Je rentre du Donbass, où j’ai mené avec l’association Ouest-Est une délégation d’observateurs français (parmi lesquels se trouvaient Thierry Mariani, Nicolas Dhuicq, Michel Voisin et d’autres personnalités) pour les élections législative et présidentielle de la République populaire de Donetsk, suite à l’assassinat du président Aleksandr Zakhartchenko.

Les élections se sont déroulées sans incident dans une ambiance étonnamment festive, avec une participation très forte à plus de 80 %. C’est sans surprise que les deux hommes forts des deux républiques (Denis Pouchiline, à Donetsk, et Léonid Passetchnik, à Lougansk) ont gagné ces élections dès le premier tour. C’est le signe que les habitants du Donbass font toujours confiance aux équipes qui, dès le départ, ont choisi de ne pas accepter l’autorité des putschistes de Kiev, suite au coup d’État de février 2014.

Ce qui est plus surprenant, en revanche, est qu’au même moment à Paris, les chefs d’État du monde entier se sont rassemblés pour commémorer la fin de la Grande Guerre sans faire, à aucun moment, allusion à cette terrible guerre en pleine Europe qui a pris la vie de plus de 10.000 personnes depuis 2014.

Comment Emmanuel Macron a-t-il pu dire que l’Union européenne « délivre des guerres civiles » alors que l’Union européenne a, précisément, soutenu le coup d’État de Kiev qui a plongé l’Ukraine dans la guerre civile ? Comment peut-il oser dire qu’il faut faire, « une fois de plus, ce serment des nations de placer la paix plus haut que tout » alors que son ministre de la Défense vend des hélicoptères à l’armée ukrainienne pour faire la guerre aux habitants du Donbass ? Comment peut-il dénoncer le totalitarisme alors qu’en juin dernier, François de Rugy, alors président de l’Assemblée nationale, accueillait en grande pompe Andriy Paroubiy, président de la Rada de Kiev, fondateur du Parti social-nationaliste (sic), chef des milices armées de l’Euromaïdan qui ont renversé le gouvernement légitime ukrainien et qui affirme que les habitants du Donbass ne devraient pas avoir les mêmes droits que le reste de l’Ukraine ?

L’hypocrisie élyséenne vire à la schizophrénie et cela devient vraiment inquiétant. En tout état de cause, la guerre mondiale n’est toujours pas terminée. L’État profond américain veut sa guerre avec la Russie et il a choisi l’Ukraine comme théâtre d’opération préliminaire. Les conséquences de cette guerre pour nous, Européens, seraient fatales. Alors, en cette période de commémoration, souvenons-nous qu’aujourd’hui encore, de jeunes Européens meurent dans les tranchées et que de petits orphelins pleurent la mort de leurs parents tombés sous les bombes.

La France a signé les accords de Minsk 2, dont l’objectif est de rétablir la paix entre le Donbass et l’Ukraine. Si monsieur Macron aime tant la paix, qu’il cesse d’en parler et qu’il nous le prouve en honorant la signature de la France et en œuvrant immédiatement pour la paix au Donbass. L’Europe ne survivrait pas à une Troisième Guerre mondiale.

14 novembre 2018

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