L’ancien et le nouveau : le bal des Premiers ministres
Il fait gris, sur Paris. Ils sont tous là. Dans la cour de l’hôtel Matignon, tous se pressent autour de celui qui doit composer désormais un nouveau gouvernement. Ministres, députés, sénateurs, collaborateurs, membres des cabinets ministériels. Beaucoup savent, à cette heure, que leur sort ne tient qu’à un fil. Comédie humaine de celui qui veut, qui doit être vu, s’il veut espérer exister.
Alors, on se serre sous les parapluies et, bon gré mal gré, on plaisante, selon les consignes, qui viennent d’en haut, de faire bonne figure. La presse est présente, en masse bien sûr, et se bouscule pour avoir, qui la meilleure photo, qui la meilleure image. Un seul manque à l’appel : Bruno Retailleau. Le ministre de l’Intérieur est en cellule de crise afin de suivre au plus près l’évolution des événements de cette journée à haut risque. Ce 10 septembre, journée symbolique de mobilisation et de blocage, alimentée par une France insoumise qui fait du chaos son fonds de commerce. Terrible signal de ce monde politique reclus dans son palais parisien alors que, sur les chaînes d’information, défilent les images de rassemblements protestataires avec leur cortège de casseurs vêtus de noirs.

@Jean Bexon
Au revoir, Paris
Sur le perron, François Bayrou attend, bonhomme, une main dans la poche. Dans quelques instants, il va transmettre les clefs du camion à Sébastien Lecornu, le jeune ministre des Armées qui n’a que 39 ans. Lui, le Béarnais, va retrouver ses montagnes pyrénéennes et son fauteuil à la mairie de Pau. Sur le plan national, il devra se contenter de la présidence du MoDem aux troupes faméliques. Enfin, le nouveau Premier ministre arrive. Après une entrevue de cinquante minutes, les deux hommes s’expriment côte à côte. François Bayrou apparaît souriant. Après tout, il entrevoit des jours plus calmes. Sa brève allocution adressée à son successeur se résumera en trois mots : « aider, rassembler, inventer ». « Mon aide vous est acquise », souligne en premier chef le Palois.
Amusante proposition, car il n’est un mystère pour personne que François Bayrou n’apprécie guère le nouveau locataire de Matignon. Il a tout fait pour prendre la place de ce dernier qui était, il y a neuf mois déjà, le favori d’Emmanuel Macron lorsqu’il fallait remplacer Michel Barnier. Et ces dernières semaines, l'ancien ministre de l'Éducation nationale n’a pas manqué d’exprimer à nouveau au président de la République les raisons pour lesquelles il pensait ce choix mauvais. Sébastien Lecornu le sait, forcément. « Je ne crois pas que notre pays va rester divisé. » Au mot « rassembler », François Bayrou veut souligner une note d’espoir, car la division de la France est « un handicap profond pour son avenir ». Et, enfin, « inventer » à partir de la « réalité », car celui qui croit à « l’idéal en politique » conseille de « partir du réel ». Il n'est jamais trop tard...
Wait and see
Sébastien Lecornu joue la carte de la bienveillance. « La situation commande à l’humilité et à la sobriété. Je veux saluer l’extraordinaire courage avec lequel vous avez défendu vos opinions », salue celui qui va sans doute cumuler Matignon et les Armées, le temps de composer son gouvernement. Dans une allocution aussi brève que son désormais prédécesseur, ce fidèle d’Emmanuel Macron a déploré « le décalage entre la situation politique et ce qu’attendent nos concitoyens », avant d'affirmer vouloir marquer un virage dans la conduite du pays : « être plus créatif et plus sérieux dans notre manière de travailler avec les oppositions » ; avant de lancer « Il faudra des ruptures ». Lesquelles ?
Wait and see. C’est un peu la perspective du Rassemblement national. Chez les parlementaires nationaux, le temps est à l’expectative. Au palais Bourbon règne un calme qui contraste avec le tumulte de l’avant-veille. L'Assemblée nationale se réveillera le 1er octobre, au début de la session parlementaire ordinaire. Dans le parti de Marine Le Pen, la personnalité du nouveau Premier ministre semble être appréciée. « C’est un homme agréable et fiable, qui travaille ses dossiers », souligne, auprès de BV, Marc de Fleurian, par ailleurs ancien officier de Légion. Mais le RN jugera aux actes. « S’il mène la même politique que ses prédécesseurs, il s’expose aux mêmes conséquences », poursuit le député du Pas-de-Calais qui exige, au nom des électeurs de sa formation politique, « des concessions » de Sébastien Lecornu à l'endroit du RN.
Même son de cloche chez Christophe Bentz, député RN de la Haute-Marne, qui « crain[t] le décalage entre les attentes des Français et la politique de ce prochain gouvernement ». Si rupture il doit y avoir, selon le terme de Sébastien Lecornu le matin même, « elle doit s’incarner concrètement dans le prochain budget ». « Le nouveau Premier ministre doit entendre et intégrer nos doléances, nous avons des lignes rouges; prévient le député de Langres. On jugera sur pièce. » Sur BFM TV, le Républicain Philippe Gosselin qualifiait le nouvel hôte de Matignon d’homme « subtil » et « habile ». Dans l’enceinte de l’Assemblée, c’est cet autre parlementaire qui positive auprès de BV : « C’est un homme qui a su faire consensus lors de la LPM », la loi de programmation militaire qui fixe les dépenses que l’État consacre aux armées pour la période 2024-2030. Sébastien Lecornu n’aura pas cent jours pour convaincre. Un sentiment positif peut très vite virer en politique.
