Loi Taubira et gilets jaunes : un goût de revanche du côté du CESE…

Les militants opposés aux graves dérangements anthropologiques initiés par la loi Taubira ouvrant le mariage aux personnes de même sexe ont, en travers de la gorge, la mise à la poubelle, par le président de l’époque du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Jean-Paul Delevoye, d’une pétition qui avait réuni tout de même plus de 700.000 signatures, en collusion avec le Premier ministre. En quelque sorte, le coup de grâce porté à la démocratie directe après sa condamnation à mort et son exécution par Nicolas Sarkozy et les parlementaires ayant voté le traité de Lisbonne. La Justice a eu beau condamner cette décision, son nouveau président peut bien reconnaître la faute, le mal est fait, la tache est indélébile et le CESE sera toujours la chambre servile qui a sacrifié son indépendance par opportunisme politique. Vae victis, malheur aux vaincus.

En charge de bricoler un dialogue de sortie de la crise des gilets jaunes, le CESE, toujours aussi soumis, a mis en œuvre les mêmes recettes qui n’ont pas fonctionné lors des États généraux de la bioéthique. Je m’en étais fait l’écho il y a peu ici, dénonçant l’imposture qui, comme le diable, se niche dans les détails. Peut-être comptait-il sur un foisonnement de propositions pour noyer celles qui pourraient fâcher ? Erreur ! Celle qui est parvenue en tête à la fin de cette période d’expression des doléances est une de celles proposant l’abrogation de la loi Taubira. Une autre, portant sur une inversion radicale et une redynamisation de la politique familiale, se juche aussi sur le podium.

Refrain connu de la bien-pensance : il s’agirait d’une surmobilisation de réseaux très actifs qui n’ont rien à voir avec les gilets jaunes. Parce que ces résultats leur déplaisent, ces gens-là font semblant de croire qu’il était nécessaire d’avoir un brevet d’occupation de rond-point de première classe pour pouvoir s’exprimer. C’est toujours le même sous-jacent, le « pas de liberté pour les ennemis de la liberté » de Saint-Just que le camp du bien autoproclamé ressort périodiquement sous divers avatars dès que ses visées totalitaires sont contrariées. Nous l’avons vu à l’œuvre avec les États généraux de la bioéthique, il récidive. Il est donc probable que le CESE élude, censure, occulte, nie, jette aux oubliettes ce qui déplairait à ses mandants. Il peut le faire, et ce n’est pas une galéjade de Francis Blanche : il l’a prouvé !

Il a, d’ailleurs, déjà commencé. Vendredi, suivant des témoignages relayés ici par Juristes pour l’enfance, il était très difficile d’accéder à ces propositions, le site affichant des messages faisant état de difficultés techniques. Samedi, faire apparaître ces propositions relevait de la gageure : les options de tri par les critères « les plus votées » et « les plus commentées » sont inopérantes, alors que toutes les autres options de tri fonctionnent correctement. Comment ne pas s’en étonner, sans pour autant tomber dans la paranoïa. Pauvre démocratie directe ! Quitte à bégayer la conclusion de mon précédent billet, ne soyons pas dupes !

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