La républicaine , ayant déclaré la guerre à la cyber-haine, serait-elle une hyper-haineuse ? Telle est la question que soulève une récente enquête publiée par Mediapart. Et qui risque de mettre en difficulté la députée à l’heure où sa proposition de loi, destinée à lutter contre la haine sur Internet, est en passe d’être adoptée, ce mercredi, en lecture définitive par l’Assemblée nationale. De quoi Laetitia Avia est-elle accusée par un quintet d’anciens collaborateurs ? D’humiliations répétées, de propos racistes, antisémites, sexistes et homophobes. Rien que ça ! Il existerait ainsi « un fossé entre les valeurs qu’elle défend publiquement » et la personnalité que certains de ses anciens employés ont observée. La députée mise en cause dénonce une « manipulation honteuse » et envisage de porter plainte.

Celle dont le grand projet est d’enchaîner les langues aurait-elle la langue particulièrement pendue, fourchue et venimeuse ? Celle dont le grand projet politique est de confiner la haine des citoyens français dans la sphère virtuelle serait-elle incapable de retenir sa fougue haineuse dans la sphère de la réalité ? Celle dont le grand projet politique est de museler la d’expression serait-elle cette même jeune femme accusée, en 2017, d’avoir férocement mordu un chauffeur de taxi ? Mais la morale victimaire contemporaine n’en est pas à une contradiction près. Bien au contraire, elle en est friande !

Récemment, une étude de l’université privée américaine de Cornell a révélé que les systèmes d’ élaborés afin de débusquer les discours de haine sur Internet finissaient par se retourner contre eux, en conduisant à une surveillance excessive des minorités en ligne — minorités particulièrement hostiles sur les réseaux, semblerait-il. C’est toute la cruelle ironie qui semble, aujourd’hui, frapper et violemment démasquer Laetitia Avia — et, avec elle, tous ceux qui se parent d’une vertu totale et totalitaire pour dissimuler, en réalité, une intime irrépressible. Mais le vernis craque presque toujours.

13 mai 2020

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