Un député macroniste défend le droit des catholiques à prier pour les députés

Alors que la gauche dénonce une prétendue “pression” religieuse, le député Hervé Berville défend les chrétiens.
@Ben White/unsplash
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Mercredi 15 juillet, les députés doivent se prononcer une dernière fois sur le projet de loi ouvrant la voie à l'« aide à mourir ». Depuis plusieurs mois, une initiative originale mobilise des dizaines de milliers de chrétiens. Le site priepourundepute.fr, lancé par l'application de prière Hozana, propose à chaque citoyen de confier un député dans sa prière afin que l'Esprit Saint éclaire sa conscience au moment de voter.

À ce jour, 73.498 personnes se sont engagées dans cette démarche, présentée par ses organisateurs comme une réponse à l'appel du pape Léon XIV à défendre « la dignité intrinsèque de toute personne humaine ». Rien de plus qu'une prière donc. Pourtant, cette initiative a provoqué des réactions des plus virulentes chez certains membres de la classe politique, et ce, souvent du même côté… celui de la gauche.

Un défenseur inattendu

Fait surprenant toutefois, l'un des défenseurs de cette campagne est venu des rangs de la majorité présidentielle. Hervé Berville, député Renaissance des Côtes-d'Armor et ancien secrétaire d'État à la Mer, ne voit tout simplement pas où est le problème. « Si c'est pour qu'ils aient le salut final, pourquoi pas ? Je suis moi-même catholique pratiquant et je considère que cela fait partie de notre histoire. Chacun a le droit de pouvoir prier quand il veut et pour qui il veut, surtout », explique-t-il. Une déclaration pleine de bon sens, mais qui tranche avec l'indignation, à peine exagérée, exprimée par plusieurs élus de gauche.

L’indignation de la gauche

Danielle Simonnet, députée du groupe Écologiste et Social et ancienne insoumise, a ainsi dénoncé une campagne « extrêmement grave », qu’elle assimile à « une pression d'organisations intégristes religieuses qui incitent à prier sur des parlementaires ». Selon elle, cette démarche serait contraire à l'esprit républicain. « Nous sommes en République, restons-le. », conclut-elle au cœur de l’Assemblée nationale.

Le raisonnement laisse perplexe. Depuis quand la prière constitue-t-elle une menace pour la République ? Prier pour une personne n'est pas l'intimider et encore moins l'empêcher d'exercer son mandat. C'est précisément ce qu'a rappelé l’application Hozana en répondant avec un certain humour que « les 128 personnes qui prennent chaque jour du temps pour prier pour Danielle Simonnet ne cherchent pas à établir un rapport de force ». Hozana parle simplement d'un « acte de charité » et affirme continuer à confier à Dieu le mandat de la députée « afin qu'il éclaire sa conscience dans les décisions difficiles qu'elle a à prendre ».

Même son de cloche chez la députée Sandrine Rousseau, qui voit dans cette campagne le symptôme d'une pression religieuse grandissante. « La pression est déjà réelle : il n'y a qu'à voir le site priepourundepute.fr. Des groupes religieux protesteront devant les hôpitaux et les cliniques. Si nous ne voulons pas connaître une dérive à l'américaine, il faut voter la création de ce délit d'entrave ! », a-t-elle déclaré, sans rougir.

Alexis Corbière, député du groupe Écologiste et Social et ancien insoumis également, s'est lui aussi ému d'être l'objet de prières, mais en faisant montre d'une certaine compréhension. « Actuellement, 97 personnes me portent donc dans leurs prières pour me faire changer de vote sur la loi “Fin de vie”. Je respecte les croyants, mais le dogme n'a pas à influencer les votes. Ma vision humaniste me fera voter pour cette ultime liberté, pour un droit nouveau. »

Au sein même de Renaissance, un autre macroniste, Charles Sitzenstuhl, déplore cette habitude de disqualifier systématiquement toute sensibilité ou appartenance religieuse (parfois supposée) dans les débats de société. « J'ai du mal à comprendre ce discrédit sur des points de vue qui viennent de sensibilité religieuse quand on est sur un sujet éthique. Pourquoi cette assignation de la religion à l'extrémisme ? Ces points de vue ont le droit d'exister, et le président de la République avait d'ailleurs reçu les représentants des religions sur cette question », observe-t-il. Avant d’ajouter : « Aucun parlementaire n'a formulé son opposition sur des préceptes religieux. Et cependant, j'ai souvent entendu dans les travées des “ah ça suffit”, “ah les cathos”, en off. »

Une initiative qui a porté ses fruits à l’étranger

D’ailleurs, cette campagne de prière n'est pas sans précédent. En effet, en Écosse, alors qu'un projet de loi sur la fin de vie semblait promis à l'adoption, une importante mobilisation de prière avait été organisée dans les communautés chrétiennes. Plusieurs députés avaient finalement changé leur vote, conduisant au rejet du texte. Les évêques écossais avaient estimé que « la prière a touché les cœurs ». Les initiateurs de la campagne de prière en France espèrent ainsi connaître un dénouement semblable. Pour l’heure, le Premier ministre Sébastien Lecornu vient d’annoncer saisir le Conseil constitutionnel à la veille du vote.

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