Les Polonais deviennent eurosceptiques : « Polexit » en vue ?
Après le Brexit, le Polexit ? Depuis des années, la question d’une sortie de l’UE est instrumentalisée comme un repoussoir par les eurofédéralistes contre les souverainistes. Et l’actualité politique polonaise vient d’en donner un nouvel exemple. Le 9 mars dernier, le président souverainiste Karol Nawrocki a annoncé qu'il ne signerait pas une loi qui porterait atteinte à la « souveraineté, à l'indépendance et à la sécurité économique et militaire » de la Pologne, en l’occurrence une aide de 43,7 milliards d'euros dans le cadre du programme européen SAFE. À la suite de cette déclaration, le Premier ministre Donald Tusk, ancien conservateur rallié à l’eurofédéralisme, n’a pas hésité à accuser la présidence de « dérive ouvertement anti-européenne ». « Appelons un chat un chat », a alors ajouté Donald Tusk, estimant que « ceux qui disent que ce sont les prémices du Polexit ont malheureusement raison ».
Instrumentalisation progressiste
Interrogé par BV sur ces échanges musclés, Olivier Bault, de l’institut polonais Ordo Iuris, constate « qu’une fois encore, l’objectif du gouvernement est de faire peur aux Polonais en pointant du doigt les conservateurs et en disant "attention, ils veulent sortir de l'Union européenne" ». Pourtant, selon lui, « ce n’est qu’un épouvantail que les progressistes ressortent régulièrement, alors qu’il n’a aucun fondement ». D’une part, « même si Karol Nawrocki est plutôt souverainiste, il n’a pas, et pas plus d'ailleurs que la principale formation de droite, le PiS (parti Droit et Justice), réclamé la sortie de l’UE pour la Pologne ». Par ailleurs, « son veto sur le programme SAFE a uniquement pour objectif d’éviter à la Pologne de devenir dépendante des exigences de Bruxelles ». En effet, en acceptant cette aide, dont le montant correspond au budget annuel de défense polonais, « le pays doit faire une demande de fonds tous les six mois, et devient donc dépendant du bon vouloir de Bruxelles, qui conditionne évidemment son aide à des critères idéologiques ». Une allégeance forcée, donc.
Euroscepticisme : les lignes bougent
Pourtant, s’il était jusqu’à récemment cantonné à une frange ultra-souverainiste, minoritaire au sein de la droite polonaise, le Polexit n’est plus un tabou, désormais. « Il gagne fortement des adeptes depuis deux ans », remarque Olivier Bault.
Cette évolution est très perceptible dans les sondages. Celui réalisé en janvier 2026 par OGB est particulièrement révélateur. En cas de référendum sur l’appartenance de la Pologne à l’UE, 24,5 % des répondants se prononceraient désormais pour une sortie, contre seulement 6,7 % en 2019. Et à la question de savoir s’ils seraient favorables à l’abandon du złoty au profit d’un passage à l’euro, 70 % s’y disent opposés.
Jakie jest dziś nastawienie Polaków do członkostwa Polski w Unii Europejskiej?
W styczniowym badaniu OGB 67,5% respondentów opowiedziało się za pozostaniem Polski w UE, podczas gdy 24,5% poparłoby wyjście z Unii. 8,0% badanych deklaruje brak udziału w referendum. Więcej danych i… pic.twitter.com/XwXQGDK8vB— Stan 360 (@Stan360PL) February 4, 2026
Une étude universitaire du CBOS, datée elle aussi de janvier dernier, montre la forte progression de la défiance envers l’UE, en seulement deux ans : si les Polonais resteraient encore majoritairement partisans d’un maintien dans l’UE, les lignes ont bougé, et plutôt vite. Ils seraient désormais 38 % à estimer que l'adhésion à l'UE limite trop la souveraineté de leur pays, 6 % de plus qu’en 2024. Et ils ne sont plus que 50 % à être d’un avis contraire (-7 %).
Un autre sondage, réalisé en mars dernier par Ibris pour le média Polsat News, donne une autre information intéressante. En effet, alors que la direction du PiS reste officiellement opposée au Polexit, ses électeurs sont bien plus partagés, puisqu’ils seraient désormais 31,1 % à estimer que l’appartenance à l’UE a eu des effets négatifs pour la Pologne, alors que seulement 11,8 % d’entre eux pensent qu’elle a été un bienfait.
