Meloni renvoie Bayrou dans les cordes : l’Italie accusée à tort de dumping fiscal

Les propos du Premier ministre, dimanche, ont frôlé l'incident diplomatique...
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François Bayrou multiplie les hostilités. Dimanche 31 août 2025, le Premier ministre le plus impopulaire de l’histoire de la Ve République espérait, pourtant, rattraper quelques points dans les sondages avec sa grande interview donnée à CNews, France Info, LCI et BFM TV. Loin des résultats escomptés, le chef du gouvernement a réussi à s’attirer les foudres de son homologue italienne, qu'il accuse de pratiquer un « dumping fiscal » pour attirer les fortunes étrangères. Ces propos, tenus pour justifier son opposition à la taxe Zucman (un impôt de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros), ont provoqué une réponse cinglante de Giorgia Meloni, présidente du Conseil italien. Sur X, elle a dénoncé des « affirmations totalement infondées », soulignant que l’attractivité de l’Italie repose sur sa « stabilité et crédibilité » et non sur des incitations fiscales déloyales. Meloni a même rappelé que son gouvernement a doublé, en 2024, la taxe forfaitaire pour les résidents étrangers fortunés, passée de 100.000 à 200.000 euros.

Les accusations de Bayrou : un contexte politique tendu

L'échéance du 8 septembre approche. Acculé, François Bayrou cherche - en vain - à détourner l’attention des critiques internes sur son plan d’austérité budgétaire, prévoyant 44 milliards d’euros d’économies. En pointant du doigt l’Italie, le maire de Pau illustre le « nomadisme fiscal » des ultra-riches qui fuiraient la France pour des régimes fiscaux plus cléments. L’Italie, plus souple que la France, a attiré de nombreuses grosses fortunes et pourrait bien être le troisième pays attirant le plus de millionnaires, en 2025 (derrière les États-Unis et les Émirats arabes unis). Commencé sous Matteo Renzi, ce dispositif d’allégement fiscal a en effet attiré environ 1.200 millionnaires, parmi lesquels des figures comme l’ex-PDG de Goldman Sachs Richard Gnodde. Pour autant, qualifier cette politique de « dumping fiscal » est très exagéré, l’Italie ne proposant pas de taux d’imposition dérisoires comparables à ceux de certains paradis fiscaux européens comme le Luxembourg ou les Pays-Bas.

L’accusation du Premier ministre français manque a minima de nuance : l’Italie, loin de conspirer contre la France, subit elle-même les effets des véritables paradis fiscaux. Comme le note Meloni, des pays comme les Pays-Bas ou l’Irlande drainent des milliards d’euros via des « tax rulings » (rescrits fiscaux) avantageux pour les multinationales. L’Italie, avec sa taxe forfaitaire et son impôt sur les sociétés de 24 % (même taux qu’en France), est donc loin d’être un paradis fiscal.

La riposte italienne : une défense fondée et une main tendue

Giorgia Meloni, dans sa réponse sur X, a non seulement rejeté les accusations, mais aussi renversé l’argument. « Nous espérons que la France se joindra à l’Italie pour agir au sein de l’UE contre les États membres qui pratiquent un dumping fiscal systématique », a-t-elle déclaré. Une position partagée par d’autres figures italiennes, comme Antonio Tajani, ministre des Affaires étrangères : il a qualifié les propos de Bayrou de « choquants » et d’« erronés », auprès de nos confrères d’Il Foglio. Même Matteo Renzi, ex-Premier ministre de centre gauche, a défendu son pays, ironisant sur l’ignorance de son « ami François ».

En doublant la taxe forfaitaire en 2024, le gouvernement Meloni a d’ailleurs montré sa volonté de limiter les abus, tout en maintenant un régime compétitif. Ce choix contraste avec les pratiques de certains États européens où des taux d’imposition quasi nuls pour les multinationales érodent les bases fiscales de pays comme la France ou l’Italie. Meloni appelle ainsi à une coopération franco-italienne pour réformer la fiscalité européenne, notamment via des initiatives comme la taxe minimale globale de 15 % portée par l’OCDE.

Vos commentaires

81 commentaires

  1. De grâce, arrêtez de parler d’un plan de 44 milliards d’économies. De nouvelles taxes prises dans la poche des salariés et retraités français ne sont pas des économies mais des impôts supplémentaire pour permettre à l’Etat… de ne pas faire d’économie.
    Sinon, Bayrou qui ne connaît finalement rien aux affaires du pays, ne connaît pas plus les affaires internationales ? Connait-il au moins ce qui se passe à Pau ?…
    Et comme il n’est pas à une contradiction près, il est prêt à taxer les « riches » et les « grosses » entreprises alors qu’il dénonce le fait que finalement cette taxation à outrance les fait fuir. Donc il confirme qu’à force de taxer à tout va cela diminue les recettes fiscales. Alors pourquoi continuer à augmenter les impôts au-delà du raisonnable ?

  2. Les français vont s’entêter et se mettre mal avec le reste du monde. Ca existe, il y a des gens qui finissent seuls et qui ne peuvent plus voir personne.

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