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Coronavirus - Editoriaux - Politique - 28 mars 2020

Macron dans la presse italienne : quel toupet !

Macron défend sa gestion de la crise et nie tout retard à l’allumage. Constatant que les Français n’en sont pas convaincus, il vient d’accorder un entretien aux journaux italiens, plein d’autosatisfaction. « J’ai abordé cette crise avec sérieux et gravité dès le début, lorsqu’elle s’est déclenchée en Chine », assure-t-il, ajoutant : « J’ai suivi à chaque étape trois principes essentiels : fonder nos décisions sur des avis scientifiques, s’adapter à l’évolution de la crise, prendre des mesures proportionnées ».

C’est sans doute pour cela que, le 6 mars, onze jours avant les mesures de confinement, il est allé au Théâtre Antoine, avec son épouse, assister à une représentation de la pièce Par le bout du nez. Selon des témoins, il aurait déclaré : « La vie continue. Il n’y a aucune raison, mis à part pour les populations fragilisées, de modifier nos habitudes de sortie ».

C’est sans doute pour cela qu’il a laissé organiser, le dimanche 15 mars, le premier tour des élections municipales. On apprenait, avant-hier, des cas de contamination parmi les assesseurs. Même si les médecins ne peuvent assurer qu’ils ont été contaminés le jour du scrutin, ils ont pu contaminer d’autres assesseurs, voire des électeurs. Il paraît que notre Président a suivi l’avis des experts et des partis politiques, car il n’en est pas, bien sûr, responsable. Version macronienne du célèbre refrain : « C’est pas moi, c’est ma sœur / Qu’a cassé la machine à vapeur ».

C’est sans doute pour cela qu’il n’a rien trouvé à redire, le 26 février, au match de football de Lyon face à la Juventus Turin. Il a suivi l’avis de son nouveau ministre de la Santé, pour qui, selon les propos rapportés par Franceinfo, « il n’y a pas de malades identifiés à Turin. Il n’y a pas lieu d’empêcher les Italiens de se rendre à un match de football ». Que 3.000 supporters italiens traversent la frontière, pour venir soutenir la Juventus, n’avait, à l’évidence, aucune importance.

C’est sans doute pour cela que le gouvernement a tant tardé à commander le matériel de protection dont il ne pouvait ignorer la pénurie : incapable de fournir des masques, il les prétendait inutiles. On pourrait faire la même remarque sur les tests de dépistage. Voilà nos dirigeants obligés de tromper leur monde en jouant sans cesse l’Arlésienne. Au point que l’Union de Syndicats de Pharmaciens d’Officine a dû lancer un appel aux entreprises qui auraient acheté des masques avant la crise du coronavirus, et qu’un collectif de soignants réclame au gouvernement les contrats de commandes de masques et de tests de dépistage des trois derniers mois. Apparemment, la confiance ne règne pas !

Ce ne sont que quelques exemples de la capacité de réaction et des « mesures proportionnées » de notre prince. La pièce que Macron est allé voir au Théâtre Antoine, Par le bout du nez, met en scène un tout nouveau président qui, pris d’une démangeaison nasale, alors qu’il doit prononcer son discours d’investiture, doit consulter un psychiatre. Le titre de cette comédie se prêterait, comme la « tirade du nez » de Cyrano, à de multiples variantes. Voudrait-il, en usant du mensonge, mener les Français par le bout du nez ? A-t-il, comme Pinocchio, un nez qui s’allonge quand il ment ? On serait, dans tous les cas, tenté de dire que, dans sa suffisance, il ne voit pas plus loin que le bout de son nez !

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