Editoriaux - Société - 30 janvier 2019

L’or blanc : un pognon de dingue

Le cru millésimé Taubira est arrivé : « la procréation sans sexe ». Il s’agit, d’après le rapport du professeur Touraine, de dessiner la “condition humaine de demain à laquelle nous consentons à nous soumettre [presque un « nous » de majesté, NDLA] et l’humanité que, tout à la fois, nous voulons transformer”. Mazette ! On se gratte la tête : en quoi cette route du sperme — nouvel or blanc — dépasse-t-elle nos “limites biologiques” et constitue-t-elle une révolution ? On en aurait trouvé l’alchimie, cela méritait un prix Lépine avec brevet, mais le bricolage d’enfant relève du Meccano® et du « pognon de dingue » des lobbys. Et imposer un jeu de piste pour trouver son père, c’est caprice de dieu, pas découverte scientifique. Pas de quoi crier cocorico !

Une vraie révolution serait que les gilettes et les gilets jaunes, le populo et les élites, la périphérie et la stratosphère se disent que rien de ce qui est humain ne leur est étranger. Que la route du sperme mondial concerne leur vie. Dans un bel article du Figaro de ce week-end, Jean-Michel Delacomptée va à l’encontre de l’idée que les gilets jaunes représenteraient la France invisible. Bien au contraire, écrit-il, c’est parce qu’il était visible sur tous les écrans à travers la vidéosphère et le numérique que « ce peuple s’est jugé légitime à s’affirmer politiquement ». Et d’écrire : “Ceux qui sont invisibles […] les oubliés dans cet univers de l’image soumis à l’adoration de la marchandise, ce ne sont pas les couches populaires mais […] les serviteurs du savoir et de la raison.” Or, c’est de ces « invisibles » que nous avons besoin. Loin de l’auteur de Notre langue — et de nous-même — l’idée de nier les difficultés de la France périphérique. Mais il serait faux de penser que nous n’avons besoin que d’un horizon consumériste dans une société qui s’éloigne de la civilisation des Lumières. Les lobbys règnent en maîtres partout. Pour madame Mécary, icône des LGBTQI, les forces réactionnaires vont céder le pas, bientôt, au jour où tout sera permis… pour notre bonheur… quand l’absence de père sera institutionnalisée. Est-ce cela que nous voulons ? Ne pensons pas que ces questions de bioéthique ne « nous concernent pas », ou arrêtons de râler en rond contre la baisse du pouvoir d’achat et contre la mondialisation. Le marché de la procréation fait partie intégrante du programme des élites mondialisées auxquelles appartient le Président Macron. Puisque tout s’achète, quel prix a un gilet jaune sur le marché ?

La loi de la PMA passera comme une lettre à la poste, prophétise le professeur Touraine. Et la GPA dans la foulée ? Hardis, les gars ! En matière de bioéthique, il faut être à l’avant-garde. Fort bien ! Mais cette réforme doit garder la “saveur de l’esprit national”. Encore mieux ! Après l’esprit à la française, l’élégance à la française, l’éthique à la française. Et le cynisme… à la française ? On attend nos gourmets au tournant des saveurs du “en même temps”.

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