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Maya Khadra : « Ce discours sirupeux des faux amis des Noirs et des musulmans découle d’une vieille tradition gauchiste ! »

Maya Khadra, journaliste libanaise, livre à Boulevard Voltaire son analyse de la situation tendue aux États-Unis par les émeutes raciales provoquées après le décès de .

Une situation qui, selon elle, n’est en rien comparable avec celle du Liban.

Vous avez suivi les émeutes qui se déroulent aux États-Unis, suite à la mort de George Floyd, tué lors de son interpellation par la police. Qu’analysez-vous de ces mouvements ?

Ces mouvements ne se restreignent pas uniquement aux États-Unis et au continent européen. On retrouve ces tendances plus ou moins nouvelles en Europe et elles frappent aussi les sociétés occidentales. C’est une forme d’instrumentalisation politique de la cause des Noirs.
Une certaine gauche essaie d’instrumentaliser la cause d’une « catégorie » opprimée dans la société, que ce soit les Noirs, les musulmans ou les migrants. Cela peut s’étendre à toutes les catégories, qui, pour la gauche, sont des catégories opprimées et injustement traitées dans les pays de l’Occident. Actuellement, la gauche et les antifas aux États-Unis sont en train de jouer et d’instrumentaliser au maximum cette carte dans l’espoir de créer des tensions entre les Blancs et les Noirs. L’élection de Trump a montré que ces différences étaient de plus en plus moindres. Trump est applaudi par beaucoup de Noirs. Actuellement, c’est un jeu politique de la gauche, des démocrates, pour déstabiliser le pays. Je trouve que le jeu va finir par se calmer.

Selon vous, l’enjeu de ces tristes émeutes et de la mort de George Floyd est-il les élections présidentielles américaines ?

Au début, les protestations ont été très spontanées. Ce qui s’est passé est vraiment condamnable. Les violences policières existent partout. Cependant, l’instrumentalisation est venue rapidement après. La gauche et les médias mainstream ont essayé de canaliser toute cette problématique et de l’inscrire dans le sillon de la lutte politique entre démocrates et républicains, entre Blancs et Noirs.
Il y a résurgence de ce critère racial. Je ne dis pas qu’il est oublié, puisqu’il y a toujours des ségrégations, mais cela fait longtemps qu’il n’a pas occupé le premier plan de la lutte politique. La gauche et les démocrates, aux États-Unis, essaient de renflouer ce clivage à travers l’instrumentalisation de la mort de George Floyd et à travers la mobilisation de tous les groupes antifas.

Vous êtes libanaise. On parle souvent de libanisation des sociétés. Lorsqu’on voit les tensions entre les différentes communautés, on parle de libanisation de la France. Cette espèce de combat racialiste est-il une forme de libanisation ?

Quand on parle du Liban, il y a, en effet, « communautarisme ». La libanisation, c’est le communautarisme exacerbé par les différences religieuses et non pas par les différences raciales.
La société libanaise est « ethniquement » homogène. On ne pourrait pas appliquer le même principe de libanisation aux sociétés occidentales, surtout quand on parle des luttes raciales et des ségrégations raciales. Cela n’a rien à voir.
Cette ségrégation et ces luttes raciales découlent d’une certaine forme de revanche contre les Blancs, la droite, et d’un complexe d’infériorité.

Si on veut extrapoler un peu à toutes les catégories qui se disent opprimées, tous les Noirs et tous les musulmans ne partagent pas ces idées. Ces gens accaparent le discours politique pour se mettre en avant et mettre en avant des revendications. Le droit international, la Constitution française ont pour titre phare l’égalité. Ce discours sirupeux découle d’une vieille tradition gauchiste. Je veux citer un peu ce faux langage humaniste de façade de Jean Jaurès. En 1884, il parlait de prendre possession des pays africains. On était en pleine période d’expansion coloniale. Il dit aussi qu’il étend aux hommes de couleur la liberté des Blancs. C’est comme si la liberté était un principe inhérent à la blanchité. La liberté est un principe humain aussi bien partagé par les Blancs et les Noirs. Cette gauche est faussement humaniste. Elle a déjà réussi à développer cette logique qui victimise le Noir, les opprimés et les musulmans. Si, actuellement, il y a un communautarisme ce n’est pas à cause de toutes ces catégories qui se rebellent mais plutôt à cause d’une certaine logique biaisée, malade, et anti-humaniste. Elle s’habille d’humanisme et a été instaurée par la gauche.

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