📊 Sondage : le soutien au « Polexit » se renforce au centre-droit polonais
Selon un sondage United Surveys, le soutien à la sortie de l’Union européenne en Pologne est désormais plus marqué chez les électeurs du parti conservateur Droit et Justice (PiS) que chez ceux de… pic.twitter.com/ohqnWzQM57
— Anadolu Français (@anadolufrancais) December 22, 2025
Le Polexit au cœur des prochaines élections
La progression de l’euroscepticisme au sein de la droite polonaise va obliger le PiS à réfléchir. « S’il veut reprendre le pouvoir, il a besoin d’alliés », constate Olivier Bault. « Il y a la Confédération, une alliance de nationalistes chrétiens et de libertariens conservateurs, qui ne réclame plus le Polexit [comme le RN en France], mais ne l’exclut pas non plus. » Mais il faut aussi trouver un terrain d’entente avec les royalistes, « la Confédération de la Couronne polonaise, ultra-souverainiste et pro-Polexit », qui constituerait une force d'appoint bien utile. Pour Olivier Bault, « la question du Polexit ne se pose pas encore directement à droite », mais le débat, c'est tout de même de savoir s'il faut « envisager un éventuel Polexit si on ne peut pas réformer l'UE, ou s'il faut l'exclure totalement ».
À ces évolutions, il faut ajouter le fait que les progrès économiques de la Pologne, qui expliquaient jusqu’à présent l’europhilie des Polonais, risquent désormais de se retourner contre l’UE. Comme le fait remarquer Małgorzata Kopka-Piątek, chercheuse à l’Institut d'affaires publiques à Varsovie, « la Pologne devrait devenir un contributeur net au budget de l’Europe à partir de 2034. Donc, l’Union perdra ce qui la rendait populaire en Pologne, à savoir des avantages financiers colossaux dont le pays a bénéficié jusque-là. »
Autant de raisons pour lesquelles le Polexit devrait s’inviter dans le débat des prochaines élections législatives polonaises, qui se tiendront aux alentours de novembre prochain.
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59 commentaires
Si vous attendez une décision ferme de quitter l’UE par le jeune Bardella aurait-il fallu qu’il n’aille pas à Davos et accepter d’être un youg leader
Oui, Bardella a été promu par le système. C’est un faux opposant. Il s’oppose par le discours (critique) mais ne propose pas sortir de l’UE. Dès lors, comment pourra-t’il faire retrouver à la France sa souveraineté si elle reste sous la tutelle de l’UE (qui lui dicte comment utiliser son budget, quelles réformes faire etc) ? … Il ne pourra pas. Le pire, c’est qu’il le sait. Il veut juste faire carrière, et il a choisi le créneau de l’opposition et le clan des souverainistes. La carrière des opposants, dans un système qui ne change pas, est assurée pour longtemps ! …
Ah là là ! si on perd Bardella dans le camp des « souverainistes » et qu’il ne reste qu’Asselineau,
on n’est pas sorti de l’auberge espagnole !!!
Sinon, exemple sur le Brexit ? La majorité des Anglais rêvent de revenir à l’Europe !
Vu par « quoi » l’UE est dirigée (non élue démocratiquement) et les résultats de ce totalitarisme effarant, après le Brexit, vite les Frexit, Polexit et tous les « xit » possibles. On se réveille quand ???
Il faudrait enlever la censure médiatique qui pèse sur François Asselineau et l’empêche de s’exprimer publiquement sur ce sujet. Les arguments sont tellement en faveur du Frexit que c’est un sujet tabou dans les médias français.
L’autoritarisme de la Commission européenne conduira à l’éclatement de l’Europe. Ses décisions vont à l’encontre d’Etats puissants, libres d’agir en fonction de leurs potentialités. Et ces potentialités sont spécifiques, fonction de l’histoire de chacun de ces pays.
Cela se traduit par une forme de désengagement des jeunes créateurs. Tant dans leur puissance à imaginer que dans leurs applications. L’énergie atomique et l’automobile sont ces arbres qui cachent la forêt. Observez le temps qu’il a fallu pour sortir de terre Flamanville. Observez toutes les anomalies relevées dans la construction des automobiles des dernières années et le retard pris dans leurs innovations. Observez le retard dans le développement de l’IA à l’échelle européenne. La qualité, la fiabilité, l’innovation, l’esprit d’entreprendre ne sont plus aux rendez-vous dans cette Union fourre-tout. Pas d’engagement significatif. Et surtout, une gabegie dans les ressources. L’Europe se meurt, écrasée par trop de social, trop de poids morts (l’immigration), trop de parasites (les assos et Cie), trop d’administratif , trop de normes. Et pour coiffer le tout, une liberté d’expression de plus en plus contrainte. Un territoire qui se soviétise à grandes enjambées. On sait par expérience où cela conduit.
