Editoriaux - Politique - Société - 29 août 2016

Manuel Valls en burkini !

L’impasse du burkini leur tendait les bras, ils s’y sont engouffrés. Motivés par la peur de la colère corse. Qu’elle dégénère sur toute l’île, puis sur le continent… Face à cette menace abominable qui vous flingue une présidentielle en moins de deux, Valls a pris sa lâcheté à deux mains et opté pour la solution la moins risquée. Voilées à la plage ? Quelle horreur ! Ah, il ne supporte pas. Le mélange coquillages/burka lui reste sur l’estomac.

Maintenant, il va falloir expliquer pourquoi il est très vilain de porter des vêtements islamiques au bord de l’eau, mais très bien au supermarché ou sur la place de la Concorde. Pourtant, sur cette dernière, l’eau n’est pas loin. La Seine à quelques encablures. Paris Plages à 500 mètres. Que faire ? Le sable joue-t-il un rôle ? Une femme drapée dans un long voile noir qui joue avec son enfant dans un bac à sable aura-t-elle des ennuis ?

Le gouvernement a fait semblant de comprendre qu’il s’agissait exclusivement d’un problème de maillot de bain. Les précisions du procureur de Bastia ont pourtant été claires. Seule l’agressivité des participants était en cause. Le burkini enlevé, reste l’hostilité. L’intolérance et l’obscurantisme. Que ces dames soient en string ou emmitouflées, à la plage ou dans la rue, au dancing ou sur la lune, là n’est pas la question (enfin, sur la lune… il faut étudier la faisabilité).

Du fond de leur impasse, les baltringues gouvernementaux tentent de faire diversion. Tout est dans le maillot de bain ! Nulle part ailleurs. La stratégie politique se limite à écarter la Cocotte-Minute du feu dès qu’elle commence à siffler, puis à se replacer face au mur pour contempler l’avenir.

Après avoir accepté les prières de rue, les voiles qui laissent à peine apparaître le visage, les exigences alimentaires, cette fixation sur une affaire de maillot de bain est dérisoire. Incohérente. Et d’autant plus incohérente que le costume incriminé serait plutôt moins couvrant que les tenues obscures qui, de plus en plus nombreuses, sillonnent les villes.

Comme ses semblables, Manuel Valls se fout pas mal des tenues islamistes. En revanche – et il est bon de le répéter -, seul le risque d’un soulèvement populaire en Corse a déclenché cette affaire… qui désormais lui échappe. Avec les “emburkinées”, le voilà tout nu face aux contradictions de son idéologie. C’est indécent. De toute évidence, c’est lui qu’il faut voiler.

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