Me Goldnadel, l’auteur de Névroses médiatiques, analyse les dessous et les conséquences de l’affaire Griveaux.

Que révèle l’affaire Griveaux ?

Elle montre à la fois la folie du monde et le caractère dérisoire des choses. Dans quelques heures ou quelques jours, on ne parlera plus de monsieur Griveaux. Celui qui a écrit Névrose médiatique, le monde est devenu une foule déchaînée n’est pas le moins bien placée pour vous dire qu’il n’est pas étonné de ce qui vient d’arriver. On a fait l’éloge de la transparence et en même temps on vit dans un monde de dupe où les politiques se sentent tenus de se montrer parfaits. C’est d’autant plus stupide que l’opinion sait tout à fait qu’ils ne sont pas plus parfaits que le plus commun des mortels. Ce serait tellement plus simple aujourd’hui pour un homme politique de professer qu’il n’est pas meilleur que vous et moi. Certes, il a professionnalisé les choses parce qu’il pense qu’il a quelques compétences en matière économique et en politique étrangère, mais pour autant il a ses faiblesses et ses forces sur le plan moral.
Quelqu’un comme celui qui vous parle ne passe pas son temps à chanter la messe. Si demain, il venait à être mis en question sur tel ou tel aspect de sa vie, je ne pense pas que les gens tomberaient de l’armoire. Ce serait tellement plus simple de dire que « oui j’ai de l’ambition, ça ferait plaisir à ma maman si je deviens député ». Ce serait tellement mieux de dire les choses.


Selon vous, Benjamin Griveaux a péché par naïveté. Les frasques de sa vie privée ne regardent que lui.

Dans ce monde d’électronique, on ne peut plus rien cacher. Ne savait-il pas qu’il vivait dans un monde politique qui ne se caractérise certainement pas uniquement par la bienveillance ? Ne sait-il pas qu’il vit dans un monde assez méchant, en général, et en particulier à l’égard des politiques parce que les politiques chantent la messe tous les matins ?
En étant porte-parole, il fallait être d’une incroyable naïveté pour se conduire comme il s’est conduit. Encore une fois, il en est le premier puni et je ne porte certainement pas de jugement moral sur son attitude. Chacun trouve sa libido là où il le veut et où il le peut. Je ne suis pas du tout sur ce registre sexuel, mais je suis quand même abasourdi par le fait qu’il ait pris un tel risque alors même qu’il était porte-parole du gouvernement.

Le député Joachim Son-Forget n’a peut-être pas été le premier à diffuser cet article, mais il a été celui par qui le scandale est arrivé. A-t-il eu raison ? Peut-il être inquiété par la justice ?

D’une part, Joachim est un ami. D’autre part, dans le passé je lui ai trouvé beaucoup de qualités et beaucoup de drôleries. Enfin, il m’a confié la défense de ses intérêts, si d’aventure on décidait de lui demander des comptes. Vous comprendrez que s’agissant de Joachim Son-Forget, je ne peux me prononcer.
Avant même d’examiner la responsabilité qu’a le Russe dans cette affaire, je suis abasourdi d’apprendre qu’il se trouve encore sur le sol français. Je sais tellement que des étrangers en situation irrégulière et ayant commis des délits sur le sol français se trouvent encore sur le sol français que plus rien ne m’étonne. Là, il n’est pas en situation irrégulière, il est réfugié politique. On apprend que ce type-là a mis le feu à une banque et a été condamné à de la prison ferme. Pour autant, il se trouve toujours sur le territoire français. Cela montre à nouveau la folie de ce monde.

16 février 2020

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