Frexit ! et polognit .
Amusant. c’est justement au moment ou les Polonais commencent à se rendre compte que l’Europe n’est pas le « nirvana » qu’on leur promettait, que les Hongrois qui en ont été protégés pendant 16 ans par Orban virent ce dernier pour mettre un pro Européen à sa place. Quand, dans 10 ans, ils prendront conscience de la sauce à laquelle l’Europe les mange, ils pleureront et feront comme les Polonais aujourd’hui. ils auront juste perdu 10 ans.
Bien vrai.
L’UE a manipulé le peuple Hongrois pour qu’il vire Viktor Orbán sans s’en rendre compte !
Elle a sanctionné la Hongrie parce que son Président refusait de se plier à certaines de ses exigences et c’est donc le peuple qui a trinqué… D’où son choix de se tourner vers Magyar.
Les positions de Magyar ne sont pas très différentes de celles d’Orbán (immigration, par exemple), à part le fait qu’il semble plus docile vis à vis de l’UE.
Cet exemple montre que rester dans l’UE en désobéissant (comme le propose Zemmour) est un pari risqué car le peuple ne voudra pas payer le prix de cette désobéissance. Il vaut mieux directement opter pour le FREXIT !
il faut reconnaitre que tous les abus de pouvoir et les violations de la dignité des états par ce qu’il est convenu d’appeler « la commission européenne » sont des facteurs de sortie rapide de ce bazar
L’Europe de l’Est va-t-elle connaître à son tour des conflits politiques anti UE , au sein des nations qui n’ont pas oublier le poids de la botte communiste ?
On n en est pas à dire que certains profites plus que d autres des aides mais plus tôt savions nous au début comment tournerait cette Europe dirigée par une femme qui n a pas été élue et qui fait des accords dans notre dos.
Ah ces ex « pays de l’Est » : de vrais stratèges! Tant qu’ils peuvent pomper le fric de l’U€, pas de problème. Quand ils devront mettre la main à la poche, ce ne sera plus la même chanson. Des stratèges, je vous dis! Pas comme nos éduqués « des grandes écoles » genre Asselineau, Philippot, Aignant : les frexiteurs.
Je verrai bien la France pomper le fric de l’U€ comme le font nos voisins de l’Est en prétextant la dette abyssale creusée par nos « éduqués des grandes écoles »! Pour une fois que nos frexiteurs feraient marcher leur matière grise…
Dupond Aignan critique l’UE mais n’est absolument pas pour le FREXIT ! il parle de « bruxit », il voudrait juste virer la Commission de Bruxelles, ce qui est impossible au vu du TFUE. Il dit n’importe quoi et son discours sur le sujet n’arrête pas de varier. Le plus compétent pour parler du frexit (et le mettre en place) est François Asselineau.
Quant aux ex-pays de l’Est, ils ne « pompent » pas le fric de l’UE ; c’est l’UE qui les a séduits pour les mettre sous sa coupe en en faisant des bénéficiaires nets et en les arrosant d’énormes subventions. Mais, maintenant qu’ils ont pu observer le système, ils s’insurgent contre la tutelle de l’UE qui envoie une feuille de route à respecter à chaque gouvernement (lignes budgétaires acceptables ou non, taux de l’immigration légale, réformes à faire _ comme en France la réforme des retraites, idéologie imposée telle que le wokisme et les valeurs de la LGBTQIA+ …, etc), et ils veulent pas rester sous tutelle. C’est un réveil salutaire.
Depuis que la grande Bretagne est sortie de l’union européenne, les Britanniques vivent au paradis. Si la France quittait l’UE, tout irait encre mieux. Si la France va mal c’est a cause de l’Europe et non pas à cause des français. Ces derniers pourraient peut-être aller se faire voir chez les grecs pour voir comment améliorer les finances publiques ?
Ils ne « crachent pas dans la soupe », ils se réveillent ! Et c’est un réveil salutaire. Après avoir été hypnotisés par les sirènes de l’UE, qui les a mis sous sa coupe en les arrosant d’énormes subventions, ils réalisent maintenant qu’ils ont été mis sous tutelle et se trouvent ligotés en termes d’indépendance politique et idéologique (GOPÉ à respecter chaque année, dont les taux de l’immigration légale dont ils ne veulent pas ; idéologie woke qui ne correspond pas à leurs valeurs …).
