Economie - Editoriaux - Politique - 28 juin 2019

Marion Maréchal interdite au MEDEF : quelques heures auront suffi à faire plier Geoffroy Roux de Bézieux…

Pour les Français qui doutaient encore de ce que notre pays est en train de sombrer dans une dictature des idées, l’interdiction faite au MEDEF par le parti présidentiel La République en marche de recevoir Marion Maréchal à l’occasion de ses prochaines universités d’été vient d’en apporter la preuve flagrante.

L’ancienne députée de Vaucluse, actuellement en retrait de la vie politique, faisait en effet partie de ces personnalités de la société civile susceptibles d’intervenir lors de la prochaine réunion annuelle des patrons de France. Mais c’était sans compter sur le sectarisme de certains élus du parti d’Emmanuel Macron, dont le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, Gilles Le Gendre, qui ont aussitôt fait part de leur désapprobation et annoncé qu’ils boycotteraient, au besoin, la réunion patronale programmée pour le mois de septembre. Face à cette levée de boucliers et aux menaces de boycott, Geoffroy Roux de Bézieux, le patron des patrons, a fini par annoncer qu’il renonçait à inviter la petite-fille du fondateur du Front national.

Le bras de fer entre le président du MEDEF et le parti présidentiel n’aura donc duré que ce que durent les roses. Quelques heures auront suffi pour qu’une poignée de politiciens peu soucieux de démocratie imposent sa conduite au syndicat des patrons français, et le silence à une ancienne élue du peuple.

Il faut reconnaître que le combat ne s’effectuait pas à armes égales. En effet, que pesait la personne de Marion Maréchal face aux avantages que peut proposer le pouvoir en place au MEDEF ? Rien.

Il faut savoir que le mouvement patronal, au même titre que les syndicats de salariés et d’autres organisations d’employeurs, reçoit chaque année des subventions grâce au fonds pour le financement du dialogue social. Si la CGT prend la part du lion, avec près de 19 millions d’euros, le MEDEF a perçu pour sa part, en 2018, plus de 12 millions d’euros. Il reçoit également des fonds dans le cadre de conventions avec les organismes paritaires comme la CNAF, la CNAM ou l’UNEDIC. C’est ainsi qu’à ce titre, il a obtenu près de 4 millions d’euros l’an passé. On le voit donc, les enjeux pour l’organisation patronale sont énormes, et les capacités de nuisance du pouvoir en place à son égard, tout autant.

Mais là ne s’arrêtent pas les éventuels moyens de pression. Ainsi, nos patrons, qui sont friands d’honneurs et de distinctions, reçoivent-ils chaque année un lot important de Légions d’honneur et de croix de l’ordre national du Mérite. Transgresser l’interdiction faite par les représentants zélés du pouvoir n’aurait certainement pas été sans conséquences sur ce qui, pour beaucoup, peut apparaître comme insignifiant, mais qui, dans certains milieux, constitue l’alpha et l’oméga de la réussite sociale et de la respectabilité..

Voilà comment, en France, pays des droits de l’homme, patrie de Voltaire, Rousseau et Hugo, la liberté de parole est désormais monopolisée par une caste politique au détriment de tous ceux et toutes celles qui veulent et souhaitent s’exprimer au nom de la liberté d’opinion. Après la répression féroce des manifestations des gilets jaunes, dénoncée par de nombreuses instances internationales, après la mainmise sur une grande partie de la presse nationale, voici venu le temps des pressions et des mesures d’intimidation sur nos dirigeants syndicaux. Dés lors, que reste-t-il de la France des Lumières ? Que reste-t-il du sacrifice de tous ces Français, résistants de toutes les époques, qui sont morts au nom de la liberté ? Plus grand-chose, en vérité.

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