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62 commentaires
Les anciens se souviennent de la chanson de Michel Delpech en 1966, appelé « inventaire 66″… Là il chanterait : « un Edouard Philippe, un Jean Castex… une Élisabeth Borne, un Gabriel Attal… un Michel Barnier, un François Bayrou… un Sébastien Lecornu… et toujours toujours le même président »…
N’attendant rien de cette bande macroniste, je ne risque pas d’être déçu! Le vrai problème reste la présence de Guignol à l’Elysée pour encore20 mois.
Le « plus drôle » c’est bayrou qui n’est même pas encore parti de Matignon qui dit au « faiseur de cocus » qu’il lui sera « utile » ! …
Le passif de LE CORNU rien que depuis qu’il est devenu « macroniste » prouve qu’il est dans la droite ligne de toute cette caste de coucous poly-tocards ! …
Hélas,hélas.
Quelle pitrerie.
Medrano,les clowns blancs.
Le bal des faux culs qui tous partent avec une grosse RENTE à vie avec les avantages qui vont avec que seul la République de France sait faire. Il n’y a jamais eu autant de gros Rentiers Républicains qui toucheront encore longtemps leur rente et les avantages qui vont avec. Autre problème créé par Macron mais aussi par le quinquennat qui a triplé le nombre de rentiers.
Laissons-le agir avant de le critiquer et d’imaginer l’avenir. À quoi ça sert toutes ces prévisions malveillantes ? À provoquer encore et encore de la haine et de la division ? C’est comme ça qu’on va s’en sortir pensez-vous ?
Étiez-vous en voyage sur la, planète Mars, Marie-Martine ? Car Lecornu, cela fait 8 ans qu’on le voit agir … ou plutôt qu’on le voit ne pas agir ! Avez-vous déjà oublié le « grand débat » post Gilets Jaunes organisé par cet imposteur qui ment, à l’image de son patron Macron sur l’ENS jusque sur l’obtention de diplômes imaginaires, ses cahiers de doléances passés directement à la poubelle ?
« La politique est le moyen pour des hommes et des femmes sans principe de diriger des hommes et des femmes sans mémoire. » Voltaire.
Un prête-nom, une marionnette, pour Macron, qui s’est nommé 1er sinistre. D’où cette nomination éclair
Je m’arrête là, le simple fait d’écrire son nom me donne la nausée.
Comment se passionner pour une pièce de théâtre jouée et rejouée, par de mauvais acteurs. Rideau s’il vous plaît.
Fidèle à son maître , dans son bureau c’est le même défilé, on prend les mêmes et on recommence
Cette fois le mot d’ordre est » le changement dans la continuité » . Lecornu est enfin récompensé pour sa fidélité et son dévouement à monseigneur Macron, monarque d’operette.
Le bal des faux culs est encore ouvert : tiens, Narcisse PIPEAU a changé de cavalière !
Scud de Macron, à n’en pas douter
« dit moi qui tu fréquentes, je te dirais qui tu es » !
Dans un épisode d’Astérix, Obélix est confronté sur un ring de boxe à des romains super balèzes. Il les expédie tous plus rapidement les uns que les autres. Le texte était, je cite de mémoire : au suivant ! Puis des suivants suivirent, suivis d’autres suivants qui se suivirent !
Aujourd’hui c’est l’assemblée nationale qui joue le rôle d’Obélix. Quant à César Jupiter, les Gaulois (réfractaires) vont l’expédier hors de ses caligae lui le Caligula de la Rue du Faubourgus Saintus Honorus !
Toujours excellent Ravi au lit , surtout dans vos références latines (Pokemonus m’ a fait beaucoup rire et j’ aurais situé sa tribu dans les marigoths!). Delenda est Macronia!
7 premiers ministres et ce quinquennat n’est pas terminé ça en fait un paquet d’argent en indemnité de départ et en avantages, Ceci dit, ile cornu parle de rupture, mais c’est absolument impossible puisqu’il est le plus macroniste de tous les macronistes Le LR qui a trahi le premier ses électeurs, macroniste depuis 2017. Au contraire la rupture va se faire dans le mauvais sens , avec plus de macroniste, des ministres LR macronistes reconduits, tous ceux que les Français voudraient voir partir, pour n’en citer que quelques uns, darmanin, retailleau, vautrin, dati, worth, lombard du PS etc Si il prend les mêmes et qu’on recommence cela ne s’appelle pas la rupture mais du macron bis +
On voit mal ce qu’on peut attendre de ce Monsieur Lecornu, qui a déjà montré comme ministre tout ce dont Les Républicains étaient capables dans les six derniers gouvernements Macron.
Sera-t-il autre chose à Paris qu’un bon petit garçon à la botte de de Madame von der Leyen, celle que les mêmes Républicains de Monsieur Bellamy ont fait réélire présidente de la Commission à Bruxelles ?
Maire,et président de sa région a 22 ans ..très fort ..en politique ( description de P Lelouche hier sur cnews)..Bref encore un qui n’a pas d’autre » metier » que la leche et le clientelisme( pleonasme) et qui n’a jamais bossé dans le réel…