Dans le nord-est de Paris, la mairie ne semble pas venir à bout de l’épidémie de crack. Après l’évacuation de la colline du crack puis des jardins d’Éole, les trafics se déplacent ailleurs. Existe-t-il de véritables solutions pour éradiquer le phénomène ?

Réponses de Rudolph Granier, conseiller de Paris, au micro de Boulevard Voltaire.

 

 

Le nord de Paris connaît une véritable épidémie de crack, depuis quelques années. Que s’est-il passé pour que l’on en soit arrivé là ?

Il y a la volonté de la part de Mm Hidalgo de pourrir la situation et peut-être même de rechercher un drame. Beaucoup de drames se sont déjà produits dans le nord-est de Paris, liés à un laisser-aller sur la toxicomanie. Mme Hidalgo cherche vraiment le malheur pour servir sa majorité municipale et son idéologie, à savoir autoriser la consommation de drogue dans des espaces contrôlés, c’est-à-dire dans des salles de shoot.
Plusieurs éléments sont contradictoires et ne relèvent pas d’une responsabilité politique de la part du maire de Paris. Aujourd’hui, le nord-est de Paris est sous le joug du crack. Les solutions proposées par le maire de Paris ne correspondent en rien à la réalité des solutions et à la réalité du terrain. La réalité du terrain est qu’il est très difficile d’arrêter les dealers parce que cela nécessite un flagrant délit. La plupart du temps, ces dealers se présentent sous des identités différentes ou sont des ressortissants étrangers en situation irrégulière. Par conséquent, ils sont perpétuellement traqués par la police.
Parallèlement à cela, Mme Hidalgo accueille tous les réfugiés du monde. Sa communication pose encore une fois des difficultés. Elle crée des problèmes et n’amène pas de solutions aux problèmes et dit ensuite que c’est à l’État de le gérer et non à elle. C’est assez incroyable.
Les difficultés du crack sont d’abord son prix, la façon dont cette drogue est produite et l’addiction immédiate qu’elle procure sur des publics majoritairement en grande précarité ou en faiblesse psychologique et psychiatrique.

Il y a un an, la colline du crack, dans le 18e arrondissement de Paris, a été évacuée. Il y a quelques mois, c’était le jardin d’Éole qui avait été évacué. Est-ce une course sans fin ?

Oui, tout à fait. Cela durera jusqu’à ce que Mme Hidalgo puisse servir son idéologie, à savoir ouvrir des salles de shoot. C’est là que l’on voit une contradiction très importante. Les salles de shoot ne sont pas du tout faites pour la consommation de crack. Mme Hidalgo souhaite de fausses bonnes réponses anciennes à une nouvelle problématique. Elle n’est même pas en capacité d’analyser sur le plan sanitaire et social. Aujourd’hui, il est interdit de consommer du crack dans la seule salle de shoot que nous avons à Paris. Cela n’est pas autorisé par la loi. Cela n’est valable que dans un seul et unique cas, le cas de polytoxicomanie. Si vous vous injectez de l’héroïne, vous pouvez fumer du crack. En revanche, vous ne pouvez pas fumer du crack dans une salle de shoot.
Mme Hidalgo demande plus de salles de shoot. Les salles de shoot relèvent d’un cadre expérimental qu’elle souhaite prolonger au-delà de 2022. Elle n’a pas la possibilité légale d’ouvrir des salles de shoot et elle le demande ! Elle va contre la loi qu’elle connaît très bien. 

Si les salles de shoot ne sont pas une solution, que proposeriez-vous pour régler le problème du crack, pour endiguer cette épidémie ?

La dépendance au crack relève d’un mécanisme très particulier qu’il convient justement d’analyser. Des études nous indiquent qu’il y a des ressorts psychologiques et psychiatriques très importants.
Nous proposons la nécessité d’utiliser des hospitalisations d’office et des interdictions de paraître dans certains quartiers de Paris. Il y a un lien très fort entre le territoire et la consommation.
Il n’existe pas de produits de substitution sur une consommation de crack. Que vont faire les gens dans une salle de shoot avec du crack si ce n’est se droguer de façon quasi légale ? Il ne faut pas oublier que les médecins ne sont pas là pour assister des gens dans la consommation de drogue, mais ils sont là pour les aider. Ce que ne dit pas le rapport de l’INSERM, sur lequel se base Mme Hidalgo pour dire que la salle de shoot est un succès, c’est qu’il n’y a plus de médecins, depuis un an, dans la salle de shoot à côté de Lariboisière.

1 septembre 2021

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.