Editoriaux - Entretiens - Politique - 20 janvier 2020

Nicolas Dupont-Aignan : « Si les abstentionnistes désertent les urnes, Macron sera réélu »

À l’occasion de ses vœux à la presse, Nicolas Dupont-Aignan vient d’exprimer son souhait que soit organisée une primaire à droite en vue de l’élection présidentielle de . Une façon de répondre à Marine Le Pen, qui a annoncé, la semaine dernière, qu’elle était d’ores et déjà candidate à cette élection.

Il faut rétablir la confiance cassée entre les Français et les élus. Les partis politiques ne doivent pas choisir le meilleur candidat, mais l’électorat patriote et républicain. Il faut ouvrir le jeu. Je suis convaincu que dans une primaire, ce sont les électeurs qui pourront choisir le meilleur candidat. Je participerai bien sûr à cette primaire, mais je m’inclinerai devant le choix des électeurs. J’invite tous les responsables politiques, républicains gaullistes ou patriotes à participer à cette primaire. Elle va donner une force et une légitimité pour battre Emmanuel Macron. Nous n’avons pas le droit de laisser chacun, dans sa formation politique, se présenter sans mécanisme démocratique et prendre le risque de recommencer 2017.

Qui organiserait cette primaire ?

Un collège constitué de partis politiques et de personnalités y participeraient et donneraient la parole. Les Français aspirent à décider et en ont marre que des personnes s’autoproclament. D’après un dernier sondage, 72 % des Français ne veulent pas du duel qu’on leur impose.

Emmanuel Macron choisit son adversaire. J’estime que c’est aux électeurs républicains et patriotes de choisir le meilleur candidat. Celui ou celle qui sera capable de gagner au terme d’une année de vraie campagne, de confrontation d’idées, de valeurs, de propositions et de parcours. C’est la seule façon de gagner face à Macron. J’en suis convaincu.

Pourquoi annoncer cela dès maintenant ?

 À partir du moment où certains ou certaines ont déjà fait part de leur souhait d’être candidat, je pense qu’il faut dès maintenant établir une nouvelle règle du jeu. Ma hantise, comme celle de beaucoup de Français, est d’être confronté au choix de 2017. Or, si vous regardez l’histoire des élections présidentielles, jamais ce qui a été imaginé deux ans avant ne s’est produit. Faisons donc en sorte que les électeurs puissent trancher. Si des millions d’électeurs républicains et patriotes veulent enfin se débarrasser de Macron et surtout prévoir un projet alternatif solide et crédible pour gagner, alors qu’ils se rassemblent un dimanche et choisissent un meilleur candidat. Imaginez la légitimité de ce candidat pour entamer la campagne présidentielle. Ce serait extraordinaire. On n’a pas le droit d’échouer. Il faut donc le faire.

Marine Le Pen va vous répondre, «  j’ai ma primaire à l’automne 2021, c’est mon congrès, c’est ainsi que je serai candidate… »

 Je ne désespère pas de la convaincre, car qui peut avoir peur de million d’électeurs ? Si on veut gagner la confiance des Français au second tour de la présidentielle, il ne faut pas avoir peur de gagner ses propres électeurs. Je suis convaincu que je peux convaincre Marine Le Pen de ne pas se rétrécir sur un parti politique et quelques milliers de militants. Cela lui permettrait d’ouvrir les bras, le cœur et les idées à la concurrence et ainsi avoir une vraie compétition loyale avec d’autres, avec moi ou avec des personnalités nouvelles. Il n’y a pas que les partis politiques. Que le meilleur gagne ! Je me plierai à la loi du meilleur, c’est-à-dire à la loi du suffrage.

 Y aura-t-il une primaire au sein de Debout la France ?

Le destin de la France ne va pas se choisir au sein des partis politiques où se trouvent quelques dizaines de milliers d’adhérents. J’ai l’impression que je suis le seul candidat de Debout la France. Pardonnez-moi, mais ce n’est pas l’enjeu. L’enjeu est de mettre en place une règle du jeu qui réconcilie les électeurs avec la politique et qui mobilise des millions d’électeurs pour changer la France. Je pense que l’enjeu n’est pas d’être candidat et d’être au second tour, mais de gagner le second tour. Pour cela, il faut rassembler et additionner au terme d’un processus démocratique. Les Français ont soif de voter et de participer. Les électeurs qui ne veulent pas de Macron veulent peser sur le choix. Ils voteront au second tour pour un candidat patriote seulement s’ils sont associés un minimum thématiquement. C’est la même chose pour la droite hors les murs, pour le Rassemblement national et Debout la France.

Il faut définir une règle du jeu pour toutes ces chapelles, sinon ce sera une réédition de 2017 et cela m’inquiète.

Les Républicains ont choisi d’évincer Éric Tegnér qui militait pour l’union des droites. C’est un autre sujet, mais est-ce le signe qu’il ne peut pas y avoir de débat réel avec les Républicains ?

Il n’y a pas de débat possible avec le parti Les Républicains. La plupart des dirigeants iront chez Macron. Je ne m’adresse pas aux dirigeants des Républicains, mais aux électeurs des Républicains qui ne veulent pas voter Macron. Ceux-là ont leur mot à dire. Sinon, ils vont aller à la pêche et Macron va être réélu. Il faut bien comprendre que ma demande des primaires n’est pas pour régler le problème Dupont-Aignan-Le Pen, mais au contraire, pour élargir à de nouvelles personnalités de la société civile. Eric Zemmour serait un formidable candidat dans une primaire. Il faut ouvrir les fenêtres sinon, on va répéter les mêmes choses et les Français vont déserter les urnes. Si les abstentionnistes désertent les urnes, Macron sera réélu. On n’aura que nos larmes pour pleurer. J’en ai assez et je veux que l’on consulte la base.

 

En 2020, pensez-vous vraiment que rien n’est écrit ?

Nous avons le destin du pays entre nos mains. Je dis à tous les électeurs intéressés par cette idée : « aidez-nous ». Nous allons lancer une pétition sur internet pour une primaire républicaine et patriote pour la France. Elle permettra de choisir le meilleur candidat qui battra Macron. Il ne s’agit pas simplement de battre Macron, il faut aussi relever le pays.

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