La reine Élisabeth, pour son allocution de Noël, diffusée le 25 décembre, apparaît, toute de bleue vêtue, avec, en fond de tableau, le sapin traditionnel, décoré comme un chambellan de la cour, et, posées sur le bureau, quelques photos de famille. Pas négligemment, évidemment. Tout compte, ici. Pas question de balancer, sur les réseaux sociaux, un « Happy Christmas » en pyjama devant le frigo de la cuisine, avec un bonnet rouge à pompon blanc posé sur la tête, on l’aura compris.

La reine, dans son allocution, reconnaît une « bumpy year » pour sa famille : une année cahoteuse. Le chemin n’est pas toujours lisse, a-t-elle d’ailleurs admis. C’est le moins qu’on puisse dire, alors que son mari, âgé de 98 ans, est hospitalisé, que les mauvaises fréquentations de son fils Andrew ont fait la une et que Harry nous enquiquine avec ses états d’âme. On avait dit « Never explain, never complain » (« ne jamais expliquer, ne jamais se plaindre »). Sans parler des rumeurs de coucherie de William avec un mannequin reconverti en marquise. Cela dit, faut bien se dire un truc : plus la famille est grande et plus on prend le risque que tout ne soit pas un long fleuve tranquille. C’est la dure loi de la statistique.

Donc, allocution de la reine avec les photos posées sur le bureau. Et là, le drame : Meghan n’est pas sur la photo. Les journaux people s’affolent : que se passe-t-il, quel drame se noue-t-il dans la famille royale ? Le Point, qui n’est pas un journal people mais qui doit bien faire sa une un jour de Noël, résume la situation en titrant : « Vœux de Noël : la reine Élisabeth fait passer Meghan a la trappe. » C’est vrai, elle n’est pas là. Cela dit, il n’y a pas qu’elle qui n’est pas là. Cela dit, encore, il n’y a aucune obligation que Meghan soit sur la photo ! Qui voit-on donc, sur le bureau de la reine ? Son mari. Bon, jusque-là, rien à dire. Il paraît que ça se fait lorsqu’on est marié depuis 72 ans et qu’a priori le plus long du chemin, cahoteux ou pas, est fait. Ensuite ? Son père, le roi George VI. Mais seul. La reine mère, Queen Mum, elle aussi est passée à la trappe. Décidément… Vite, une interprétation. Puis le prince Charles, toujours impeccable avec son costume croisé, sa cravate, sa pochette, ses poignets mousquetaires et sa duchesse de Cornouailles. Et, enfin, le prince William, son épouse Catherine Middleton et leurs trois enfants. Mais pas Meghan. Accessoirement, pas Harry, pas Archie. Bon, entre nous, on s’en fiche un peu, mais on s’étonne que les journalistes se polarisent sur cette absence de Meghan qui, après tout, n’est qu’une pièce rapportée dans le dispositif, comme on dit dans beaucoup de familles, sans méchanceté aucune.

Personne ne s’étonne que la reine ait « passé à la trappe » la plupart de sa nombreuse progéniture, à part Andrew devenu infréquentable. Appel des absents : les deux filles du prince Andrew, Béatrice et Eugénie d’York, Édouard, dernier enfant de la reine, comte de Wessex, son épouse Sophie, leurs deux enfants James et Louise Mountbatten-Windsor, la princesse Anne, princesse royale, son fils Peter Philipps, sa fille Zara Philipps, les quatre petits-enfants de la princesse Anne, Savannah et Isla Philipps, Mia et Lena Tindall. Tout ce petit monde, enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, faisant partie de la descendance de la reine et répertorié dans l’ordre de succession, la petite Lena, dernière citée, étant vingtième, c’est-à-dire avec des chances de devenir reine comme vous de gagner à l’EuroMillions…

Et si, tout simplement, la reine, chef de famille et « accessoirement » chef d’État, avait voulu recentrer les choses sur l’essentiel. L’essentiel ? Elle est reine dans la succession de son père le roi George VI. Un jour, le prince Charles lui succédera, puis viendra le tour de William et de George. Sauf accident. Et Meghan ? À sa place. Rien qu’à sa place.

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