L’intelligence artificielle à l’école : le défi des enseignants
Hier, nous avons pu lire une réponse donnée par une IA. Voici quelques remarques sur cette production.
1) La première est qu’il faut… relire, c’est-à-dire prendre le temps de porter un regard critique sur ce que la machine produit. Un robot ne réfléchit pas, n’a pas de conscience et ne possède pas le « principe de responsabilité ». Il peut fournir des informations fausses et vous donner raison si vous lui objectez avec des arguments contraires, sans assumer une position ou faire un choix qui sont des actes spécifiquement humains.
2) Une bonne utilisation de l’IA présuppose d’avoir accumulé des savoirs fondamentaux. Malheureusement, beaucoup ne croient plus que le savoir ait une valeur intrinsèque mais qu’il doit être considéré seulement à l’aune de son utilité. Dans ces conditions, apprendre la grammaire n’a plus d’intérêt, puisque la machine est capable d’écrire mieux que nous, et sans faute d’orthographe de surcroît. Or, sans formation rigoureuse en grammaire et sans un vocabulaire riche, l’élève aura du mal à développer un raisonnement logique.
3) Dans l’article, il y a une ambiguïté sur l’usage de l’IA au primaire par les élèves. N’oublions pas que l’intelligence humaine n’est rien sans cette autre faculté de l’âme qu’est la volonté. Or, l’éducation de la volonté est un enjeu majeur de la scolarité d’un jeune. La prudence commanderait que l’IA ne soit pas mise à la disposition des élèves de primaire et des collégiens dans le cadre scolaire.
4) Envisager une « alliance » avec l’IA ou qu’elle soit un « interlocuteur » des élèves est un danger. Le professeur n’aura pas trop de peine à montrer que l’IA n’est pas un oracle, mais le texte suggère qu’elle devienne un « interlocuteur ». Cette « anthropomorphisation » de l’IA risque de faire oublier à l’élève qu’un algorithme n’est pas capable de sagesse.
Le défi des enseignants
Les professeurs de lycée font face à un immense défi : faire en sorte que les lycéens ne cèdent pas à la facilité, conservent et développent le sens de l’effort intellectuel qui donne sa robustesse à une pensée. Lacordaire disait : « Le savoir est un fruit dont la racine est amère. »
Mais quelle personne sensée - surtout si elle est jeune - choisirait l’effort plutôt que la facilité ? L’éducation de la volonté dont nous parlions plus haut passe notamment par le rappel fréquent à l’élève de ses « devoirs », qui précèdent ses « droits ».
Le désir de savoir, qui commence par l’étonnement, disait Platon, est indispensable pour avoir les moyens de juger. Et pour juger, il faut être bien formé afin d’adhérer à une chose en s’appuyant sur de bonnes raisons.
C’est pourquoi l’apprentissage de l’utilisation de l’IA devrait se faire avec parcimonie au lycée. Cet outil peut sans doute apporter une aide ponctuelle à un élève, mais l’expérience récente d’Internet a montré que le savoir facilement accessible n’a pas rendu les personnes plus cultivées.
Les professeurs ont donc la difficile mission de faire comprendre aux élèves qu’ils doivent avoir le courage d’accepter l’amertume d’un dur labeur pour goûter au fruit savoureux de la connaissance honnêtement découverte. Sinon, ils se gaveront sans effort de fruits amassés par d’autres et cela atrophiera leur esprit critique, le sens du travail bien fait, et leur laissera un goût amer quand ils entreront dans le monde du travail où deux dangers les guettent à ce sujet :
1) Plusieurs personnes qui travaillent avec l’IA dans leur métier m’ont affirmé que leurs collaborateurs plus anciens savaient mieux utiliser cet outil que les jeunes qu’ils recrutent, fussent-ils « geeks », car leur esprit critique a été affûté par leur bagage culturel et par l’expérience.
