Editoriaux - Politique - 15 mai 2019

« Le service public nous exclut et les têtes de listes Bellamy, Loiseau et Bardella ont peur d’affronter le débat ! »

Interview exclusive de Nicolas Dupont-Aignan et de Benoît Hamon devant le siège de France Télévisions au sujet du débat de France 2.

Nicolas Dupont-Aignan, nous sommes devant France Télévision.
Qu’avez-vous à leur dire ?

Je partage avec Benoit Hamon qui n’est pourtant pas de mon bord un sentiment d’écoeurement. Je suis écoeuré !
Avec Jean-Christophe Lagarde, nous avons organisé une conférence de presse. Nous sommes scandalisés que France Télévision sélectionne les candidats qui auront le droit d’être écoutés par les Français le mercredi 22 mai lors d’un débat sur France Télévision.
Il n’y a pas de grands Français ou de petits Français, ni de grands candidats ou de petits candidats. On devrait tous être associés.
Monsieur Bellamy, monsieur Bardella et madame Loiseau ne seront pas présents au débat. Ils seront représentés par leur chef de parti. C’est scandaleux ! Cela veut dire que lorsqu’il faudra parler au parlement européen devant des chefs d’État et des commissaires, ils appelleront au secours Marine Le Pen qui n’est pas candidate, monsieur Wauquiez qui n’est pas candidat et monsieur Bayrou qui n’est pas candidat… Comment peut-on accepter, dans une démocratie et quatre jours avant le scrutin, que trois candidats aient peur d’affronter le débat ?
J’ai décidé en tant que chef de parti d’aller combattre à Strasbourg. J’estime que l’on doit échanger devant les Français. Beaucoup d’électeurs de droite hésitent entre monsieur Bardella et moi-même et entre monsieur Bellamy et moi-même. J’estime que la justice eut été que nous soyons présents. Je réclame d’ailleurs de débattre avec eux. Le débat a des nuances, des différences et des points communs. Je trouve que cette peur de l’échange est ahurissante.

Est-ce un symptôme de ce que Simone Weil nomme la particratie ?
Arrive-t-on dans un système totalitaire dans lequel deux partis s’affrontent en duel ?

Ce n’est même pas un duel entre deux partis, c’est un faux duel instrumentalisé par Emmanuel Macron. Il crée un ennemi imaginaire, Marine Le Pen. Il veut lors de cette élection européenne se mettre face à elle. Or, cette élection est différente puisqu’il s’agit d’une élection à un tour proportionnelle où on choisit des députés.
C’est un scandale de manipulation. France Télévision manipule l’opinion avant le scrutin dans le sens voulu par monsieur Macron.
C’est ça la réalité ! Je dis aux électeurs qui nous écoute, il n’y a plus de démocratie en France. Je les invite à faire vivre le peu de démocratie qu’il reste le jour du scrutin en se renseignant sur internet et grâce à des médias libres comme le vôtre.

Benoît Hamon, vous êtes également présents devant le siège de France Télévision, le service public télévisuel. En tant que tête de liste aux élections européennes, que souhaitez-vous dire ?

Dans une élection européenne, plus d’un tiers d’électeurs se décident dans les quinze derniers jours, voire la dernière semaine. Un débat va être organisé par le service public quatre jours avant le scrutin. Dans ce débat, il y a un prime time. C’est à ce moment que l’audience est la meilleure. Six candidats y participeront. Les autres candidats seront envoyés à la deuxième partie de soirée ou à la toute fin de soirée au moment où les gens dorment parce qu’ils travaillent le lendemain.
Au moment où les gens allument la télévision pour se forger une opinion qu’ils n’ont pas encore, nous sommes invisibles. Quand on connaît le cahier des charges du service public, c’est scandaleux. Les télévisons privées ne font pas cela et organisent le débat dans des conditions beaucoup plus équitables.
D’autre part, hier nous étions quatre partis politiques à avoir claqué la porte de cette organisation, le parti communiste français, les centristes français, Nicolas Dupont-Aignan et moi-même. Candidats aux élections présidentielles, nous représentons des millions de voix aux élections présidentielles. Elles ne pourront pas demain interpeller les deux partis qui se sont choisis comme adversaires. J’aurais voulu interpeller le Front national sur son inutilité jusque-là au parlement européen et la République En Marche sur le fait qu’ils sont isolés et qu’ils prennent des mesures de régressions sociales partout en Europe. Nous ne pourrons pas le faire parce que nous ne serons pas physiquement présents.
J’ajoute que le service public accepte que le candidat Bardella soit remplacé par Le Pen et la candidate Loiseau soit remplacée par Bayrou. À quatre jours du scrutin, ceux qui seront au parlement européen ne seront même pas là pour défendre leurs idées. Vont-ils mettre une oreillette au parlement européen pour que le jeune Bardella demande à madame Le Pen comment il doit voter ? Et madame Loiseau va-t-elle demander à Macron comment elle doit voter ? Ce n’est pas sérieux !

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