« Y aura-t-il assez d’iPhone X pour Noël ? » C’est la question que se posent très doctement de nombreux depuis la divulgation de retards dans la commercialisation du dernier avatar d’un jouet qui fête cette année son dixième anniversaire.

Pis : au rythme où la marque à la pomme fabrique l’iPhone X, de nombreux consommateurs pourraient passer les fêtes sans pouvoir pianoter sur le smartphone dont ils se languiront à la manière de Vladimir et d’Estragon attendant Godot – avec le pseudonyme de Godot, Samuel Beckett se référait sans doute à Dieu (God-ot), donnant à sa pièce une dimension métaphysique.

Il y a moins d’une génération, nos parents regardaient, tantôt attendris, tantôt amusés, des Bochimans s’entre-déchirer à propos d’une bouteille de Coca-Cola tombée du ciel – un cadeau de Dieu, sans doute – dans Les dieux sont tombés sur la tête. Nous en sommes arrivés là aujourd’hui.

Notre époque, qui a tué son Dieu, n’a eu de cesse d’enlasser les religions et figures religieuses d’ailleurs – islam, dalaï-lama… -, et de se créer, parallèlement, un nouveau polythéisme, au sein duquel Steve Jobs trône tel Zeus, entouré de Neymar – qui nous fait regretter le PSG du grand Rai -, Michael Jackson – l’homme ni blanc, ni noir – ou Obama.

Notre civilisation a peut-être déjà perdu la guerre qui lui est menée car elle ne croit plus en rien, entend-on souvent, avant qu’il soit ajouté à la sentence que personne ne mourra pour un iPhone. Avec la pénurie qui s’annonce, certains finiront peut-être bien par se battre pour un objet à mille euros pièce.

Tout a été dit, ou presque, sur cette époque, que l’on pourrait qualifier, par analogie au temps historique qui s’est terminé il y a un siècle, de « bête époque », mais celle-ci ne manquera jamais de nous surprendre.

La recrudescence de la sur notre sol, avec une multiplication des actes terroristes, aura à peine relancé le débat, suscité une prise de conscience ou relevé l’exigence morale qui sied en des temps troublés.

Pendant que l’on s’interroge sur la sortie du nouvel iPhone, les Belges peuvent, quant à eux, se rassurer. Burger King vient d’ouvrir ses premiers « restaurants » dans le plat pays. La marque a même affrété des bus pour acheminer les adeptes de la malbouffe depuis le centre-ville de Bruxelles jusqu’à Auderghem, où est situé le nouveau lieu de culte.

À défaut d’avoir le dernier iPhone entre les mains, autant, il est vrai, s’engraisser à coups de Whopper.

17 septembre 2017

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