CNews, une chaîne de « fachos » : Mediapart en roue libre dans un lycée
Semaine des arts, semaine du goût, semaine du climat… Dans les établissements scolaires de France, les années sont ponctuées de séquences dédiées à une thématique. Leur objectif est de rendre plus accessibles certains sujets et/ou d’aiguiser la curiosité des élèves. Ce n’est pas toujours le cas…
À l’occasion de la semaine de la presse, le lycée Teilhard-de-Chardin de Saint-Maur-des-Fossés (94) a bousculé son agenda pour mettre en lumière le métier de journaliste. Au programme, entre autres, une exposition et une « rencontre avec Matthieu Suc, journaliste à Mediapart ». Ce dernier avait rendez-vous avec les élèves du lycée le vendredi 10 avril pour parler de désinformation et, plus spécifiquement, d’ingérences étrangères. Il a dévié.
Aux dires de certains élèves qui ont assisté à la conférence, il aurait profité de son temps de parole pour exprimer des « opinions politiques marquées ».
Semaine de la presse… d’opinion
Séverine Duminy, responsable nationale de Parents vigilants, explique à BV avoir reçu plusieurs témoignages en ce sens, au soir de la conférence. Elle précise : « Il y avait de la colère et de l’indignation. Les parents avec qui nous avons échangé étaient outrés. »
Premier point choquant : aucun autre média que Mediapart n’était invité, alors que le média a une ligne éditoriale très à gauche et que, de fait, pour respecter le principe de neutralité de l’école, il aurait fallu trouver un pendant de droite. Mais, au-delà de ce penchant, le plus sidérant, ce sont les propos tenus.
Un parent raconte à BV : « Le journaliste a dit : "Dites à vos parents de ne pas regarder CNews." Ce n’est pas à un journaliste de Mediapart de me dire ce que je dois faire. C’est ni plus ni moins de la propagande. » Matthieu Suc aurait aussi affirmé que la chaîne du groupe Bolloré est un repaire de « fachos ». Outre le canal 14 de la TNT, l’émission de Cyril Hanouna aurait également été ciblée par le journaliste.
Ce n’est pas tout. Certains élèves, qui n’avaient guère envie de se faire donner des leçons, ont décidé de quitter la salle avant la fin de la conférence. Matthieu Suc a alors supposé que les parents de ces lycéens étaient des électeurs du Rassemblement national.
Devoir de neutralité, quand tu nous tiens... Certes, le journaliste n’est pas soumis au devoir de neutralité par essence, mais lorsqu’il intervient dans un établissement scolaire, il doit évidemment s’y soumettre. Séverine Duminy ne veut pas croire qu’il ignorait la règle.
Des écoles de plus en plus politisées
Elle indique : « De toute façon, ce que l’on voit dans les écoles, c’est que la neutralité est une théorie, mais qu’en pratique, il y a beaucoup de propos politiques tenus dans les établissements. » Les intervenants extérieurs prennent des libertés, les professeurs aussi.
Le parent d’élève contacté par BV le confirme et le déplore : « Je veux juste qu’on ne parle pas de politique à l’école, d’autant moins que les discours sur ce thème se sont radicalisés et ont gagné en violence, ces derniers temps. »
Qu’en disent l’établissement, le rectorat et la direction diocésaine ? BV a contacté les trois institutions. Nos questions sont restées sans réponse. L'année prochaine, pour éviter toute polémique, nous suggérons à l'établissement de s'attacher les services de journalistes appartenant à des rédactions moins connotées comme Cheval Magazine ou Création Point de Croix.
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