2) Luc Ferry raconte l’anecdote suivante dans Le Figaro du 28 mai 2026 : « Le patron d’un grand cabinet d’avocats me disait : "Que voulez-vous que je fasse quand Claude met un quart d’heure à faire le travail qui prendra huit heures à un jeune assistant juridique, même talentueux ?" Je vous laisse deviner la réponse : son cabinet ne recrute plus de jeunes. »
Certains métiers vont devenir plus rares et les jeunes ayant pris l’habitude de lire et possédant un esprit bien structuré auront plus de chances de les décrocher. En ce sens, les paroles de Romano Guardini (1885-1968) résonnent étrangement : « L’homme moderne n’a pas reçu l’éducation nécessaire pour faire un bon usage de son pouvoir. »
Évitons l’erreur de transposer à l’école notre vision d’adulte sur l’IA. Formons bien les professeurs et aidons-les à mettre cet outil à sa bonne place à l’école. Ils pourront ainsi apprendre aux lycéens comment l’utiliser et à « choisir d’en être esclave ou d’en être maître ». C’est le meilleur service que nous puissions leur rendre.
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11 commentaires
Pour avoir lu et entendu des utilisateurs de l’IA pour avoir une réponse précise et claire il faut une question précise et claire c’est donc que l’utilisateur doit être bien formé en amont et devra avoir les connaissances et compétences nécessaires pour une bonne utilisation de cet outil
L’IA n’a rien à faire dans nos écoles.
Permettez-moi de le répéter et de le souligner encore une fois : faites travailler vos méninges et réfléchissez longuement et attentivement aux bénéfices de l’IA et au fait qu’elle sera surtout utilisée là où une surveillance constante des personnes est possible.
Je suis certain, et plus que convaincu, que cette nouvelle hystérie qu’est l’intelligence artificielle mènera l’humanité à sa perte. N’oubliez JAMAIS que la publicité omniprésente vantant sa « nécessité » et ses « avantages » est financée par les inventeurs aveuglés de cet outil totalement inutile et dangereux. Faites travailler vos méninges pour imaginer à quoi il servira…
PS: Quant à son utilité pour les voyages spatiaux habités… En raison de sa nature biologique, AUCUNE forme de vie terrestre ne pourra JAMAIS aller plus loin que la Lune et, surtout, cela n’apportera absolument aucun bénéfice à l’humanité. Quelle vanité stupide.
Dans les années 1983 Mr FABUIS a fait livrer les ordinateurs T07 de THOMSON dans les écoles avec des « profs » pas formés et même si l’idée était bonne ce fut un fiasco !! Et pour l’IA , les profs sont formés ???
Tout ça est bel et bon. Mais ne présage rien de bien… car ça ne sera pas appliqué. Attention à ne pas chosir des voies sans issues ( droit, médecine, compta, administratif…). Et même en travail manuel ( robot dentaire, service en salle, maçonnerie). Chauffeur de taxi, -de bus… Drôle de monde où se dirigent nos djeun’s !
l’IA sera notre tombeau si nous n’y mettons des garde fous rapidement ,,tout comme l’ordinateur a créé des chomeurs !!! et les kékés au pouvoir ont créé de la dette en croyant s’enrichir un jour ?Il va falloir un jour réagir a toutes ecs absurdités qui nous mènent dans le mur en permanence!!!
Il faut avoir beaucoup de savoir et d’expérience pour juger de la restitution d’un LLM : c’est contre-intuitif. Mais les erreurs et autres hallucination sont parfois très difficiles à détecter.
Alors voir des ados peu lettrés, sous cannabis, et paresseux, utiliser ce type d’outil me semble des plus loufoque.
Autant demander au chimpanzé du coin les prévisions météo de la semaine prochaine…
L’intelligence artificielle à l’école.
En prérequis,il faudrait que les professeurs aient de l’intelligence naturelle, celle cachée entre leurs deux oreilles.
Avec cela, il faudrait que leur auditoire ait la capacité d’absorber le savoir transmis.
Merci M.Valadier pour ce texte que j’approuve totalement. J’ai presqu »envie de dire Alléluia puis Amen
belle analyse… triste perspective !