Economie - Editoriaux - Santé - 5 juillet 2019

Même les médecins généralistes voient leurs revenus baisser

Les revenus imposables des médecins généralistes libéraux ont baissé, en 2018, par rapport à l’année précédente. On le sait grâce aux statistiques des AGA (associations de gestion agréées) où des connaisseurs de l’activité médicale vérifient soigneusement les déclarations des praticiens, évitant ainsi à l’administration fiscale une tâche apparemment trop fatigante.

Face à des honoraires gelés, une des causes de cette baisse est la banale augmentation des charges, à vrai dire partagée par tous les Français : un petit coup sur le loyer, une pincée sur les assurances, une lichette sur l’électricité, etc., les petites fuites insensibles aboutissant à de vraies pertes.

L’autre est due aux « rémunérations forfaitaires décevantes ». Explication : depuis des années, le système tente de substituer au paiement à l’acte, considéré comme inflationniste, des forfaits pour équipements, objectifs de santé atteints, utilisation de téléservices au lieu de formulaires papier, prise en charge globale de telle ou telle pathologie ou type de patients, etc.

Cette carotte a séduit de nombreux médecins mais, bien sûr, le cahier des charges en est rigoureux. Alors, à la fin de l’année, parfois, toutes les cases ne sont pas cochées : adieu veau, vache, cochon… « Il faut avoir une longue cuillère pour dîner avec le diable » (Shakespeare).

Au total, avec 87.775 euros en moyenne, en 2018, la baisse est de 0,9 % par rapport à l’année précédente, laissant un revenu que beaucoup peuvent envier. À rapprocher, toutefois, de la durée des études, des 55 heures hebdomadaires moyennes de travail et d’une responsabilité civile, pénale et ordinale engagée à chaque action et à chacune des dizaines de signatures quotidiennes.

À moins d’une improbable révolution de son mode de rémunération, la profession de généraliste – dont les effectifs ont fondu de 7 % en dix ans, tendance qui se poursuivra jusqu’en 2025 – ne risque pas la paupérisation face à une demande toujours plus importante.

Même si son acte de base, la consultation, reste une des moins bien honorées des pays comparables.

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