s'étonner de cette épidémie de trouille qui cache probablement tout un arsenal de mesures de rétorsion et de menaces plus ou moins voilées.

On croyait la situation insoluble, puisque tous les candidats « des extrêmes » commencent à donner des signes d'essoufflement dans la quête de leurs précieux parrainages. Situation assez difficile à admettre pour qui croit encore un petit peu au suffrage universel. Est-ce votre cas, amis lecteurs ?

Or, donc, coup de théâtre relayé, ce 6 janvier, par Europe 1 : Les Républicains laisseraient leurs élus libres de faire le choix qui leur plairait et aucune sanction ne serait à prévoir si, par le plus grand des hasards, quelques promesses de parrainage allaient à Éric Zemmour. Un parti « de la et du centre » qui respecte le pluralisme politique : on en applaudirait presque si ce plan n'avait pas pour seul but de faire monter le candidat de Reconquête en siphonnant les voix de Marine Le Pen et d'offrir ainsi à Valérie Pécresse le duel dont elle rêve, contre son frère jumeau Emmanuel Macron. Mais Geoffroy Didier, porte-parole de la candidate des LR, dément catégoriquement. Il faut donc le croire.

Cela dit, Les Républicains feraient un beau geste, il faut le reconnaître, tout en se pensant sans doute très malins. Cela va, par ailleurs, dans le sens des déclarations de Zemmour qui demandait, cette semaine, un « pool » de signatures pour que tous les candidats un peu clivants (Mélenchon, Le Pen ou lui-même) puissent se présenter à l'élection. Les LR seront-ils pris à leur propre piège, dans le cas d'une élimination de Pécresse au premier tour ? Ce serait amusant.

7 janvier 2022

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