[ANIMAUX] Après le pangolin et le Covid… le rat et l’hantavirus

Le culte du rat célébré par les écologistes parisiens en prend un coup.
Photo de Chris F: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/sol-moulu-poudre-rongeur-19029029/
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Et si, tranquillisés par les propos rassurants du Dr Lacroix dans la rubrique Santé de BV hier, nous faisions de l’étymologie ? Le mot hantavirus est formé à partir du nom d’une rivière de Corée du Sud, Hantan. C’est avec des rongeurs capturés près de cette rivière que le virus a été identifié dans les années 1970. Après la mise en accusation du pangolin et de toutes sortes d’animaux, le blaireau-furet, le vison, le lapin, le chat et les chiens viverrins, on ne connaît toujours pas l’origine du Covid-19, selon un rapport de l'OMS de juin 2025. Pour l’hantavirus, ni l’origine ni le coupable ne font débat.

Plaidoyer écologiste pour les rongeurs

Cela met à mal le culte du rat qui règne à Paris depuis plusieurs années. Souvenons-nous de la sénatrice écologiste Anne Souyris pour qui les rats ne sont pas « un problème de santé publique ». Désinvolte, elle ajoutait que si des éboueurs peuvent attraper la leptospirose en se faisant mordre par un rat, eh bien, il y a un vaccin pour cela ! Quant à l’élue écologiste au Conseil de Paris Douchka Markovic, elle avait dénoncé une « peur anormale, injustifiée » des rats. C’est elle qui voulait les voir appeler « surmulots », appellation moins stigmatisante que rat d’égout.

L’association Zoopolis n’a pas été en reste. Elle a popularisé le concept d’« animaux liminaires » — ni domestiques ni sauvages — et en a fait son cheval de bataille. « Ce discours extrêmement angélique s’est accompagné d’une remise en cause des politiques de régulation et du désarmement des professionnels en supprimant certains biocides et certains programmes », nous explique Olivier Vial, auteur, avec le Dr Vasseur, de La guerre contre les espèces invasives aura-t-elle lieu ? (Éditions du Rocher). La mairie de Paris en est l’exemple. « Son grand projet pour contrôler la progression de rats s’est heurté à la frange animaliste et s’est transformé en un projet de cohabitation avec les rats… »

Alerte sur les risques

C’est ainsi qu’on a ignoré les rapports scientifiques et les études sur les espèces invasives ou envahissantes. Or, ils alertaient de différents dangers : « menaces sur la biodiversité, dommages économiques mais aussi risques sanitaires avec apparition ou développement de maladies », détaille Olivier Vial. Ainsi du rat, du ragondin, tous deux vecteurs de la bactérie de la leptospirose. Et le rat, vecteur du virus de l'hantavirus,

Ce dernier a été révélé à l’opinion publique française par la mort du couple d’ornithologues néerlandais. Il n’est pas une nouveauté en Amérique du Sud, que ce soit en Argentine ou au Chili. En février 2026, le Centre des maladies infectieuses de l’université de Boston relevait, au Chili, quatorze cas pour une seule semaine, avec six décès, soit un taux de létalité de 43 %. Un taux qui « dépasse largement la moyenne historique du Chili et peut indiquer une virulence accrue », notait l’institution.

L’homme délégitimé par les écolos radicaux

Contre les hantavirus, contre la leptospirose, la santé publique voudrait qu’on maîtrisât les populations de rats et de ragondins. Mais aujourd’hui, explique Olivier Vial, « on n’a pas la volonté de réguler parce qu'on doute que l’homme soit légitime pour réguler la nature. Ce qui apparaissait comme évident il y a quelques années ne l’est plus. » C’est même l’inverse. On pense que l’homme n’a aucun droit à se protéger ou à rétablir l’équilibre naturel quand il est faussé, quand il change. Il faudrait laisser faire, laisser la nature se réensauvager — ce qui est un mythe en matière de biodiversité.

Cet abandon de toute volonté politique est l’effet des discours antispécistes radicaux. « On est passé du bien-être animal à la libération de l’animal, avec des extinctionnistes qui estiment que certaines espèces peuvent disparaître parce qu’elles ne méritent pas de vivre : c’est le cas de l’homme. » D’autres antispécistes pensent que le vivant est un tout sans hiérarchie et qui s’autogère. « Tous ces courants portent à délégitimer l’homme, mais aussi la science et le progrès technique. » Or, le progrès permet de lutter contre les zoonoses, qui émergent infailliblement si l’on continue à considérer les rats comme des « animaux liminaires » au lieu d’en maîtriser la population. « L’homme peut être à la fois responsable d’un problème et capable d’y remédier », nous rappelle Olivier Vial.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

29 commentaires

  1. En 1870 les parisiens ont mangé presque tous les rats .Pourquoi nos influenceurs ne relancent ils pas cette mode gastronomique ?

    • Et après, on passera au cannibalisme comme ce fut le cas durant le terrible siège de Leningrad. (St. Pétersbourg).

  2. Les rat, les moustiques, les pigeons sont les animaux à risques et les plus présents au côté des hommes. On va laisser les rats à Paris et Marseille mais pour les pigeons il faut que toutes les villes y remédient.

  3. juste pour info,  » Hanta » en argot hébreu signifie Arnaque…. je vous laisse réfléchir…

  4. Paris est foutue au vu du nombre de surmulots. Pourvu que l’épidémie commence par la Mairie et Bercy !

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