Le pseudo-Chouan de pacotille s’est soumis : je n’ai pas cherché de catacombes ni de prêtre réfractaire. Il y a quinze jours, à la messe anticipée du samedi soir, un rang sur deux était neutralisé et les fidèles priés de laisser de l’espace entre eux. Le dimanche dernier, c’est devant l’écran de l’ordinateur que j’ai asssisté à la messe. Et que je le referai encore ce dimanche.

Dès lors que l’État ne se montre pas trop incohérent, qu’il prend de vraies mesures de réduction des interactions sociales afin de lutter contre la diffusion trop rapide de l’épidémie, il n’est pas question de contester son autorité. S’il ne discrimine plus en censurant abusivement des messes mais en se montrant laxiste avec d’autres lieux et occurrences favorisant la contagion, il est légitime et il convient de respecter ses injonctions. Fin de l’insoumission.

Les prêtres auront donc célébré leurs messes dominicales devant des caméras vidéo qui captaient sons et images pour les publier en direct sur un diffuseur bien connu. Plan fixe du début à la fin, son de qualité moyenne : nonobstant les talents de nos prêtres locaux et leur respect du scénario inscrit dans le Missel (indications scéniques comprises), la probabilité est faible que le festival de Cannes soit obligé de bousculer son palmarès pour « palmer » une des paroisses de Vannes !

Le truchement d’un écran pour assister à une messe dominicale sans fidèles apparents, ce n’est pas l’idéal et c’est perturbant. Bien sûr, l’enseignement passe, l’homélie est peu différente d’une conférence vidéodiffusée qui serait un commentaire de textes sacrés. Certes, ne sont pas perceptibles les couacs et fausses notes récurrentes de la dame du cinquième rang, ni l’incapacité du monsieur trois rangs derrière vous à démarrer au bon moment. Les autres fidèles sont réduits au seul nombre de personnes connectées à chaque instant. Derrière chacune de ces connexions réduite à numéro d’ordre, c’est une personne ou une famille qui assiste avec nous à cette messe. Elles éprouvent sans doute les mêmes réticences, les mêmes gênes que nous. Demander à ses frères de prier pour nous, c’est plus compliqué quand ils sont dans leur salon au lieu d’être présents dans le sanctuaire. Enfin, l’union des fidèles qui participe à leur Communion prend du plomb dans l’aile en ces temps troublés. Mais soyons justes : cela ne doit pas non plus être facile pour les prêtres de dire la messe ainsi.

Heureusement, Monseigneur Raymond Centène, évêque de Vannes, a composé et commenté un acte de communion spirituelle bien utile pour aider ses fidèles à se passer de cette participation à l’Eucharistie. Merci, Monseigneur ! La perspective des messes de Pâques dans de mêmes conditions est bien triste, mais il nous faudra bien nous adapter. Pour les confessions, on se prend à rêver : à La Chaise-Dieu, la salle des échos permettait bien de confesser les malades contagieux à bonne distance sans que la discrétion nécessaire ne soit menacée…

Aujourd’hui, sur un certain réseau social, circulent des photos d’un prêtre américain qui a inventé le drive-in de la confession : sur un parking, une voiture à la fois, la suivante à vingt mètres derrière et lui à deux mètres du véhicule du pécheur.

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