Sept ans de prison et 300.000 euros d’amende requis contre Nicolas Sarkozy
Les réquisitions ont eu lieu ce 13 mai dans le « procès libyen » en appel. Sept ans de prison et 300.000 euros d'amende ainsi que cinq ans d'inéligibilité ont été requis contre Nicolas Sarkozy, soit une peine identique à celle qui avait été demandée en première instance (la condamnation avait été de cinq ans de prison). La décision du tribunal sera prononcée en novembre prochain.
Les agissements de Nicolas Sarkozy auraient conduit, selon le parquet général, à « vicier le financement de l'élection suprême de la Ve République ». Une lecture du dossier que réfute l'avocat de l'ancien président de la République, Me Christophe Ingrain : « Il n'y a pas eu de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par la Libye. Il n'y a pas eu d'enrichissement de Nicolas Sarkozy à cause de la Libye. »
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99 commentaires
C’est un juste retour des choses . Sarkosy a dupé , trompé , berné le peuple Français , lors du référendum pour la constitution « européenne » ! Et bien qu’il mange maintenant . Je n’ai qu’une aversion pour cet individu perfide et coutumier de la forfaiture .
67Garde, bonjour. (Réponse à votre post du 16/05/2026 à 17h01)
Les politiques sarkozystes et une certaine presse travaillent à faire passer Nicolas Sarkozy pour l’innnocente victime de méchants juges gauchistes, vous savez, ces petits pois…pas vraiment verts mais franchement rouges. Et ça fonctionne, de nombreux supporteurs prenant ce narratif pour argent comptant, sans chercher à en savoir plus.
Pour ma part, j’estime qu’on ne peut comprendre l’ampleur et l’extrême complexité de ce dossier tentaculaire que si on fait l’effort de se pencher avec méthode et patience sur le jugement de première instance du 25 septembre 2025 du tribunal correctionnel de Paris, publié par la Justice à l’usage des professionnels du droit et du grand public. L’examen de ce document librement accessible prend du temps, car ce gros pavé comporte 380 pages extrêmement denses, détaillant la chronologie de la longue enquête, la nature et l’étendue des nombreux faits, leur interprétation au regard de la loi et la jurisprudence, ainsi que le rôle attribué à chacun des acteurs.
De sa lecture minutieuse – que je reconnais compliquée pour les non-familiers du droit pénal – se précisent les contours d’un système Sarkozy bien peu exemplaire, trahissant les devoirs de sa charge de service public et la confiance accordée par le peuple français l’ayant porté au pouvoir.
L’impression est que cette affaire hors normes est lourdement plombée par le poids de nombreux morts, celui de Kadhafi, l’ami d’hier devenu l’ennemi du lendemain, et surtout de nos 54 compatriotes français assassinés dans l’attentat du DC10 par le numéro 2 libyen Sénoussi, terroriste avec lequel l’ex-président Sarkozy et son équipe se sont gravement compromis.
Prochain ACTE IV : quel que soit le verdict de l’arrêt rendu en novembre 2026 par la Cour d’appel de Paris, Sarkozy n’en aura pas fini avec la Justice. Le 16 décembre 2025, le Parquet National Financier a en effet requis le renvoi de Sarkozy, de son épouse Carla Bruni, de Michèle « Mimi » Marchand (la reine des paparazzis) et de huit autres prévenus devant le tribunal correctionnel pour recel de subornation de témoin, participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie au jugement en bande organisée, recel et corruption d’agents étrangers. Cette affaire en marge du financement libyen porte sur l’opération dite « Sauver Sarko » visant à obtenir la rétractation de Ziad Takieddine.
Je ne suis pas aussi bien informé que RIRI.06 sur les affaires en questions.
Cependant je ne peux que m’étonner de l’attitude de Sarkozy sur l’affaire libyenne. Car, c’est bien lui qui a déroulé le tapis rouge à Kadhafi lequel, on s’en souvient, planta sa tente de bédouin dans les jardins de la République… pour, quelques mois après, déployant le PA « Charles de Gaulle », alla le tuer en Libye.
Il serai temps que certains ouvrent les yeux sur ce sinistre président, déjà condamné deux fois définitivement par la justice. Et de tourner la page. Car enfin c’est bien lui qui a trahi le peuple français, lorsque celui-ci vota « non » au référendum sur le Traité européen. Par un tour de passe-passe, Sarkozy l’imposa sous un autre nom.
Quelques années de cellules lui fera du bien.
Réponse à JILL (votre post du 14/05 à 8h11)
Bonjour. Permettez-moi de répondre et rectifier votre observation : « Ce qui me surprend, c’est que Kadhafi n’a pas évoqué ce soi-disant accord quand il a été attaqué sous l’égide de l’ONU avec participation de la France. C’était pourtant une belle occasion de discréditer Nicolas Sarkozy, alors président de la République ».
Ceci est inexact. Le fait est que Kadhafi a effectivement évoqué ce financement, mais que cela a été occulté pendant trois ans par la presse. A ce sujet, le jugement du 25 septembre 2025 de première instance du Tribunal correctionnel de Paris énonce ceci :
Le 15 mars 2011, Mouammar Kadhafi a été entendu à Tripoli par la journaliste Delphine Minoui (Prix Albert Londres) du Figaro. Cette interview ne sera diffusée que le 29 janvier 2014. Par le truchement de son interprète Moftah Missouri, le « guide libyen » y a déclaré :
« Moi je pense que mon ami, mon cher ami Sarkozy a un désordre mental. Moi, j’étais étonné. Je n’ai rien dit. Notamment, c’est moi qui l’ai fait arriver au pouvoir en France. (…). Nous lui avons donné le financement nécessaire pour qu’il puisse gagner les élections chez lui. Il était venu ici sous cette tente là et il m’a demandé un soutien financier si vous voulez, et on l’a soutenu financièrement. Et il a gagné les élections » et ajoutait « Pour nous, en tant que libyens, si le président de la République française gagne les élections grâce à nos fonds, c’est vraiment un gain pour nous » (voir pièce D263 du dossier judiciaire).
Je précise que la journaliste Minoui a enregistré cette interview de Kadhafi à Tripoli à peine quatre jours avant le bombardement de la Libye dans le cadre de l’opération Harmattan lancée le 19 mars 2011. Compte tenu de cette guerre déclenchée par Sarkozy, le Figaro a, pour des raisons lui appartenant, censuré ce reportage.
Ce n’est que trois ans plus tard dans l’émission Pièces à conviction du 29 janvier 2014 sur France 3 que le journaliste Patrick Henry a exhumé et diffusé cette vidéo de sa collègue Delphine Minoui.
Vous pouvez facilement retrouver sur internet ce reportage et les déclarations de Kadhafi sur le financement de Sarkozy.