La France va modifier la frontière d’un territoire conquis en 1648 !
Ce 16 juillet 2026, l'Assemblée nationale va examiner en dernière lecture un projet de loi visant à résoudre un problème de frontière sur l'île de Saint-Martin, dans les Caraïbes, entre la France et le royaume des Pays-Bas. Derrière ce texte, signé en 2023 et désormais soumis à la ratification du Parlement, se cache un véritable événement historique, car il s'agit de mettre un terme à un différend territorial né au XVIIe siècle et demeuré irrésolu depuis presque quatre siècles. En effet, depuis 1648, la frontière séparant les deux parties de l'île existait dans les faits, mais une portion essentielle de son tracé n'avait jamais été définie avec précision, créant un flou juridique entre la France et les Pays-Bas, source de tensions.
Cependant, l'accord bientôt examiné par les députés ne modifie pas la répartition des territoires habités. Il fixe officiellement la délimitation des terres dans le secteur de l'étang aux Huîtres, où la France et les Pays-Bas interprétaient différemment le tracé de la frontière. Désormais, par ce texte, cette baie est aujourd’hui partagée à moitié entre nos deux nations. La résolution de ce différend était alors devenue indispensable après les destructions provoquées par l'ouragan Irma, en septembre 2017, qui ont compliqué les opérations de reconstruction et les projets d'aménagement.
Le rapporteur à l'Assemblée nationale Bertrand Bouyx, député Horizons du Calvados, résume ainsi la portée du texte en affirmant que « la France peut s'enorgueillir d'avoir soldé l'un de ses plus anciens différends territoriaux avec l'un de ses voisins ». Il souligne également que « le recours au droit international de la mer a permis de trancher une question de souveraineté et de mettre ainsi un terme à une insécurité juridique ancienne ». Ces propos illustrent la volonté des deux pays de privilégier la coopération plutôt que la confrontation, mais également que la question de la gestion et de la défense de nos frontières peut être résolu.
À ce sujet — Christophe Colomb, symbole de la lutte anti-woke ?
Une île partagée comme le manteau de l’apôtre des Gaules
Cette île d'environ 90 km², soit un territoire un peu plus petit que la ville de Paris, doit son nom à Christophe Colomb. En effet, l'explorateur génois l'aurait découverte le 11 novembre 1493, jour de la fête de saint Martin de Tours. Au XVIIe siècle, l'île est disputée entre les Espagnols, les Français et les Hollandais. Madrid décide finalement de s'en retirer, laissant Paris et Amsterdam se partager l'île en deux, à l'image, ironiquement, du manteau de saint Martin. Plutôt que de poursuivre leur affrontement, les deux puissances signent, le 23 mars 1648, le traité de Concordia, aussi appelé traité du mont des Accords, afin de garantir une coexistence pacifique et la libre circulation des habitants sur l'île. Cependant, le traité fixe le principe du partage sans décrire avec suffisamment de précision l'ensemble du tracé frontalier. Au fil des siècles, une frontière coutumière s'est ainsi imposée, respectée par les habitants et les administrations, mais jamais entièrement officialisée.
L’origine des négociations
En 1775, un premier litige éclate concernant l'étang aux Huîtres, qui n'a d'étang que le nom, puisqu'il s'agit en réalité d'une baie située à l'est de l'île, autrefois réputée pour ses coquillages. Pour les Néerlandais, la situation est alors claire : l'ensemble de la baie leur appartient. Cette situation reste toutefois inchangée pendant des générations avant de se compliquer à partir des années 1980. À cette époque, une entreprise souhaite construire une marina et un hôtel sur pilotis. En se basant sur d'anciennes cartes qui excluent la baie de son territoire, l'administration française locale se déclare incompétente pour délivrer les autorisations, si bien que le royaume des Pays-Bas accorde les autorisations nécessaires à l'établissement touristique.
