Face à la menace de fermeture, le porte-parole des restaurateurs se fait plus royaliste que le roi. Plus hypocondriaque que le malade imaginaire. Au micro d’Europe 1, le 2 octobre, Marcel Bénezet, président de la branche « cafés-restaurants » du groupement national des indépendants, s’en va au-devant des exigences gouvernementales et propose une série de mesures « covido-compatibles » : « Nous allons proposer un cahier de rappel où les clients noteraient leur numéro de téléphone, leur adresse mail et l’heure d’arrivée. En cas de suspicion de Covid ou de cas avéré dans notre établissement, on pourrait rappeler les clients qui étaient là ce soir-là. » Kafka n’aurait pas imaginé situation plus rocambolesque. Un standard dans l’arrière-cuisine, des hôtesses qui rappellent les 150 clients de la veille… Un détective privé en charge de retrouver les injoignables.

Pour sauver leur activité, les restaurateurs font le choix bien compréhensible de s’aligner sur le climat de panique instauré par les tenants de la paranoïa sanitaire. Que peuvent-ils faire d’autre ?

La prise de température systématique dès l’arrivée dans l’établissement est également évoquée. Pour complaire au sieur Véran, serveurs et serveuses accueilleront le client en blouse blanche s’il le faut. Stéthoscope autour du cou, si nécessaire. Un pizzaïolo qui ne justifie pas de deux années de médecine sera remercié. Au menu, fromage ou chloroquine. Le porte-parole de la profession pourrait se voir contraint d’émettre les propositions les plus insensées pour sauver le secteur.

Soucieux de démontrer que lui aussi peut rivaliser d’idées saugrenues, Marcel Bénezet abat son joker : la nomination, dans chaque , d’un garde-chiourme, appelé pompeusement « référent », dont la mission consistera à rappeler à l’ordre tout employé qui ne respecte pas les règles sanitaires à la lettre. Le représentant ne précise pas si ce surveillant sera muni d’un sifflet et d’un berger allemand pour ramener les contrevenants dans la ligne du parti.

Après examen des frais liés à cette série de mesures, le restaurateur constatera avec effroi qu’il réalise une marge bénéficiaire de moins 20 %, passant ainsi du statut de commerçant à celui de suicidaire. En imposant un climat de terreur sanitaire, le gouvernement pourrait ainsi laisser l’alternative entre la fermeture ou la faillite. Disparaître pour cause de cessation d’activité ou défaut de rentabilité. Les restaurateurs vont pouvoir choisir à quelle sauce ils seront mangés.

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