Ouest-France : le groupe de presse paye très cher son virage à gauche

Entre pertes financières et audiences désastreuses, le groupe Sipa Ouest-France est dans la tourmente.
Ouest-France - Théo Ballmer, Public domain, via Wikimedia Commons
Ouest-France - Théo Ballmer, Public domain, via Wikimedia Commons

« Ce rapport est le premier que nous publions sous ce format. Nous avons longtemps considéré que nos résultats parlaient d’eux-mêmes et que la discrétion était consubstantielle à l’indépendance. Dans un moment où le paysage médiatique se recompose à grande vitesse et où les choix stratégiques du groupe méritent d’être expliqués, il nous est apparu nécessaire de rendre nos choix et nos résultats explicites, chiffres à l’appui. » Le groupe SIPA Ouest-France a publié son rapport d’activité 2025 et le présente en ces termes. Qui sait lire entre les lignes comprend que le groupe de presse va mal et que le présent document vise à rassurer les investisseurs.

Les chiffres le confirment. Le résultat net de l’entreprise est de -33,3 millions d’euros. En 2024, ce n’était déjà pas brillant : -17,4 millions. Plus globalement, depuis 2022, SIPA Ouest-France boucle en négatif. La faute à qui ? La faute à quoi ? Le document ne le dit pas, mais ces chiffres sont en corrélation avec un changement de ligne éditoriale.

Cap à gauche

Depuis quelques années, le quotidien régional historiquement centriste a mis le cap à gauche. Sur les questions sociétales, notamment, Ouest-France a laissé tomber sa position conservatrice pour devenir progressiste. Le journal qui, en 2013, jugeait « inutile » de rendre le mariage des couples homosexuels possible consacre désormais toute une rubrique à l’actualité LGBT+. Il est aussi de ces titres de presse qui militent pour un égalitarisme sans borne et souvent sans réflexion quand il s’agit de comparer hommes et femmes ou encore racisés et non racisés. Ainsi, en 2025 (le 10 août, précisément), le quotidien régional s’est indigné que seuls 13,3 % des rues aient des noms de femmes et qu’il n’y ait pas près de 30 % de personnes de couleur dans le monde de la culture alors qu’elles représentent 30 % de la population française.

Plus récemment, Ouest-France s’est fait la tribune de Bally Bagayoko. Sur la chaîne Instagram du quotidien, le maire de Saint-Denis a pu réclamer la fermeture de CNews. Il est incontestablement le chouchou de Ouest-France, si l’on en croit le nombre d'articles qui lui est consacré, alors même qu’il n’est pas élu dans la zone de chalandise du quotidien.

Outre ce virement de bord, la chaîne NOVO19 a également plombé le groupe. Arrivée en septembre sur le canal 19 de la TNT, elle ne séduit guère. Chaque jour, ou presque, sa part d’audience se situe sous les 1 %. Le talk-show On a du nouveau, censé être une vitrine pour la chaîne, comptabilise en moyenne entre 14.000 et 17.000 téléspectateurs (0,1 %). Les invités de marque et marqués du programme tels que Karim Zéribi ou Jacques Attali ne changent rien à l’affaire, pas plus que la présence, sur le plateau, de représentants de l’association MeToo ou de journalistes féministes et/ou racisées. Pire, ils font parfois tourner les débats à la caricature, comme le 30 avril dernier sur la question du prix du carburant. À l’antenne, Nesrine Slaoui n'est pas à une aberration près pour mettre l’immigration au cœur de son propos. Elle parle de la possibilité d’effectuer des trajets en train pour « des voyages à l’étranger ou en Afrique parce qu’il faut savoir qu’il y a une très forte diaspora africaine en France ». Les fameux Paris-Marrakech et Paris-Abidjan au départ de la gare Saint-Lazare ! Elle poursuit ensuite sur fond d’écologie en pointant du doigt les personnes les plus aisées, « ceux qui peuvent dépenser sans compter et polluer sans compter ». Du grand n’importe quoi.

Naufrage à l’ouest

Résultat : certains jours, les audiences de NOVO19 sont si faibles qu’elles ne sont pas mesurables. Avec de tels scores, inutile de préciser que les recettes publicitaires ne sont pas au rendez-vous et ne peuvent, de fait, pas compenser le coût annuel de la chaîne, estimé entre 50 et 60 millions d’euros.

La conclusion est sans appel : le groupe SIPA Ouest-France doit se serrer la ceinture. Cela passera par « la cession d’actifs non stratégiques », « le désengagement futur du capital de 20 Minutes » et « une réduction provisoire des investissements, à hauteur de 25 % en 2026. » Le groupe précise en outre : « La discipline économique n’est pas la marque d’une ambition réduite. Elle est la condition pour que le Groupe reste maître de ses choix éditoriaux et de sa trajectoire de transformation. » Le gauchisme et le wokisme ne paient plus, SIPA Ouest-France ne peut que le constater, mais malgré cela le groupe veut persister dans cette voie. Le quotidien de l’Ouest s'efforce de devenir un quotidien à l’Ouest.

 

Vos commentaires

109 commentaires

  1. Si l’on considère ne serait-ce que les programmes diffusés tous les jours sur la chaîne T18, on assiste pour la majeure partie du temps d’antenne hebdomadaire, à des rediffusions, qui semblent tourner en boucle. Il est donc logique que les téléspectateurs désertent la chaîne, revoir toujours la même chose finit par être lassant. Quant au titre Ouest France, qui est devenu un porte drapeau du wokisme, il est difficile de le trouver au rayon Presse en grande surface, surtout en zone rurale où il est presque inexistant. Dans ces conditions, à moins d’un changement de ligne éditoriale, la banqueroute du groupe, n’est qu’une question de temps.

  2. Les journalistes de ce média n’ont pas compris que les Français s’orientaient à droite, le journal perd donc inévitablement des lecteurs. A vouloir être la vitrine de l’islamowokogauchisme et de la bienpensance convenue on se saborde soi-même.

  3. Etre à l’Ouest veut souvent dire: déconnecté des réalités. Ouest France en fait l’expérience. Nous avons trop de presse et médias de gauche. IL faut qu’ils en reviennent à leur positionnement passé ou ce sera la disparition.

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