Londres va taxer les voitures électriques et s’inquiète déjà des conséquences
« En achetant une voiture électrique, vous économiserez à chaque recharge. » L’argument est censé convaincre l’acheteur effrayé par le surcoût important à l’achat d’un véhicule électrique par rapport à son équivalent thermique : il s’y retrouvera à l’usage. Et il est vrai que si l’on ne considère que le poste recharge de la batterie, la part de taxe sur l’électricité (accise + CTA + TVA) n’est, en France, que de 33 %, contre 45 à 50 % sur le gazole et 55 à 60 % sur le SP95.
Une taxe kilométrique sur l’électrique en 2028
Mais cet avantage fiscal va bientôt disparaître, au Royaume-Uni. Le gouvernement travailliste vient de confirmer qu’une taxe kilométrique sur les voitures électriques entrera en vigueur à partir du 1er avril 2028.
La mesure s’appliquera à taux plein sur les modèles tout électriques et à 50 % sur les modèles hybrides rechargeables. Les modèles hybrides non rechargeables ne seront pas taxés, puisque rechargeant eux-mêmes leurs batteries avec l’inertie de leur moteur thermique.
Le taux plein a été fixé à 0,03 livre sterling (3 pence) par mile (équivalant à environ 2,2 centimes d’euro par kilomètre) et 0,015 livre pour les hybrides rechargeables.
Pour 12.500 km parcourus par an, soit la distance moyenne parcourue par un automobiliste particulier, la taxe représentera 275 euros.
🔴🇬🇧 FLASH | Le Royaume-Uni instaurera une taxe kilométrique sur les voitures électriques à partir du 1er avril 2028.
Les véhicules 100 % électriques seront taxés à hauteur de 0,03 livre sterling par mile, contre 0,015 livre pour les hybrides rechargeables.
Pour 13 000 km… pic.twitter.com/KfK1JFdPSV
— Jon De Lorraine (@jon_delorraine) July 19, 2026
Le kilométrage effectué devra être déclaré chaque année (comme les revenus pour le paiement de l’impôt sur le revenu) et pourra faire l’objet d’une vérification lors du contrôle technique. Le gouvernement a admis la relative faiblesse d’une mesure basée sur du déclaratif et d’un système de contrôle rendu partiellement aléatoire du fait de la fréquence des compteurs kilométriques trafiqués.
Cette mesure doit servir à l’entretien du réseau routier, annonce le pouvoir, mais elle vise en réalité, surtout, à compenser la baisse des recettes fiscales sur les carburants. Ce tarif de 3 pence par mile sera retenu pour l’exercice 2028, mais le gouvernement a confirmé qu’il ferait ensuite, dès 2029, l’objet d’une revalorisation annuelle qui tiendrait compte de l’inflation.
L’assujettissement à cette taxe dépend du lieu d’immatriculation du véhicule, précise la BBC. La taxe s'applique ainsi à tout véhicule électrique ou hybride non rechargeable immatriculé au Royaume-Uni, même si celui-ci est conduit dans un autre pays. Inversement, un véhicule immatriculé à l'étranger puis utilisé au Royaume-Uni sera exonéré de taxe.
Le spectre d’un baisse des ventes
En annonçant l’entrée en vigueur d’une telle mesure pour 2028, le gouvernement britannique anticipe le passage du marché automobile au tout électrique prévu à partir de 2030. Conformément aux exigences du Pacte vert européen (dont le Royaume-Uni pourrait pourtant s’affranchir, du fait du Brexit), l’interdiction à la vente de véhicules thermiques (essence et diesel) est théoriquement maintenue à cette échéance.
Mais le sujet fait débat, outre-Manche. L’annonce d’une taxe sur la recharge électrique fait en effet réagir, autant parmi les automobilistes que chez les professionnels.
Le Guardian fait ainsi remarquer que si la mesure ne fait pas trop de remous dans les milieux urbains, où les automobilistes roulent peu, les choses sont bien différentes dans les régions rurales où un fort kilométrage annuel est fréquent et contraint. Le montant annuel de la taxe pourrait ainsi varier de un à trois entre les premiers et les seconds.
Les professionnels, qu’ils s’agissent des constructeurs, des revendeurs, des loueurs ou des gestionnaires de flottes d’entreprises, se montrent inquiets et, pour certains, franchement furieux, comme le rapporte la presse spécialisée.
Pour la plupart d’entre eux, cette nouvelle taxe pourrait rendre les voitures électriques moins attrayantes. Façon polie de rappeler que la hausse des ventes de voitures 100 % électriques est, au Royaume-Uni comme d’ailleurs en France, largement soutenue de façon artificielle, que ce soit par des systèmes de prime ou par une taxation nulle ou avantageuse.
Une transition électrique artificiellement subventionnée
L’affaire est suffisamment sérieuse pour alerter l'Office for Budget Responsibility (OBR), l’organisme public britannique en charge des prévisions économiques de l’analyse des finances publiques du Royaume-Uni. En cas de basculement effectif vers le tout électrique, l’OBR estime que la taxe sur l’électrique rapporterait 1,1 milliard de livres sur l’exercice 2028/29, puis 1,9 milliard sur 2030/31.
