Polémique chez les infectiologues qui errent dans nos médias : faut-il laisser les jeunes sans se contaminer entre eux afin d’acquérir une immunité naturelle, comme le conseille le professeur Caumes (infectiologue parisien) ou faut-il, au contraire, les forcer à se protéger, comme le conseillent la plupart de ses confrères ?

Pour une fois, le professeur Raoult n’est pas en cause dans cette bataille de sachants, sinon il est probable qu’on aurait traité ces propos par le mépris ou l’ironie.

La lutte contre le coronavirus se justifie car il est très contagieux et provoque une maladie infectieuse qu’on commence à mieux connaître maintenant, mais dont nous ignorions la plupart des modalités en début d’épidémie. Maladie qui peut s’avérer mortelle chez les sujets fragilisés, mais qui semble répondre aux traitements, mis en œuvre par les médecins généralistes, si le malade est traité en début d’infection, contrairement aux recommandation officielles de l’époque (restez chez vous, et si vous vous étouffez, on vous mettra en réanimation). Il faut rappeler aussi que, malgré toutes les erreurs commises dans la prise en charge des malades en début d’épidémie, le bilan actuel reste, en termes de mortalité, à peu près identique à celui d’une épidémie de grippe sévère.

Alors, faut-il affoler la population et désorganiser le tissu économique et social d’un pays pour une infection parfois mortelle mais, la plupart du temps, sans grande gravité ? Que fera-t-on, en cas d’épidémie de peste ou d’Ebola ? Sans doute faudra-t-il être muni d’un scaphandre étanche pour sortir de chez soi si l’on ne veut prendre aucun risque.

Nous ne reviendrons pas sur toutes les incompétences et incohérences que cette épidémie a permis de révéler, mais on peut, maintenant que l’épidémie est plutôt derrière nous que devant, se poser quelques questions.

Le masque, prétendument inutile en début d’épidémie, alors que c’était le moment de le mettre, est devenu aujourd’hui un instrument de protection incontournable, voire mythique, pour ne pas dire mystique, et il s’inscrit dans un rite quasi religieux de soumission sanitaire, comme le flacon de gel hydroalcoolique qui remplace le bénitier. Pour nos élus, c’est à qui en fera le plus pour se valoriser dans un combat sans grande gloire.

Autant le port du masque dans un espace clos (transports en commun, salle de spectacle, etc.) est utile pour protéger ses voisins, autant il est inutile en plein air, où l’aérosolisation du virus, par le peu de concentration virale de l’air respiré, contribuera davantage à immuniser le sujet qu’à initier une infection.

Nos dirigeants ne savent pas où mettre le curseur : doit-on se protéger à outrance et renoncer à toute vie sociale ou, au contraire, ne prendre aucune mesure de protection (comme aux frontières) ? La bonne position du curseur est entre ces deux extrêmes et varie selon les populations ciblées, mais il semble que nos responsables administratifs et politiques aient oublié, dans ce domaine, toute notion de bon sens et que leur principale préoccupation soit de se mettre à l’abri de tout reproche éventuel.

Hélas, ce n’est pas avec ce type d’attitude qu’on peut espérer avoir des citoyens responsables.

Va-t-on, ensuite, nous imposer le port permanent d’une moustiquaire pour lutter contre le moustique tigre qui progresse en France, et nous demandera-t-on de nous baigner tout habillés pour éviter le contact des méduses ? Certains pays d’Orient ont déjà pris ces dispositions pour leur population féminine ; dans l’état de soumission où se trouve actuellement le bon peuple de France, je ne serais pas étonné que, bientôt, nous ne soyons obligés d’envisager de telles mesures de protection ici même.

Que le port du masque nous semblera lointain, à ce moment-là !

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