Après sa visite en Irak, remet le couvert à Marseille. Certes, n’est pas Bagdad, mais quinze morts par balles depuis le début de l’année ne font pas de la « cité phocéenne », comme disent les journalistes, un endroit des plus riants…

Voilà qui a tout de même un petit air de déjà-vu. En effet, combien de visites du genre, toutes plus officielles les unes que les autres ? Occasion d’assurer que, cette fois, les pouvoirs publics y « mettront les moyens ». D’où ces centaines de millions de francs, puis d’euros, déversés dans la fameuse «  de la ville ».

Comme d’habitude, l’Élysée affirme que « l’urgence est sécuritaire, éducative, sanitaire et sociale ».

Comme d’habitude, le journaliste Xavier Monnier, auteur des Nouveaux Parrains de Marseille, s’épanche, ce 1er septembre, sur les ondes de RTL, s’émerveillant de cette jeunesse marseillaise qui est « une richesse culturelle » tout en nous expliquant que la richesse en question a un urgent besoin d’être subventionnée par l’argent public. Comme quoi on peut être riche et nécessiteux à la fois.

Comme d’habitude, Macron ne peut s’empêcher de faire du Macron : «  est une ville extraordinairement attachante. On y voit le tressage d’une grande bourgeoisie avec des quartiers très populaires. Ça ne circule pas à l’intérieur de ces catégories, néanmoins, une identité unique se trame dans l’œil de la bonne Mère. » Là, il faudrait savoir. S’il y a « tressage », c’est que ça circule. Et si ça ne circule pas, c’est que « tressage » il n’y a pas. Pis, notre Président, qui se targue de parler « cash », persiste à utiliser l’expression de « quartiers populaires » pour évoquer ceux qui sont tout bonnement submergés par l’immigration, cette « richesse » qu’on sait.

Comme d’habitude, notre confrère, le criminologue Xavier Raufer, n’en finit plus de se répéter : « Contrairement à ce que dit Gérald Darmanin, Gabriel Attal ou le Président de la République, le problème qui préside à toutes les tueries que l’on connaît à Marseille, ce n’est pas le trafic de drogue. Le problème est l’existence de cités hors contrôle dans lesquelles les bandits peuvent faire n’importe quoi : trafic de drogue ou autre. »

Pis, tel que révélé par le journaliste Philippe Pujol, spécialiste de la cité phocéenne : « Les politiques marseillais ont intérêt à être au mieux avec les gens puissants localement, et parfois, ce sont les dealers. Des élus locaux n’hésitent pas à oublier que le patron de telle association est aussi le patron d’un deal, d’un réseau de trafic de drogue. Il y a des édiles qui luttent contre les réseaux et d’autres qui les favorisent. » Comme d’habitude, rien de bien neuf à Marseille, depuis Simon Sabiani et Gaston Defferre…

Un peu moins comme d’habitude, Libération en vient à admettre l’évidence, dès novembre 2018, en faisant quasiment sien le constat d’un habitant des fameux quartiers Nord : « La sécurité est indispensable. Le problème, c’est que le deal aussi, ça fait vivre les familles, c’est réel. Qu’est-ce que tu veux faire ? »

Comme d’habitude, Christophe Castaner, ancien ministre de l’Intérieur, a dit tout et son contraire de ce cannabis au cœur de tous les trafics. 2015 : « On peut ouvrir ce débat de se poser la question si une organisation de la vente médicale en pharmacie, pour la culture personnelle de chacun chez soi, ne permettrait pas de casser cette spirale délinquantielle que l’on connaît dans nos quartiers. » Et le même, millésime 2021 : « J’y suis défavorable car c’est banaliser son usage. Je suis père de famille, je sais aussi les conséquences de cet usage. »

Mais, comme d’habitude, Éric Zemmour n’a pas tout à fait tort lorsque s’interrogeant sur la libéralisation des drogues douces, en mai dernier, sur CNews : « Moi, mon tempérament, c’est de réprimer et de taper encore plus fort. Je n’ai pas du tout envie que mes enfants fument du cannabis. Je le dis franchement. Mais vraiment, ça ne marche pas ! »

Et, comme d’habitude, on en vient à se demander ce qui marche encore, dans ce pays. Hormis le trafic de cannabis, il va de soi.

1 septembre 2021

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