Mais l’organisme prévoit aussi que le renchérissement du coût d’usage provoqué par cette mesure conduira à une baisse des ventes relativement importante, de l’ordre de 440.000 véhicules. Pour éviter un tel scénario, l’OBR préconise des mesures gouvernementales de compensation, et notamment une augmentation de la subvention pour les voitures électriques.
Bref, une fois encore, un soutien artificiel des ventes, financé par l’impôt, reste la seule voie envisagée par les gouvernants pour imposer aux automobilistes une transition électrique dont ils n’ont pas les moyens.
Bercy ne bouge pas et observe
Cette évidence répond d’elle-même à la question que beaucoup se posent : que va faire la France ? À un an de l’élection présidentielle, Bercy ne bouge évidemment pas d’une oreille.
Tout au plus la Cour des comptes a-t-elle évoqué la taxe kilométrique comme une piste possible pour compenser le manque à gagner fiscal que génère l’augmentation des ventes d’une voiture électrique échappant à l’accise.
Mais pour l’instant, le système actuel est maintenu, et gageons que Paris scrute l’expérience londonienne avec attention. Le contenu de la loi de finances 2027 donnera-t-il le signal d’un changement de stratégie fiscale ? Pas impossible, l’hypothèse s’annonce cependant très risquée, et donc très peu probable.
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62 commentaires
Un gouvernement un peu moins malhonnête au moins sur ce sujet , à l’inverse nos dirigeants nous harcèlent pour passer à l’électrique sachant très bien que l’on manque déjà d’électricité et que ça ne peut pas s’arranger malgré le bluff des éoliennens et parc panneaux électriques ,ces 2 dernières énergies pertubant , déréglant en plus les circuits électriques classiques
Alain Proviste
Je suis très content d’habiter près de l’Espagne : le carburant y est moins cher, les taxes aussi. Hormis les provisions de bouche, j’achète tout là bas .Les artisans espagnols aussi sont 30% moins chers que les Français. Tout cela me désole mais les gouvernements se succèdent et les prélèvements augmentent. Acheter espagnol est ma petite vengeance et une grosse économie.
Les accises sur le carburant rapportant quelques 40 milliards à l’Etat, il faudrait être naïf pour penser que le tout électrique n’obligerait pas notre Etat dispendieux à récupérer cette manne sur le prix du kilowatt.. Et là on sera coincé, car pas d’échappatoire.. Un plein sur batterie coûtera au moins aussi cher qu’un plein d’ essence dans peu d’années..
C’est à peu près certain.
Mais cela fait des années que Bercy a dans ses cartons d’obliger les conducteurs de voitures électriques à déclarer le nombre de leurs kilomètres parcourus dans l’année, pour les taxer ! Ils s’imaginaient quoi, ces conducteurs ? On est en France, pas sur la Lune !
Je l’avais déjà écrit ici: l’état à un moment sera contraint de remplacer les taxes sur le carburant. L’électricité sera obligatoirement mise à contribution. Je garde mon vieux diesel en attendant de savoir à quelle sauce seront croqués les possesseurs de véhicules élec!
Afin d’apporter de l’eau au moulin de « La Vraie France », il est bon de savoir que des essais ont été faits avec de l’huile de friture (filtrée, etc…) et que ça fonctionne, mais que c’est interdit car non-générateur de taxes.
Il est évident que tout changement de carburant, quel qu’il soit, entrainera la continuité des taxes, dans tous les pays où les gouvernements sont dans l’incapacité intellectuelle totale de les remplacer par des économies (permettant de réduire notablement voire de supprimer les taxes). Une fois qu’on a dit ça, il me parait important de dire, comme je le pense depuis toujours, que l’avenir de l’automobile, ce n’est en aucune manière l’électrique, c’est quelque chose entre l’hydrogène et le carburant végétal non alimentaire (cette 2e solution étant, à ce jour, celle qui me semble la plus raisonnable et la plus facile techniquement). Il faut juste donner aux scientifiques encore un peu de temps pour rendre l’une ou l’autre de ces solutions vraiment viable, mais je suis persuadée que c’est possible, à condition qu’il y ait une vraie volonté politique pour cela.
Bisounours…….Gogos……Naifs……et autres innocents…….!!! avec un peu de bon sens ce n était pas difficile d imaginer l arnaque des voitures électrique………!!! D autres surprises en vue………………???
« pour imposer aux automobilistes une transition électrique dont ils n’ont pas les moyens. » pour imposer aux automobilistes une transition électrique dont ils n’ont aucune envie, car c’est une impasse technologique.
bercy se frotte les mains, eux, qui croyaient avoir épuisé toutes les idées de nouvelles taxes !!!! chic, une idée…..qui va aussi venir en France….à la rentrée ?
les pigeons qui ont acheté des électriques ou hybrides…. comptez-vous !
C’é(ait évident depuis le début
Mais ce matin le nouveau premier ministre, Andy Burnham, annonce la suppression de la TVA sur l’électricité, de 5% à zéro. Ne rêvons pas, ici ce sera 20% continus, le racket fiscal étant une institution. Tout comme la fiscalité sur l’essence, une belle augmentation d’impôts opportuniste.