Les Polonais ont bien profité des prébendes de l-Union Européene et maintenant crchent dans la soupe .
Ils ne « crachent pas dans la soupe », ils se réveillent ! Et c’est un réveil salutaire. Après avoir été hypnotisés par les sirènes de l’UE, qui les a mis sous sa coupe en les arrosant d’énormes subventions, ils réalisent maintenant qu’ils ont été mis sous tutelle et se trouvent ligotés en termes d’indépendance politique et idéologique (GOPÉ à respecter chaque année, dont les taux de l’immigration légale dont ils ne veulent pas ; idéologie woke qui ne correspond pas à leurs valeurs …).
Tiens, les polonais se rendent enfin compte de la « toxicité » de l’UE !
Et on oublie que les Bulgares y sont deja majoritairement favorables et que les Tcheques viennent de basculer eux aussi dans le camp de feu Orban …. Donc en utilisant toute sa puissance d’ingerence la commission n’a pas vu que le probleme s’etait deplace et l’idee souveraino-populaire avait gagne du terrain . Les droites polonaises etant bien plus intelligentes que celles qui s’affichent en France , il n’y a plus de doute qu’elles reprendront bientot le pouvoir et renverront un traitre comme Tusk aux oubliettes de l’Histoire .
Les Polonais plus intelligents que la France?….Non!. Plus cupides. Ils sont toujours allés là ou l’herbe était la plus verte. Je l’ai dit maintes fois : avec les Allemands contre les Russes et avec les Russes contre les allemands…
la pologne a toujours ete un pays de genies ;;;;curie;; copernic ;;;et autres n oubliez pas que la fin de la 2 eme guerre mondiale pour la pologne c est la chute du mur de berlin
Oh la la !…
Il ne s’agit plus de tourner autour du pot: c’est soit la dislocation de l’UE comme cela c’est produit avec l’ex URSS, soit le FREXIT pour ce qui concerne la France ou c’est la mise sous tutelle par l’UE des 27 pays englués dans l’UE! Espérer pouvoir amender le fonctionnement du soviet suprême de Bruxelles au point d’en faire un moyen de puissance c’est abuser le monde. L’UE est devenue une machine destructrice qui est dans la fuite en avant. L’UE est irréformable et inamendable! Si les Polonais, qui profitent de l’UE abordent la question d’u POLEXIT, plus que jamais la question du FREXIT s’impose chez nous! Le RN nous vend des illusions et il serait grand temps que Jordan Bardella, aux premières loges à Bruxelles et à Strasbourg pour mesurer la folie qui s’est emparée de Von der Leyen et de cette clique, mette les pieds dans le plat et soit de mèche avec les souverainistes purs et durs! Au sein de l’UE, le salut n’est plus possible. Il n’est possible que hors de l’UE!
Tout est dit.
Merci.
Tiens, le preux chevalier est de retour ? Un tournoi en vue ?
La France ne peut plus jouer dans la demi mesure avec Bruxelles. Le RN a intérêt d’éclaircir sa posture la question du Frexit qui commence à être réclamé par de très nombreux citoyens. Les décisions de cette présidente qui se prend pour une grande dirigeante n’a pas été élue par les citoyens . Elle est néfaste et toxique pour notre souveraineté nationale. UE : non /Frexit oui.
Le RN a abandonner le FREXIT et adhérer à tous les traités Européens. Alors ce n’ est pas le RN qui remettra la souveraineté en France.
L Europe devrait peut être chercher un autre mode de fonctionnement qui n atteindrait pas l intégrité de chaque pays et avec des gens plus compétents et moins corrompus pour certains.
Bien d’accord !
La Pologne a bien profité de l’UE en tant que bénéficiaire net. Mais si elle devient contributrice, tout va changer !
La Pologne ne tardera pas à « mordre la main qui l’a nourrie ».
Comment comprendre que nos dirigeants, et même nos leaders d’opposition, continuent au contraire à « baiser la main qui nous fait les poches » ???
Autant on peut comprendre que Macron ne demandera pas l’avis du peuple par referendum, autant je ne comprends pas qu’aucun média ne fasse un sondage sur le Frexit !
BV s’honorerait en étant le 1er…
FREXIT Vite !!!
parce que nos dirigeants sont corrompus !