Editoriaux - Justice - Politique - 20 février 2019

Mytho, sale gosse ou barbouze d’opérette ? Alexandre Benalla dort en prison…

Décidément, tout cela est du grand n’importe quoi. Voilà donc Alexandre Benalla et son ami Vincent Crase sous les verrous pour avoir tchatché, le 26 juillet dernier, alors qu’ils avaient l’interdiction d’entrer en contact. Faute grave constituant une violation de leur contrôle judiciaire et motivant la demande du parquet de les placer en détention… sept mois plus tard.

On fera remarquer, au passage, que la Justice, déjà fort encombrée d’histoires de corne à cul, est également chargée d’instruire contre Mediapart, la machine à balancer du chafouin Plenel qui a diffusé – par quel miracle ? – le contenu de la conversation entre les deux compères. Violation de la vie privée, disent leurs défenseurs. Au point où on en est, pourquoi pas…

En toile de fond, les sénateurs, furibards. On dirait des parents dépassés par leur progéniture : le sale gosse Benalla, mythomane à ses heures, garde du corps devenu barbouze au petit pied, passe son temps à leur tirer la langue et faire des doigts d’honneur. On lui demande de jurer ? Il jure, crache par terre s’il le faut. Il parle poliment : oui monsieur, non monsieur… costume cravate, passeport diplomatique, pistolet à bouchon, Le Caire, nid d’espions… Benalla, c’est Dujardin à l’Élysée.

Devraient faire appel à Super Nanny, les sénateurs. Je vous refais le pitch : « Débordés par Alexandre Benalla, ces enquêteurs ne savent plus quoi faire pour retrouver leur autorité et l’harmonie au sein de leur commission. Super Nanny va leur venir en aide pendant une semaine. » Ou plus.

La prison n’est pas la solution. Comme la raclée, elle signe l’impuissance et nos députés, rappelons-le, ont voté l’interdiction de la fessée. Peut-être devrait-on, alors, rétablir le pilori ? En l’écrivant, je me dis que c’est une bonne idée. Je suis sûre que pouvoir jeter des œufs pourris, des tomates avariées et des peaux de saucisson à tel ou tel exposé place de la République serait de nature à calmer les gilets jaunes.

Je m’égare…

Le garçon dévoué est ingérable et si Benalla a la grosse tête, c’est bien à ses mentors – nombreux – qu’il le doit. Faut-il rappeler qu’il a été couvé, dès l’adolescence, dans le service d’ordre du Parti socialiste avant de connaître la consécration, à 25 ans, comme responsable de la sécurité de la campagne d’Emmanuel Macron, puis l’apothéose, à 27, en suivant le nouveau Président à l’Élysée ? Appartement de fonction quai Branly, voiture avec chauffeur, téléphone ultra-sécurisé, passeports diplomatiques, intronisation à la Grande Loge nationale française (GLNF qui, depuis, se pince le nez).

C’est beau, c’est grand, c’est très rapide…

À se demander si cette fulgurante ascension d’une figure de la diversité ne cacherait pas une manipulation qui s’est emballée. Comme Pinocchio, la marionnette Benalla aurait-elle cru pouvoir se passer des tireurs de ficelles ?

Seule certitude : on est toujours dans le Grand-Guignol.

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