Editoriaux - Education - 25 septembre 2019

La laïcité mise à mal dans les établissements scolaires : Jean-Michel Blanquer le confirme !

Invité de Jean-Jacques Bourdin, sur BFM TV, a révélé, ce mardi, que 900 atteintes à la laïcité avaient été recensées entre avril et juillet 2019. Un nombre important, qui ne correspond qu’aux faits officiellement reconnus. Parmi les signalements, 44 % concernent le collège, 19 % le lycée, mais les écoles primaires, avec 37 % des cas, ne sont pas épargnées : le chiffre serait même en augmentation ! Le ministre déplore que « certains enfants se voient mis dans la tête des choses de plus en plus jeunes, qui peuvent paraître folles, comme ne pas s’asseoir sur une chaise rouge parce que le rouge serait la couleur du diable, ou qu’un petit garçon ne tienne pas la main d’une petite fille ».

D’une façon plus générale, il estime que des groupes « essaient de tester des choses ». Cela va de la contestation d’un enseignement (sciences de la vie et de la Terre, par exemple) à la demande de dispense d’éducation physique et sportive ou d’attitudes qui vont à l’encontre de l’égalité entre l’homme et la femme. Il cite aussi le refus d’aller à la piscine, de visiter une cathédrale ou des revendications sur les menus de cantine. S’il ne prononce pas le terme, les exemples donnés mettent en cause des pratiques communautaristes de l’islam.

Ces atteintes à la laïcité, surtout dans les petites classes, ne peuvent s’expliquer que par l’influence de familles musulmanes ou d’élèves plus âgés. Preuve qu’une partie d’entre eux refuse non seulement de renoncer à des comportements incompatibles avec notre culture, mais fait preuve d’un esprit de prosélytisme et tente d’imposer ses convictions. Quand Jean-Michel Blanquer évoque ceux « qui essaient de tester des choses », il fait manifestement allusion à des provocations ayant pour objectif de mesurer la capacité de réaction des autorités.

On ne peut mettre en doute la sincérité du ministre. Sa ferme réaction à la campagne de la FCPE présentant, sur une affiche, une femme voilée déclarant « Oui, je vais en sortie scolaire, et alors ? » en témoigne. Mais met-il en œuvre suffisamment de moyens pour lutter contre ces atteintes à la laïcité ? Certes, il invite les chefs d’établissement à faire des signalements ; certes, il a instauré un formulaire en ligne, intitulé « Atteinte à la laïcité », où les personnels, selon le site Éduscol du ministère, « ont désormais la possibilité de faire part d’une situation dont ils ont été témoins ou d’une difficulté qu’ils rencontrent sur ce sujet » – anonymement, s’ils le souhaitent, comme s’ils couraient le risque de subir des pressions. Mais l’intervention des « équipes laïcité » des rectorats, dans les cas les plus graves, suffit-elle à enrayer les progrès du mal ?

Jean-Michel Blanquer a raison, quand il souligne que la laïcité, « c’est d’éviter la pression de qui que ce soit, sur qui que ce soit, à raison de ses convictions religieuses, donc c’est préserver la neutralité de l’espace scolaire ». Mais il devrait étendre cette neutralité à tous les enseignements ou toutes les activités périscolaires qui baignent trop souvent dans les eaux du prêt-à-porter de la pensée officielle. Quand on entend les prises de position du gouvernement ou du chef de l’État sur des sujets comme l’immigration, la colonisation ou les questions sociétales, on en vient à se demander s’ils ont subi un lavage de cerveau ou s’ils veulent laver le cerveau des autres.

Il est bon de connaître les chiffres des atteintes à la laïcité. Mais cela ne sert à rien si l’on ne s’attache pas à en combattre les causes, si l’on n’a pas la volonté d’instruire les élèves pour leur donner la capacité de se libérer des préjugés et de penser par eux-mêmes.

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