C’est curieux, tous ces combats au nom du féminisme. Est-ce bien, d’ailleurs, de féminisme qu’il s’agit ? À vrai dire, on peut en douter, tant le genre des dames dont il est ici question paraît non seulement aléatoire mais opportunément orientable.

Je m’explique. La grande nouvelle du jour – hors la guerre en Ukraine destinée à remplacer la guerre contre le Covid – est la grande victoire des footballeuses américaines. Au terme d’une longue procédure (six ans, tout de même !) contre la discriminatoire de la Fédération américaine de football, l’équipe nationale féminine, menée par la star Megan Rapinoe, vient d’obtenir gain de cause : « US Soccer s’est engagé à verser un salaire à taux égal à partir de maintenant pour les équipes nationales féminine et masculine lors de tous les matchs amicaux et tournois, y compris la Coupe du monde », stipule l’accord conclu entre les deux parties. Les joueuses de l’UNSWT devraient ainsi récupérer la somme de « 22 millions de dollars d’arriérés de salaire pour régler les réclamations, ainsi que 2 millions de dollars à un fonds au profit des joueurs (sic) de l’USWNT dans leurs efforts d’après-carrière et leurs efforts caritatifs. Chaque joueur (sic) sera autorisé à demander jusqu’à 50.000 € de ce fonds », écrit le site 45Secondes – L’actualité numérique.

La requête des footballeuses américaines va, bien sûr, gagner le Vieux Continent et, nonobstant le fait que les droits de diffusion du féminin en Europe sont sans commune mesure avec ceux du foot masculin, les fédérations nationales devront sans doute trouver des financements pour pouvoir s’aligner sur leur homologue américain.

Il faut bien reconnaître que les inégalités sont criantes. On apprend ainsi, dans , que la FIFA « a octroyé une prime de plus de 32 millions d’euros à la lors de son succès planétaire en 2018 chez les hommes, alors que seulement 3,4 millions d’euros ont été versés aux Américaines lors de leur titre mondial de 2019. Et les joueurs américains, éliminés en huitièmes de finale en 2014, avaient reçu 4,5 millions d’euros alors que leurs homologues féminines n’avaient perçu que 1,45 million pour avoir remporté leur compétition. »

Ce réalignement est donc une question de justice qui devrait servir d’exemple à d’autres sports où les écarts de rémunération sont tout aussi abyssaux.

Reste, néanmoins, un volet qui m’amuse, évoqué en tête de ce papier, et qui concerne le genre de ces dames, puisqu’en l’occurrence, elles revendiquent en avoir un : le féminin.

C’est l’occasion de rappeler que, lors de leur victoire en Coupe du monde, en 2019, la presse s’émerveillait du nombre de lesbiennes (voire trans) présentes sur les terrains. Une certaine Léa Polverini s’enthousiasmait ainsi, sur Slate.fr : « Avec 38 joueuses ouvertement lesbiennes ou bisexuelles, cette Coupe du monde féminine fait beaucoup pour l'inclusivité des LGBT+ dans le sport. » Et pas question d’échapper au recensement : « Sur vingt-quatre équipes, le site Outsport a recensé quarante professionnelles ouvertement LGBT+ (trente-huit joueuses, la coach Jillian Ellis et l’entraîneuse de l’équipe suédoise Pia Sundhage). »

La prochaine étape devrait consister à faire jouer des équipes mixtes, c’est-à-dire non genrées, avec des cisgenres et des LGBTQI+. Ah bon, qu’entends-je ? Ça existe déjà ?

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23 février 2022

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20 commentaires

  1. Rappelez- vous que les fouteux sont payé par rapport aux spectateurs qu’ ils attirent
    Si la fédé a du fric à la pelle c’ est le fric des spectateurs

  2. Payé(e)s selon recettes dans les caisses des clubs, et si les femmes hétéro, lesbiennes, trans genres, lgbt, etc…rapportent encore plus que les hommes il faut les payer plus. Il faudra peut être avant chaque match faire une consultation médicale pour bien vérifier de quel sexe sont les joueurs(euses) ! ! ! ! La Nouvelle Religion planétaire est bien En Marche; pas sûr que ce soit la paix.

  3. Que les footballeuses américaines soient payées comme les footeux américains cela dépend de quel foot on parle, si c’est le soccer il vaut mieux ne pas parler du foot des hommes sauf si c’est l’autre.

  4. « pour pouvoir s’aligner sur leur homologue américain. » En quoi s’aligner sur ces idiots d’Américains devrait-il être une obligation? Dressez donc la liste des vacheries que nous ont values les Américains, la plus grosse étant la création de l’UE, et vous comprendrez vite qu’il est urgent de prendre ses distances avec ce cancer de la planète!

    1. Il faut dire aussi que le football masculin aux USA c’est pas grand chose et est plus ou moins colonise par les latinos comme le notre est africano- musulman.

  5. Je fais la proposition suivante à savoir rabaisser la rémunération du foot masculin à celle du foot féminin

    1. waouhh ! le progrès , c’est que des femmes touchent un salaire , ou que les 3/4 des sportives (les muscles faute de cerveau..) soient des hermaphrodites homasses et boutonneuses ?

  6. Comme ce n’est plus un sport mais un spectacle commercial chacun sera rémunéré en fonction des bénéfices

  7. Le Tour de France féminin a existé dans les années 60. Il a disparu par manque de publicitaires car manque de spectateurs. Le catch féminin aussi à la même époque, mais il n’était regardé que par quelques vicieux salaces et a disparu aussi. Je ne pense pas que les choses aient beaucoup changées. Quand les publicitaires vont s’apercevoir que l’audience est faible, celà disparaîtra encore (lesbiennes ou pas, bizness is bizness)

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