“Le parquet convoque un élu de la nation pour un propos politique. C’est extrêmement grave !”

Nicolas Dupont-Aignan est convoqué, le 7 février, par le parquet au tribunal de Paris pour avoir dénoncé, dans un tweet, lors la campagne présidentielle, un changement de population, et ce, en s’appuyant sur des chiffres.

Réaction du député de l’Essonne au micro de Boulevard Voltaire.

Nicolas Dupont Aignan, le 26 juillet vous twittiez ceci : «  en 2016, les socialistes compensaient la baisse de natalité par l’invasion migratoire. Le changement de population, c’est maintenant !»
Pour avoir diffusé ce message, vous êtes convoqué demain au tribunal.
Comment réagissez-vous à cette convocation ?

Je considère cela comme un véritable délit d’opinion. On ne peut plus s’exprimer de manière lucide sur des statistiques d’immigration. Il n’y a aucune incitation à la haine raciale, aucun extrémisme, aucune xénophobie dans mon propos.
Je partais des statistiques exactes de 2016 et celles de 2015 sont également disponibles. On s’aperçoit que l’accroissement de la population française est lié à 65 % au flux migratoire. Les 35 % restants sont liés au solde naturel.
Avoir une opinion sur les flux migratoires et dire tout simplement que l’on voit bien qu’il y a un changement de population ne peut pas faire tomber dans le délit d’opinion. C’est quoi cette inquisition ? C’est extrêmement grave. Cela voudrait dire que la loi sur l’incitation à la haine raciale est détournée de son objet. Je ne cite personne. Cela peut être d’ailleurs des gens de toutes nationalités. Je ne parle même pas de l’origine des personnes nées en France que je considère globalement comme Français.
Cela veut bien dire que le parquet convoque un élu de la nation pour un propos politique. Le Parquet, vous rendez-vous compte ? C’est extrêmement grave et je suis scandalisé. Voilà pourquoi je mobilise. Je ne peux pas l’accepter.

Vous rendrez-vous à la convocation du tribunal ?

Bien sûr. Il y a le Parquet, mais aussi les juges. Je ne peux pas imaginer que les juges se fassent condamner un jour par la Cour de cassation ou la Cour européenne des droits de l’homme comme dans de nombreux cas.
Je fais donc confiance aux juges de mon pays, du moins pour l’instant. Et je dénonce la manipulation du Parquet.

Allez-vous dire votre indignation demain devant les juges ?

Non, demain, c’est juste une audience préparatoire. Nous allons fixer la composition des témoins qui viendront le 4 avril.
Je vais faire aussi une question préjudicielle de constitutionnalité parce que j’estime qu’il y a là détournement de la loi et que c’est contraire à la constitution. Nous sommes encore normalement dans une constitution démocratique où on peut s’exprimer. Est-ce que n’importe qui n’a pas le droit de commenter les statistiques migratoires ? Je ne suis d’ailleurs pas le seul à les commenter. Le président de la République les commente, le ministre de l’Intérieur les commente. Et moi je n’aurais pas le droit ?

On observe que la Justice est parfois très véloce envers les personnalités de droite.
Partagez-vous cette observation ?

Cela m’inquiète. Je me demande s’il n’y a pas une instrumentalisation par le Parquet de la Justice. C’est comme s’il y avait une Justice politique. Je ne peux pas le croire, mais nous verrons. En tout cas, je ne me laisserai pas abattre par le délit d’opinion réinventé. C’est extrêmement important. Toutes les personnes à qui j’en ai parlé sont stupéfaites qu’elles soient de gauche ou de droite.
J’ai sans doute le tort d’avoir pris une position autour de la Présidentielle.

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