La rentrée de lundi s’annonçait bien particulière, pour nos écoliers désormais masqués. Elle témoignait surtout d’une difficulté pour les parents et les enseignants à s’y retrouver. « Il y a à peine un mois, le port du en école élémentaire était déconseillé. Nous ne sommes pas des scientifiques ni des experts, donc, nous ne pouvons que prendre acte de cette décision », déclare Matthieu Verdier, secrétaire général du syndicat national des écoles dans l’Hérault, à France 3 Occitanie, ajoutant : « Nous sommes perplexes, on ne sait plus à quoi s’en tenir ! »

Et pour preuve, à cette confusion s’ajoute la parole discordante des experts pour qui « le fait de continuer à aller à l’école [grâce au port du masque obligatoire] sera extrêmement bénéfique pour leur santé psychique, et pour combler leur besoin d’avoir une vie d’enfant », assure Christèle Gras-Le Guen, chef du service de pédiatrie du CHU de Nantes, à franceinfo. Quand, à l’inverse, des psychologues, psychanalystes et pédopsychiatres signent une tribune dans Libération alertant que l’enfant de 6 ans « n’a pas encore atteint la maturité cérébrale nécessaire pour penser de manière abstraite. Il navigue encore entre un imaginaire puissant et une réflexion capable de prendre en compte la réalité. Inhiber des comportements impulsifs reste encore complexe, bien que les règles sociales soient en voie d’acceptation. Les besoins d’expression d’un enfant de six ans, encore considéré comme jeune enfant, sont multiples : sur le plan affectif, langagier, émotionnel, corporel. Toute entrave à cette communication spontanée, naturelle et nécessaire, si elle n’est pas porteuse de sens, est susceptible de laisser des traces à long terme. » Un constat et surtout du bon sens que partage Astrid, cette enseignante en CE2 qui insiste sur la nécessité que ses élèves « voient son visage, ses expressions, qu’ils entendent bien », ce qui devient compliqué avec le masque. Pour y remédier, ses collègues ont bien tenté d’enseigner avec un masque transparent, mais in fine, cela s’avère totalement inutile car la buée apparaît immédiatement !

Le Figaro a sondé ses lecteurs sur le port du masque obligatoire à l’école dès 6 ans : sur 150.280 votants, 50,03 % y sont favorables (résultat non définitif). Si certains semblent rassurés par cette nouvelle mesure, d’autres sont scandalisés de cette atteinte à l’intégrité physique et morale de leur progéniture. Sur les réseaux sociaux, le ton monte et la fronde s’organise. Dans un groupe Facebook « NON au port du masque dans les écoles », ils sont nombreux à témoigner des symptômes : maux de tête, somnolence, vertiges, problèmes de concentration, ralentissement du temps de réaction. Certains d’entre eux, réfractaires à cette obligation, se sont vus refuser l’accès de leurs enfants, lundi matin, à l’école au motif qu’ils ne portaient pas de masque.

Une situation abusive pour Maître Brusa, qui compte bien attaquer en Justice ce « texte bâclé » sans aucune consultation avec les enseignants ou les parents, invoquant l’action physique sur un enfant pouvant être perçue comme une violence. Il invite les parents à envoyer par mail leurs témoignages. Par ailleurs, une pétition circule en ligne et certains, ne pouvant garder leurs enfants à la maison, espèrent « que la maîtresse sera cool » et acceptera que l’enfant « baisse un peu son masque ». Le petit Noé, en CE2, n’aura pas eu cette chance à l’étude, hier soir, puisque sa maman nous apprend que « les animateurs crient sur eux dès qu’ils baissent un peu le masque. Je crois que ça crée plus de tensions qu’autre chose. » Pour Arthur, en CP, la rentrée « a été difficile. Le masque était plein de bave, et ce n’était plus le sien car les deux qu’il avait emportés avaient cassé. » Malheureusement, le masque, « ça gratte » et « ça chatouille », alors qu’il ne faudrait pas y toucher. Allez le faire comprendre à des petits !

Pour ce faire, Yves Buisson, un épidémiologiste éclairé, infantilise les parents sur franceinfo en les invitant à expliquer à leurs enfants « qu’il ne s’agit pas d’une contrainte mais d’un jeu pour lequel tout le monde doit jouer collectif pour l’emporter ». Une nouvelle immixtion dans notre vie familiale, en somme. Reste à savoir si ce nouveau « jeu » amusera nos bambins, leurs parents et leurs enseignants longtemps et, surtout, s’ils parviendront à travailler efficacement.

3 novembre 2020

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