Cinéma - Editoriaux - Histoire - 10 juillet 2019

La dynastie des Romanov : la nouvelle coqueluche de Netflix

Qui n’éprouve pas un intérêt particulier pour les Romanov ? Le mystère Anastasia a passionné des générations tout au long du XXe siècle. Il faut lire La Saga des Romanov, de Jean des Cars, si l’on veut comprendre combien cette famille marqua l’histoire de la Russie durant plus de trois siècles. Aujourd’hui, l’entreprise Netflix, à ses risques et périls, diffuse depuis peu une série-documentaire sur les Romanov : Le dernier des tsars.

Après le succès incontestable de la série The Crown relatant la vie d’Élisabeth II, c’est au tour de Nicolas II et d’Alexandra Romanov d’être à l’affiche. En seulement six épisodes d’une quarantaine de minutes chacun, les réalisateurs relatent les vingt-deux ans de règne du tsar et l’année de son emprisonnement. C’est un magnifique voyage dans le temps commençant en 1894, date du couronnement, et se terminant en juillet 1918, avec l’effroyable assassinat de la famille impériale.

Les russophiles et amateurs des grandes familles royales d’Europe apprécieront l’esthétisme de cette production, qui mêle des images de fiction et documentaires ; tout cela agrémenté de divers commentaires d’historiens et spécialistes de renom. Malgré le faste, les décors et la ressemblance, parfois frappante, des acteurs avec les personnages réels, quelques raccourcis et erreurs historiques ponctuent la série. On pense, notamment, à une photo actuelle de Moscou avec le sous-titre « Moscou, 1905 » où l’on remarque le mausolée de Lénine, construit en 1924. Par ailleurs, il aurait été apprécié que la constitution de la Douma, en 1906, soit plus détaillée, tout comme la relation entre Pierre Gilliard, instituteur fidèle au tsar, et les enfants Romanov.

La série s’attache à montrer le mariage heureux de Nicolas et d’Alexandra qui, tout au long de leur vie conjugale, s’aidèrent et se soutinrent. Les épisodes narrent cet amour inconditionnel et passionnel. Les réalisateurs reviennent également sur les moments difficiles du couple, comme les naissances successives de quatre filles et la maladie du tsarévitch.

Grigori Raspoutine, moine hédoniste et débauché, est l’un des personnages centraux. Le triangle entre Nicolas II, Alexandra et Raspoutine, décrit dans la série, permet, à certains égards, d’étayer le profil si charismatique et pervers du moine sibérien. L’hémophilie du tsarévitch Alexis devient l’une des clés pour comprendre l’attachement et l’idolâtrie de la tsarine pour Raspoutine, seule personne capable de guérir son fils. L’influence qu’exerça le moine sur la famille impériale et le rejet du peuple russe à son égard est l’un des moteurs de la série.

L’emblématique Anastasia a été mise à l’honneur. Chaque épisode commence par une discussion entre Anna Anderson, malade psychiatrique prétendant pendant des années être la dernière fille des Romanov, et Pierre Gilliard. Anastasia a-t-elle survécu ? La série répond à cette question en revenant sur les divers travaux scientifiques menés depuis 1990 afin de percer le mystère Romanov.

Cette série permet de commémorer la mort de cette famille martyre qui a succombé aux balles des bolcheviks dans le sous-sol de la maison Ipatiev (surnommée « maison à destination finale ») à Iekaterinbourg, le 17 juillet 1918. Les Romanov sont les déchus d’une révolution et le dernier souffle impérial avant que le rouge ne recouvre la Russie pendant près de quatre-vingts ans.

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