Editoriaux - Politique - 31 octobre 2019

Municipales à Toulouse : le maire LR et en même temps LREM

La présidence a changé il y a quelques jours, avec l’élection de Christian Jacob. Les sympathisants LR auraient pu en attendre une clarification sur la ligne, la stratégie, et espérer un peu de cohérence sur les alliances et la cohérence pour ce parti qui veut incarner l’opposition à Emmanuel Macron. Las. Ce ne sera pas pour cette fois. Ni pour la prochaine, vous dites-vous comme moi… Le président Jacob n’a fait aucun miracle dans sa cour. Faut-il citer l’éternelle phrase du Guépard ? « Tout change pour que… » Ou invoquer le Marcel Zanini ressuscité par Nicolas Gauthier, pour le Brexit : « Tu veux ou tu veux pas ». Le c… entre deux chaises, avec l’accent du Sud-Ouest s’il vous plaît, serait bien plus parlant. En effet, c’est à Toulouse que LR donne, une fois de plus, la magistrale démonstration des ambiguïtés par lesquelles elle pense survivre mais qui pourraient l’achever.

On a, en effet, appris hier que le maire LR de Toulouse Jean-Luc Moudenc, « baudisien » historique, élu en 2014 sous l’étiquette LR, sera aussi investi par , le parti d’Emmanuel Macron. En même temps. Jusqu’à la lie. Vous me direz, le nom du parti présidentiel a été construit dans cette optique, même pas de façon subliminale : LR-EM. Moudenc, c’est donc les LR avec EM. MoudEM, quoi. Un MoDem à la toulousaine. Ou un mou de LR avec EM. Comme vous le sentez.

Cette alliance LR-LREM à Toulouse, et qui concerne d’autres villes (Orléans, Dôle, Perpignan), trouve toujours de bons avocats qui vous expliquent qu’elle est rendue nécessaire pour éviter, faire barrage. À Toulouse, c’est la gauche qui fait peur et un candidat LREM déclarait au Figaro, après son retrait : « Face au risque de l’extrême gauche, il nous faut aller aux municipales rassemblés. Il s’agit d’un accord de fond avec Jean-Luc Moudenc, et pas d’une alliance de circonstance. »

Cette désinvolture de la droite LR, qui n’en finit pas de trahir ses électeurs et de piétiner ses convictions et ses engagements, libère par ailleurs ceux qui semblent encore y tenir. Pendant que M. Moudenc copine avec Emmanuel Macron, hier, on a aperçu François-Xavier Bellamy discuter avec Robert Ménard, à Béziers. Un François-Xavier Bellamy que Jean-Luc Moudenc disait pourtant soutenir lors des européennes contre la liste d’Emmanuel Macron.

Mais j’oubliais, tellement ces LR-EMeries donnent le vertige : il y a trois mois, en pleine campagne pour son élection à la présidence, Christian Jacob avait déclaré. Devinez…

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