Cependant, le Quai d'Orsay revendique une partie de l'étang aux Huîtres au nom du droit international maritime. En 2010, la partie néerlandaise de Saint-Martin devient un pays autonome du royaume des Pays-Bas et les différends se multiplient. En 2013, le parquet français mène alors des opérations de saisie de stupéfiants sur le ponton de la marina, face au refus de la capitainerie de reconnaître l'autorité française. L'année suivante, l'établissement riposte en installant des cuves d'hydrocarbures à proximité d'hôtels et d'habitations, une installation autorisée par la partie néerlandaise mais pas par les autorités françaises. Les contrôles français se multiplient, tandis que les forces de l'ordre néerlandaises procèdent au contrôle de fonctionnaires de la police aux frontières sous prétexte qu'ils portent leurs armes de service à l'aéroport situé dans la partie néerlandaise. Seule la tempête Irma en 2017 forcera, par l’étendue des dégâts, les deux États à résoudre définitivement ce problème de frontière afin de stopper ces tensions.
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27 commentaires
Ce qu’oublie de dire cet article, c’est que l’ile de Saint-Marteen, coté hollandaise, ne fait pas partie de la Hollande, ou Pays Bas, à proprement parler, mais fait partie des « états autonomes des Antilles Hollandaises» avec accords économiques et régaliens avec la Hollande, mais sous une juridiction spéciale, autonome dans la gestion des fonds qui y transitent (sic), de sorte que les iles D’Aruba, Curaçao et St-Marteen ayant leur propre parlement ne font pas partie de l’Union Européenne, alors que la partie française de St-Martin en fait partie, et en plus, département français (916), avec toutes les lois et normes qui lui sont associées, alors que l’autre coté de l’ile, c’ est une véritable bureaucratie bananière, dans laquelle tous les coups sont permis, refuge de la Mafia, du Blanchissement d’argent, de la prostitution et du trafic de drogue. C’est de ce coté que se trouvent les Casinos. Evidemment les investisseurs s’arrachent des possessions coté hollandais, ou l’argent (sale) est roi, et pour cause. Maintenant, ce n’est pas très intelligent de nos rond-de-cuirs français que de considérer St-Martin comme faisant partie intégrante de l’UE et d’appliquer à une ile tropicale les normes régissant des pays tempérés. Reste que possession veut dire domaine maritime et que cette ile constitue un lien stratégique dans une région sensible avec les USA à quelques encablures.
La réunification et l’indépendance de Saint-Martin est urgente! Et si on pouvait donner l’indépendance à la Guyane en même temps ce serait génial!
Ouf, nous venons d’échapper une terrible guerre entre la France et les Pays-Bas, qui aurait été aussi meurtrière que celle entre la Russie et l’Ukraine !
Bah, ça aurait plutôt ressemblé à la guerre des Malouines !
On est dans la communauté des volontairers. Une destination de séjour lors d’un voyage de Macron…
Et après ça on veut faire une Europe unie. De qui se moque t’on.
Le bon côté de la frontière est le côté néerlandais. C’est propre et bien entretenu. Pas comme le côté Français qui ressemble à une ile du tiers-monde.
On peut en priorité solder Mayotte avec plaisir .
L’étang aux huitres, qui sont les huitres accrochées à leur rocher, les français ou les hollandais, si cette île n’était pas une source de profit et habités par des riches … ce problème n’existerait pas mais là il y a du pognon à se faire et les querelles ressurgissent … comique
Comment est il possible que deux nations appartenant à la mythique Union Européenne puissent se disputer un territoire , d’ailleurs géographiquement situé hors de notre continent ?
Aux temps du « Concert des Nations »ces nations se disputaient des territoires sur tous les continents. Il y a 150 ans…
La France ferait mieux de vendre ce bout d’ile, s’il y a un acheteur. Les pays bas se retirent et la République va devoir payer encore une fois les frais de la décolonisation.
manu pourra s’enorgueillir d’avoir fait quelque chose de positif de ses dix ans de pouvoir.
sans ce « petit truc » il n’aura fait que détruire, tout détruire !
Vous commencez à tomber sous le charme.
Oui
Et c’est quoi la solutions ?
Cette situation résume toute l’Europe, on se déteste entre pays mais on fait l’espace Schengen! Il serait temps que l’on assume nos sentiments et que l’on arrête de faire semblant…
Il est temps de s’aimer, non?
De la vaisselle de l’Elysée aux « Terres lointaines », macron aura TOUT saccagé ! …
« Vers l’infini et au-delà ! » ! …
C’est une décadence abyssale ! …
Comme quoi, quand on ne peut plus faire autrement, on arrive à s’accorder même avec nos voisins bataves.
Il est peut être temps de régler la question belge.
Nos voisins bataves…Ah oui, « les frontières du nord »…Nos amis belges… »le plat-pays »….