Le plus inquiétant, dans l’affaire Messiha ? Le parti pris sidérant de Laetitia Avia…

Ainsi donc, depuis quelques mois, l’humoriste militant – c’est un étrange oxymore, les esprits formatés étant généralement tout sauf drôles, sauf quand ils ne le font pas exprès, mais comment le qualifier autrement ? – Yassine Belattar « s’amuse » à comparer à un chameau. L’idée sous-tendue par cette comparaison animalière exotique peu flatteuse est simple : un Arabe reste un Arabe, c’est écrit sur sa tête, et il doit donc rester dans la petite case qui lui est dévolue. Victimisation en est l’alpha, discrimination l’oméga et l’antiracisme le mantra. Sa parole publique n’a pas d’autre utilité que celle-là. Elle ne doit avoir, sous peine d’être sanctionnée, aucune autre visée. On lui donne son petit baluchon idéologique en kit quand il arrive en France et gare à lui s’il tente de s’émanciper, de se comporter en « vrai » Français, susceptible, avec sa raison propre, de se forger telle ou telle opinion sur des sujets diversifiés, tonton Yassine est là qui, d’un ricanement méprisant, le renvoie à ses origines.

C’est inquiétant !

Mais ce n’est pas le plus inquiétant…

Fort de la jurisprudence Taubira, Jean Messiha prend à témoin, sur Twitter, la LICRA et SOS Racisme, qui depuis le début font montre d’une discrétion de violette : Ouh ouh, y a quelqu’un ?
Sortant de son silence sépulcral, répond enfin : « Cher Jean Messiha, je pense que la LICRA sera heureuse de se constituer auprès de SOS Racisme afin de mettre fin à l’odieuse comparaison entre vous-même et un chameau. Cette comparaison est infamante pour les chameaux. Soyez certains que nous ne laisserons pas passer, bisous. »

Après l’humoriste militant, voici le militant humoriste. Par cette vanne un peu éculée (Rokhaya Diallo, en septembre 2019, avait déjà prié un rappeur traitant Charlotte d’Ornellas de p… de ne pas insulter l’honorable profession), le deuxième va donc plus loin que le premier : Jean Messiha est, pour Dominique Sopo, moins qu’un chameau.

C’est très inquiétant, surtout venant du patron d’une association sur-ultra-subventionnée.
Mais ce n’est pas le plus inquiétant.

Dans Libération, on lit que Dominique Sopo a été traité de « raciste » par « l’intéressé et une bonne part de la fachosphère ». Le journal qui, par sa rubrique « CheckNews », se targue de trier le bon grain de l’ivraie, l’info de l’intox, est pris en flagrant délit de « fake news ». Sauf retournement de veste spectaculaire et très récent, Jean-Michel Aphatie, qui a joint sa voix à celle des indignés – et c’est tout à son honneur : « Si Dominique Sopo n’est pas mis à la porte de l’association après ce tweet, il faudra que SOS Racisme nous explique le sens qu’elle donne au mot racisme » -, ne fait pas partie de la fachosphère, même au sens très large du terme, même avec un élastique assez long pour sauter du viaduc de Millau.

On y lit aussi qu’il ne faut voir là que « (grosse) faute de goût ». Un peu comme couper sa salade et parler la bouche pleine. Tout ça n’est pas jojo, Dominique Sopo. Mais rien à voir avec les attaques gravissimes contre Christiane Taubira.

Bref, la différence entre l’inélégance et le délit ne réside pas dans l’acte lui-même mais dans la personne visée, et surtout sa couleur… politique.

C’est évidemment inquiétant.

Mais ce n’est pas le plus inquiétant.

Ultime épisode, Laetitia Avia, la justicière d’Internet, la madone des réseaux sociaux, l’archange pourfendant les contenus haineux, a apporté son soutien à Dominique Sopo au vu et au su de tous en « aimant » le tweet par lequel il se justifie et contre-attaque. Sans complexe, sans se demander si un tel like n’était pas susceptible de nuire à son indispensable neutralité, s’il ne fallait pas, au moins un temps, mettre en sourdine son idéologie afin que son projet de loi ne soit pas frappé de discrédit car entaché de parti pris.

Et c’est là le plus inquiétant. Comment, au vu de tout cela, ne pas redouter pour un avenir très proche une censure partiale, hémiplégique et arbitraire qu’il sera convenu d’appeler « loi Avia » ?

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